Michel BUSSI : Un avion sans elle

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Les américains ont Harlan Coben, nous avons Michel Bussi : un page-turner accessible à tous, très agréable à lire.

Michel BUSSI - Un avion sans elle-
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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Prix Maison de la Presse

Lyse-Rose ou Émilie ? Quelle est l’identité de l’unique rescapée d’un crash d’avion, une fillette de trois mois ? Deux familles, l’une riche, l’autre pas, se déchirent pour que leur soit reconnue la paternité de celle que les médias ont baptisée « Libellule ».

Dix-huit ans plus tard, un détective privé prétend avoir découvert le fin mot de l’affaire, avant d’être assassiné, laissant derrière lui un cahier contenant tous les détails de son enquête.

Du quartier parisien de la Butte-aux-Cailles jusqu’à Dieppe, du Val-de-Marne aux pentes jurassiennes du mont Terrible, la jeune femme va dénouer les fils de sa propre histoire jusqu’à ce que les masques tombent. Hasards et coïncidences ne sont-ils que les ricochets du destin ? Ou bien quelqu’un, depuis le début, manipule-t-il tous les acteurs de ce drame ?

Origine France
Éditions Presses de la Cité
Date 12 janvier 2012
Éditions Pocket
Date 7 mars 2013
Pages 576
ISBN 9782266233897
Prix 7,90 €

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Suspense et drame familial

Un accident d’avion. Deux familles se disputent la petite fille de 3 mois rescapée. Nous sommes dans les années 80, pas de test ADN. Qui est-elle ?

1998. Lylie va avoir 18 ans, le détective Crédule Grand-Duc lui a envoyé son carnet avec toutes ses recherches. Il a passé sa vie a enquêté sur ses origines. Son existence sur terre lui parait maintenant désuète. Il décide de mettre fin à ses jours. Tout est prêt, sa mise en scène est très soignée. Il va appuyer sur la détente lorsque ses yeux se posent sur un vieux journal et là c’est le choc, il comprend. Mais cet éclair de « génie » sera de courte durée, quelqu’un s’est introduit dans sa demeure et le tue avant qu’il est pu transmettre sa dernière pensée.

Lylie vient de rejoindre son frère dans un café. Elle est dans un état très particulier. Elle accepte son présent, elle lui laisse un paquet et elle lui annonce qu’il doit attendre une heure avant de l’ouvrir. Ces deux êtres sont fusionnels mais cette journée va marquer un tournant dans leur existence.

Marc va pouvoir se plonger dans les notes de Grand-Duc. L’histoire remonte à son jour noir où un avion s’est crashé dans les montagnes. Tous les passagers sont décédés sauf une petite fille de 3 mois. Mais qui est-elle ? Il y avait deux enfants de cet âge dans l’appareil. Deux familles, deux clans vont se battre pour démontrer leur légitimité. La situation financière des grands-parents risque-t-elle d’influencer le débat : les richissimes de Carville bien connus des milieux parisiens face aux modestes ouvriers normands Les Vitral.

A l’époque l’affaire a fait grand bruit et les médias l’ont largement couvert. Le bébé a été surnommé Libellule. Un choix a été fait. Etait-il le bon ? Quels ont été les conséquences pour les autres membres de la famille et notamment pour celle qui a du faire le deuil des parents et de leur petite-fille.

Une histoire touchante et très réaliste. Un sujet traité avec beaucoup de pudeur. En lisant ce roman, j’ai eu les images du crash du Mont Saint Odile qui se sont affichées devant mes yeux. Car même des années après l’accident il reste une douleur profonde dans les lieux. Les familles ont attachés de petits morceaux de tissus au grillage qui quadrille les lieux du drame. Ces petits témoins de leur douleur et de l’amour flottent ou restent immobile selon la puissance des vents. C’est poignant.

Il est très aisé de s’identifier aux grands-parents à qui ont annonce l’accident. L’envie viscérale que la petite soit leur descendante. Trop de souffrantes. Le pourquoi qui reste sans réponse. Et dans le cas présent le qui ! Qui est ce bébé : Lyse-Rose ou Émilie ? Et les techniques de l’époque qui ne permettent pas d’apporter une réponse. Il faut imaginer combien cela doit être compliqué de confier son histoire familiale dans les mains d’un juge. D’autant plus qu’il doit trancher.

J’ai été aussi très émue par la relation qu’il existe entre Lylie et son frère : frère de sang ou frère adoptif ? Cela ne change rien et en même temps cela change tant de choses…

Le suspense est présent de la première à la dernière page. Les américains ont Harlan Coben, nous avons Michel Bussi : un page-turner accessible à tous, très agréable à lire. Même si je l’avoue j’avais émis une hypothèse à la moitié du roman concernant l’identité de Lylie et j’avais bon. De même que Conan Doyle dans un de ses textes avec l’enveloppe en évidence, Michel Bussi a laissé à ses lecteurs un sacré indice. Alors si vous voulez à votre tour vous glisser dans la peau du détective Grand-Duc sans connaitre sa fin tragique, n’hésitez plus.

