Michel BUSSI : Maman a tort

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France

INFOS ÉDITEUR

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Maman a tort

Parution aux éditions Presses de la Cité en mai 2015

Parution aux éditions Pocket en mai 2016

Rien n’est plus éphémère que la mémoire d’un enfant de trois ans et demi…

Mais quand Malone raconte avec ses mots d’enfants que sa maman n’est sa vraie maman, même si cela semble impossible, le psychologue scolaire le croit.

Il est le seul… Il doit agir vite. Trouver de l’aide. Découvrir la vérité cachée.
Car déjà, les souvenirs de Malone s’effacent…

« La signature Bussi », l’auteur d’Un avion sans elle et de N’oublier jamais.

(Source : Presses de la Cité – Pages : 512 – ISBN : 9782258118621 – Prix : 21,50 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Scène d’ouverture du nouveau roman de Michel Bussi : l’aéroport du Havre où une femme et son enfant s’apprêtent à prendre l’avion. Sensation de malaise comme pour l’hôtesse de l’air… Il y a quelque chose d’étrange dans ce duo… Peu de temps après, nous suivons la commandante de police Marianne Augresse, qui est à la poursuite d’un certain Alexis Zerda. Qui est-il ? Quel rapport avec cette histoire d’enfant ? Un doudou est le seul témoin de cette histoire de fou qui se déroule sur cinq jours…

Remontons le fil du temps. Toute l’équipe havraise de la Commandante Augresse est mobilisée pour mettre la main sur Timo Soler, un fugitif blessé et recherché depuis des mois après un braquage à Deauville qui a mal tourné. Des planques sont organisées, des pistes exploitées… Un des policiers surnommé Papy décide même d’aller enquêter de nouveau à Potigny, dans le Calvados, découvrir de nouveaux éléments sur le passé de ces jeunes impliqués dans le braquage. Il suit son intuition, il sent qu’une des clés de cette affaire se trouve là-bas…

Marianne est une femme qui tient tête à ses lieutenants mais elle est une reste une femme avec sa fragilité, son côté fleur bleue… On en découvre plus sur elle quand elle sort avec son amie Angie : sa solitude, son désir d’enfant… Alors quand un charmant psychologue scolaire, Vasile vient la voir pour une étrange demande, elle ne reste pas de marbre devant ses beaux yeux. Il lui annonce que l’un des enfants dont il s’occupe, Malone, affirme que sa maman n’est pas sa maman et qu’il le croit ! Comment est-ce possible puisqu’il n’y a pas eu de procédure d’adoption, puisque tout semble en règle ?! Peut-on accorder notre confiance à un enfant de trois ans et demi ? La mémoire est en pleine construction à cet âge là. Comment discerner la réalité de la fiction dans les dires de Malone, qui parle d’une autre maman avant, d’ogres, de pirates, de châteaux… ? Contes ou déformation de la réalité ? Il faut faire vite car si ce petit garçon dit vrai, ses souvenirs risquent de s’étioler rapidement. La clé du mystère réside peut être dans Gouti, sa peluche qui ne le quitte jamais et qui lui parle…

En alternant les chapitres et les points de vue, Michel Bussi réussit à rendre son récit terriblement addictif. D’un côté, une enquête de police, une traque faite de recherches, d’indices… Et de l’autre, nous replongeons en enfance. Nous nous couchons le soir avec Gouti, nous écoutons ces récits d’ailleurs, de plage, de pirates, de châteaux, nous nous laissons bercer… Mais notre esprit de fin limier essaye de décrypter, d’analyser comme le psychologue, comme Marianne. C’est une chasse au trésor que nous propose l’auteur. Un puzzle grandeur nature où chaque petite pièce a un sens, mais qui éparpillées, ne veulent pas dire grand-chose.

Au-delà de la mémoire, de la psychologie de l’enfant, un autre thème très fort est abordé dans ce livre : le lien maternel. Malone, avec ses affirmations, remet en cause le lien qui l’unit à Maman-Da, sa mère, celle qui l’accompagne à l’école, lui préparer à manger… On peut imaginer la douleur de cette femme, l’enfer psychologique dans lequel elle plonge mais on le sait, une mère est capable de tout pour protéger son petit, quitte à franchir certaines limites… Il y a aussi cette maman qu’évoque Malone, cette « vraie » maman qui plane tout au long du roman comme une illusion fantôme.

Plusieurs éléments dans ce texte nous emmènent dans un univers onirique en commençant par le nom de certains personnages comme Augresse, Dragonman, Pasdeloup… D’autres nous intriguent comme ce site internet www.envie-de-tuer.com que l’on découvre au début de certains chapitres…

Michel Bussi signe un thriller machiavélique, au suspens implacable, où les fils sont tellement bien enchevêtrés qu’il est impossible de tout comprendre avant les derniers chapitres. C’est aussi ce qui fait sa marque de fabrique, nous tenir en haleine tout en nous procurant de belles émotions. Et en ce qui me concerne, étant normande comme l’auteur, à parler de la diversité culturelle et économique de la Normandie.

