Niko TACKIAN : Avalanche hôtel

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France
Niko TACKIAN - Avalanche hotel
  • Éditions Calmann Levy le 2 janvier 2019
  • Pages : 270
  • ISBN : 9782702163290
  • Prix : 18,50 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

SURTOUT, NE VOUS FIEZ PAS

À VOS SOUVENIRS !

Janvier 1980. Joshua Auberson est agent de sécurité à  l’Avalanche Hôtel, sublime palace des Alpes suisses. Il  enquête sur la disparition d’une jeune cliente avec un  sentiment d’étrangeté. Quelque chose cloche autour de lui,  il en est sûr. Le barman, un géant taciturne, lui demande de le  suivre dans la montagne, en pleine tempête de neige. Joshua  a si froid qu’il perd connaissance…

… et revient à lui dans une chambre d’hôpital. Il a été pris dans  une avalanche, il est resté deux jours dans le coma. Nous ne  sommes pas en 1980 mais en 2018. Joshua n’est pas agent  de sécurité, il est flic, et l’Avalanche Hôtel n’est plus qu’une carcasse vide depuis bien longtemps. Tout cela n’était qu’un  rêve dû au coma.

Un rêve, vraiment ?

L’AVIS DE CLÉMENCE

Et si ce que vous pensiez vivre n’était en fait qu’un rêve ? Jusqu’où rêve et réalité peuvent ils se confondre ?

Vous avez aimé Shining ? Alors vous adorerez Avalanche hôtel !

Pour moi, la lecture s’est faite dans l’ambiance entre pluie verglaçante et froid glacial, je me suis retrouvée propulsée de mon canapé à cet hôtel terrifiant.

Imaginez vous, une avalanche, un réveil à l’hôpital où vous ne savez plus discerner le vrai du faux. Imaginez la difficulté de raconter aux autres ce que l’on est persuadé d’avoir vécu alors que nous n’avons pas bougé de la chambre d’hôpital …

Avalanche hôtel est un thriller complètement hypnotique où les songes ont une part prédominante. Vous naviguerez au cœur de la mémoire et de son fonctionnement. On sent que l’auteur a fait de grandes recherches sur les mécanismes propres à notre mémoire et notre subconscient.

Nos rêves peuvent ils provenir de bribes de notre passé ?

L’auteur a distillé tout au long de son histoire des messages forts. On y découvre une facette de notre société où l’apparence prend le dessus sur la personnalité de la personne. On vit avec Sybille le parcours d’une personne en manque de confiance en soi qui se voit malmenée et jugée de part son physique. Elle nous livre un beau message d’espoir grâce à la « belle » personne qu’elle a su devenir malgré ses blessures.

Le stress post traumatique est également évoqué ainsi que les mécanismes de défense mis en place suite à une situation terrorisante vécue (ici l’avalanche pour Joshua). On découvre les changements de comportement, et la prudence qui peuvent découler suite à un accident.

Et puis l’auteur nous parle de l’adoption et de la nécessité que ressentent parfois les adoptés à connaître leur racine. Cette force incontrôlable dont ils font preuve pour connaître leur véritable identité.

La gémellité est également présente dans ce roman , comme dans beaucoup de thrillers et je trouve que ça apporte une dimension encore plus sentimentale.

L’auteur a disséminé ces messages dans une ambiance angoissante. Le parcours vers la vérité est semé d’embûches et de rebondissements. Les chapitres sont courts, rapides et s’enchaînent à un rythme endiablé. La chute ne peut que vous surprendre.
Tous les éléments d’un bon thriller sont présents dans ce livre.

Et si la vérité n’était pas toujours celle que l’on croit être ?
Et si nos souvenirs n’en étaient pas ?
Ne vous fiez pas à vos souvenirs …

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L’AVIS DE YANNICK P.

Ne pas se fier à sa mémoire, ses souvenirs. Pour ce One shot, Nico a abandonné pour un instant Tomar. C’est avec Joshua Auberson qu’il nous convie dans un univers entre rêves et hallucinations.

Janvier 1980. L’Avalanche Hôtel, palace abandonné canton de Vaud en Suisse, au bord du lac Léman. Dehors la neige. Joshua Auberson se réveille dans une chambre. Il est agent de sécurité. Une jeune fille a disparu.

Seul dans un hôtel abandonné, le parallèle est aisé. On pense très vite à un relent de Shining. Mais à la sauce Nico Tackian. Donc la comparaison s’arrête là. Exit, l’horreur. Welcome in thriller land.

Janvier 2018. Joshua Auberson se réveille d’un coma à l’hôpital. Rescapé d’une avalanche, il suit ce que son inconscient lui dicte. La jeune fille inconnue sur laquelle il enquêtait, a été retrouvée inconsciente dans la montagne. Cela a relancé l’affaire de la disparition de Catherine Alexander, disparue en 1980. Il lui faut remonter le temps, remonter ses souvenirs, faire le tri entre la réalité et le fantasmagorique. Derrière les portes de l’Avalanche Hôtel se cache un lourd secret.

C’est pour Nico Tackian l’occasion de poser un roman sur la mémoire et son fonctionnement. Notre cerveau a ses mécanismes propres. Nos souvenirs se construisent et nous relient à la perception de notre réalité. Il ne tient qu’à nous de tirer les fils. S’il évite de nous noyer de science, il y distille ce qu’il faut pour rendre la construction de nos souvenirs passionnante.

Avec finalement peu de personnages – les protagonistes sont rares et typés – dans une Suisse glacée et au bord de la folie, qui n’est pas sans rappeler les Rivières Pourpres, le lecteur suit Joshua dans un scénario au cordeau. On reconnaît la patte du pro. Les chapitres sont courts, énergiques. Le rythme est tendu et provoque ce sentiment de froid dans le dos.

C’est visuel. Nous ne sommes pas les seules victimes. Même Auberson est en proie à des hallucinations.

Pourtant, j’aurais sans doute aimé voir des personnages un poil plus riche. Avec le recul le personnage que je retiens à la fin de cette lecture est Sybille. La partenaire de Joshua, sous des épaules de nageuse est-allemande, est toute en rudesse et franchise. C’est un cœur fragile à prendre. Elle m’a semblé plus digne d’intérêt que Joshua.

Que reste t’il de ce thriller à la fin, car je suis resté un poil sur ma faim. Tackian a l’art de nous tenir en haleine. La référence à Jason Bourne m’a paru capilotractée. Celle de Shining est très commerciale. Nul doute, Avalanche Hôtel est un bon divertissement. Dynamique  à souhait. Un univers vif et austère. Mais, beaucoup de comm’ autour de la sortie, allié à une réelle appréciation de Fantazme, avaient attisé mon envie. Elle fut sans doute, un chouia trop grande.

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