L’AVIS DE JULIE

1980, un soir de décembre, le crash d’un avion, des dizaines de familles périssent sur le Mont Terrible.

Il y avait deux nourrissons à bord de l’appareil.

Lorsque les secours parviennent sur les lieux envahis par les flammes, ils découvrent dans la neige, le froid et l’horreur un bébé de trois mois, encore vivant.

Mais qui est donc cette petite fille, seule survivante du crash aérien, est-elle Emilie Vitral ou Lyse-rose de Carville ?

Les juges doivent trancher, ont-ils assez de preuves tangibles ?

Deux familles que tout oppose se déchirent l’enfant.

La décision sera prise, quelques mois plus tard, la petite fille sera Emilie Vitral.

Les Carville, richissimes grands-parents de la petite Lyse-rose, vont user de tout leur pouvoir pour contredire la décision de la justice et prouver que c’est bien leur petite fille qui a survécu.

La grand-mère va alors engager un détective privé, Grand-Duc, et lui laisser jusqu’aux dix-huit ans de la jeune fille pour déterminer sa véritable identité.

1998, Emilie a dix-huit ans. Grand-Duc, désespéré par des années d’investigation, décide de mettre fin à ses jours la veille de cette date d’anniversaire quand son regard se pose sur un vieux journal : il comprend ! Il connaît maintenant la terrible verité ! Est-il trop tard ? A-t-il appuyé sur la détente trop tôt ?

C’est Marc Vitral, le frère d’Emilie, qui héritera du journal dans lequel Grand-Duc a rassemblé tous les éléments de son enquête. Le détective lui livre ainsi le condensé de tous les efforts qu’il a fournis durant des années.

Cela suffira-t-il à Marc pour connaître la vérité ?

C’est avec lui que vous avancerez, pas à pas, à travers le récit de Grand-Duc. On s’identifie et s’attache facilement à ce jeune homme, passionné, protecteur et résolu à trouver la clé de l’énigme qui lui est confiée.

Entre 1980 et 1998, ce roman vous plonge au cœur d’une intense enquête. Je n’étais pas très enthousiaste à la lecture des premières pages : pas de sang, pas de meurtrier en série, pas d’histoire à dormir debout et pourtant…

Une course contre la montre, des rebondissements imprévisibles vous attendent tout au long de cet ouvrage.

Vous pensez avoir trouvé la véritable identité de cette petite fille retrouvée après le crash de 1980 ? Continuez donc patiemment votre lecture, vous ne pourrez plus vous empêcher de tourner les pages…

L’AVIS DE JUSTINE

Petite parenthèse avant de démarrer cette chronique, je ne saurais pas dire pourquoi, mais ce qui me plait le plus dans les romans de Bussi, ce sont les couvertures. Je les trouve à la fois simples et très réussies ☺

Un avion sans elle est le deuxième roman de l’auteur que je lis après Nymphéas noirs. L’intrigue va suivre deux trames parallèles, qui ont pour but de découvrir l’identité d’un bébé rescapé d’un crash d’avion. En 1980, un avion s’écrase en montagne ; tous les passagers meurent, sauf un bébé qui en réchappe par miracle. Le problème, c’est qu’il y avait deux bébés à bord, et que deux familles réclament la petite survivante… l’une des deux familles, très riche, engage un détective privé pour résoudre cet épineuse question, à une époque où les tests ADN n’existaient pas encore. 18 ans plus tard, devenue grande, Emilie ne sait toujours pas si la famille dans laquelle elle a été élevée était bien la bonne. Elle récupère le journal du détective, dans lequel est consignée l’enquête inachevée, et le confie à son frère (mais est-ce vraiment son frère ?), qui se lance à son tour dans la quête de son identité…

Le roman est bien ficelé, et on ne peut s’empêcher d’être immergé dans cette enquête : qui est vraiment Emilie ? Dommage qu’on ne la rencontre finalement pratiquement pas de tout le livre : on passe du temps avec ses deux familles potentielles, avec le détective, mais elle, à part le premier chapitre, on peut l’oublier ! c’est curieux pour une intrigue totalement centrée sur elle…

L’auteur dépeint aussi dans ce roman une certaine forme de lutte des classes, par l’intermédiaire de deux familles que tout oppose – les gérants d’une baraque à frites et les multimillionnaires…

Comme dans Nymphéas noirs, les 100 dernières pages sont riches en rebondissements et en révélations. On en devine certaines, mais je dois reconnaître que je n’avais pas deviné la fin, et que Michel Bussi m’aura surprise dans les deux livres. Après, je n’ai pas accroché plus que ça avec les personnages, entre le frère aux tendances incestueuses, la sœur potentielle psychopathe, le détective au nom à coucher dehors… je ne me suis pas attachée à eux et je le regrette. Je retiendrai surtout la capacité de l’auteur à livrer des histoires bien pensées et pleines de surprises ; j’ai passé un bon moment de lecture, mais sans plus.

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