On pourrait en dire tellement plus mais je vous laisse le soin de le découvrir.

Un excellent moment de lecture !!!


L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Le nouveau roman policier de Michel Bussi, Maman a tort, est vraiment bluffant et émouvant. Celui que l’on aurait pu surnommer le « Harlan Coben français » est monté en puissance au fil de ses ouvrages et là il surpasse de loin son homologue américain.

Un récit qui utilise avec brio les codes de plusieurs genres : le suspense, le Wodunit (qui a fait ça ? qui tire les ficelles ?). L’intensité est telle que l’on retrouve le rythme d’un thriller psychologique. Impossible de lâcher ce livre qui met notamment en lumière la complexité et la richesse des rapports entre une mère et son enfant. Une vraie réflexion sur la parentalité.

Du Havre en passent par Caen et Potigny, l’auteur entraine son lecteur dans un course contre la montre où le prix à gagner serait le bonheur voir la survie d’un enfant.

Paru dans Coté Caen

L’AVIS DE LEA D.

Après avoir lu Le temps est assassin et N’oublier jamais, j’étais curieuse de voir ce que donnerait Maman a tort !

Malone est un petit garçon de trois, qui parait tout à fait normal. Sauf qu’il ne démord pas du fait que sa mère actuelle n’est pas sa vraie maman. Le psychologue scolaire, Vasile, serait enclin à croire l’enfant, ou tout du moins à enquêter sur l’affaire. Pour cela, il décide de faire appel à la commandante Marianne Augresse, et lui fait savoir qu’il faut agir vite. Car les souvenirs d’un enfant de 3 ans ne fonctionne pas comme ceux d’un adulte, et qu’ils risquent de s’effacer très vite. Que croire ? L’enfant, ou ses parents qui semblent être des gens modèle ?

Je dois dire que maintenant que j’ai lu plusieurs Michel Bussi, je trouve que ses enquêtes sont bien ficelées, on ne peut pas s’empêcher de se prendre au jeu et de vouloir savoir le fin mot de l’intrigue. Mais pour l’instant, aucun de ses livres ne s’est révélé un coup de cœur, seulement des lectures simples et agréables. Et des fois, c’est tout ce qu’on demande ! Lorsqu’on finit un polar sombre, intense psychologiquement et dur pour les nerfs, c’est sympa d’enchainer avec un Bussi, histoire de « relâcher » un peu la tension. Car si ses histoires sont toujours captivantes, je ne les garde pas longtemps en mémoire après les avoir finis. Pour ce qui est de Maman a tort, j’ai trouvé l’idée de base très sympa : est-ce qu’un petit enfant est capable d’un mensonge aussi élaboré, et s’il dit la vérité comment est-ce possible que ce soit passé inaperçu ? Le fait qu’un enfant soit le point central de l’histoire permet d’essayer de comprendre un peu mieux leur comportement, et dans Maman a tort, aussi d’expliquer un peu le mode de fonctionnement de leur mémoire. On sent que Michel Bussi a longuement potassé ce sujet, qui se révèle très intéressant !

Je trouve que le point négatif principal de Maman a tort est cet embrouillage des pistes, que j’ai trouvé un peu moins bien maitrisé que dans les livres que j’ai lus précédemment… La manipulation a plusieurs niveaux, et le tout a une certaine complexité. Mais – pour moi – j’ai trouvé qu’à force de vouloir surprendre le lecteur, les intrigues s’emmêlaient parfois, et avait plus tendance à être confuse que véritablement bien travaillé.

Après, Maman a tort est bien écrit, on s’attache à Malone et on veut savoir s’il dit la vérité, le personnage du psy est également très intéressant…. Mais il m’a manqué un petit quelque chose pour être véritablement à fond dans ma lecture !

Maman a tort se lit très vite, très agréablement mais ne restera sans doute pas celui que j’ai préféré de Michel Bussi !

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5 Commentaires

  1. Très belle chronique, Lucie, pour un bouquin qui paraît diablement intéressant… Va falloir que je me décide à me pencher sur le cas de Michel Bussi. Si tout le monde le plébiscite, ce n’est sûrement pas sans raison. 🙂

  2. très belle analyse LUCIE pour probablement un remarquable ouvrage , comme à chaque fois désormais avec Michel Bussi ! Félicitations , certainement l’un des meilleurs blogs dans ce domaine et ils sont nombreux!

  3. Léa : Bientôt… 😉
    Vincent : Merci. C’est peut être l’occasion de t’immerger dans l’univers de l’auteur avec ce titre 😉
    Jean-Michel : Merci pour tes mots précieux. On en reparle quand tu l’auras lu ! 🙂

  4. Bon décidément, je dois lire ce roman. Je l’ai sur ma liseuse. Savoir que mon prof de com est ami avec et que le roman commence au Havre (où je réside) ne fait qu’accentuer la hâte que j’ai de lire ce livre.

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