Jane HARPER : Sauvage

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Jane HARPER : Sauvage
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Présentation Éditeur

Le grand retour de l’auteur de Canicule nous plonge dans une énigme infernale en plein bush durant l’hiver…

Six mois après un séjour difficile dans sa ville natale en proie à la sécheresse, l’agent de la police fédérale Aaron Falk est de retour à Melbourne. C’est alors qu’il apprend la disparition d’Alice Russell, une femme d’affaires qui n’est jamais revenue d’un challenge d’entreprise dans le bush. Aaron a ses propres raisons pour vouloir retrouver Alice. Celle-ci était le témoin clé dans sa dernière enquête financière, et elle avait promis de transmettre à Aaron et à sa collègue Carmen des documents hautement explosifs.

Alors que leur enquête emmène Falk et Carmen en plein hiver au cœur d’un parc naturel magnifique mais impitoyable, ils découvrent que tous les participants à ce challenge avaient quelque chose à cacher. Le compte à rebours pour retrouver Alice vivante est enclenché, mais est-ce que tout le monde joue vraiment le jeu  ?

Un nouvel excellent thriller aussi dépaysant qu’addictif qui confirme l’immense talent de Jane Harper aussi bien pour les intrigues redoutables que la finesse et la force de ses personnages et des paysages qui les entourent.

Origine Australie
Éditions Calmann-Lévy
Date 4 avril 2018
Éditions Le Livre de Poche
Date 28 août 2019
Traduction David Fauquemberg
Pages 480
ISBN 9782253086253
Prix 8,70 €

L'avis de Cathie L.

Sauvage, Force of Nature dans la version originale parue en 2017, a été publié en 2018 par les éditions Calmann-Lévy, puis en 2019 par les éditions Le Livre de Poche. Le style soigné de Jane Harper met en valeur son talent indéniable pour mettre en place décors et ambiances :

« Falk se gara en double file devant le gîte et laissa Carmen dans la voiture avec les clés. Il tapa ses semelles sur la véranda, et une vague de chaleur l’enveloppa quand il ouvrit la porte. Une équipe de recherche, blottie dans un coin de la réception lambrissée, étudiait une carte avec attention. D’un côté, une porte ouvrait sur la cuisine commune. De l’autre, Falk aperçut un grans salon avec des canapés élimés et une étagère croulant sous les livres cornés et les jeux de société. » (Page 42)

« Falk enleva ses chaussures et s’allongea sur le lit, laissant sa tête s’enfoncer dans l’oreiller, juste une minute. Il avait les yeux lourds. Il faisait beaucoup plus chaud dedans qu’à l’extérieur. Il déplia la carte au hasard, et plissa ses yeux éblouis par la lumière du plafonnier. Les marques de crayon à papier s’étaient effacées avec le temps et certains mots étaient presque illisibles. Falk approcha la carte de son visage et sentit une vieille irritation remonter à la surface, un peu émoussée: les foutues pattes de mouche de son père avaient toujours été impossibles à déchiffrer. » (Page 113).

Construction : dans les trois premiers chapitres, on constate la disparition d’Alice. La suite constitue un immense flash-back: on revient au jour 1, l’après-midi de l’arrivée des participants à ce séminaire un peu spécial. Les chapitres numérotés sont consacrés à l’enquête tandis que les autres racontent les événements qui ont mené à cette disparition. L’alternance de ces deux points de vue instaure un rythme particulier et fait monter le suspense en même temps que le taux d’adrénaline du lecteur.

Fil rouge : un leitmotiv lancinant « Trouvez les contrats. Trouvez les contrats », fondement de la mission de Falk et de sa co-équipière Carmen.

L’intrigue

Au cours d’un séminaire d’entreprise organisé par BaileyTennants, auquel participaient deux groupes d’employés, un groupe d’hommes et un groupe de femmes, avec chacun un itinéraire différent, Alice Russell disparaît. Dans la nuit de sa disparition, elle avait vainement tenté de joindre Aaron Falk dont elle était le témoin clef dans une affaire de blanchiment d’argent. En effet, le cabinet d’expertises pour lequel elle travaillait, simple rouage dans un plus vaste réseau, était dans le collimateur de la police fédérale australienne. Les enjeux pour les Bailey, propriétaires du cabinet, sont de taille: si Alice transmet à Falk et ses supérieurs les renseignements dont ils ont besoin pour prouver la culpabilité du patriarche des Bailey, ce sera la faillite et la prison, les employés perdant leur emploi.

Avant sa disparition, Alice était censée remettre à Falk des documents commerciaux complémentaires, plus simplement dénommés « les contrats », afin que ce dernier les remette aux membres de l’enquête générale. Pourquoi a-t-elle cherché à le joindre à quatre heures du matin ? S’est-elle simplement perdue dans le bush ? Ou les autres femmes de son groupe d’expédition se sont-elles débarrassé d’elle afin de l’empêcher de témoigner, ce qui supposerait qu’elles étaient au courant de l’enquête ? Ou pire encore, serait-elle la victime du fils de Martin Kovac, tueur en série qui avait sévi dans le bush quelques années auparavant ?

Toutes les pistes sont ouvertes. A charge pour Falk et Carmen de découvrir la bonne…

Le bush en hiver : l’enquête précédente de l’agent Falk, racontée dans Canicule dont l’action se situe quelques années auparavant, se déroulait en plein cœur de la fournaise de l’été australien. Cette fois, l’action se déroule en plein cœur de l’hiver, offrant un paysage tout aussi hostile et sauvage, fait de « collines et des vallées à perte de vue, un océan de verdure qui ondulait sous la lumière fade de l’hiver ». (Page 16)… Les recherches s’y révèlent tout aussi ardues :

« Il fallait quatre heures environ pour fouiller comme il faut chaque kilomètre carré de terrain, leur avait-il expliqué. Et ça, c’était dans les endroits où le bush n’était pas trop dense. Là où il y avait une végétation très épaisse, une forte pente ou un cours d’eau à traverser, il fallait plus de temps. Falk avait entrepris de compter le nombre de carrés sur la carte. Il s’était arrêté à vingt. » (Page 105).

En conclusion

Le + : afin d’intensifier l’atmosphère d’angoisse qui caractérise tout le roman, l’auteur évoque, en toile de fond, une série de meurtres sanglants perpétrés 25 ans plus tôt dans les monts Giraleng, dans l’est du pays. Certes, le responsable de ces meurtres était mort en prison trois ans plus tôt. Mais la rumeur court que son fils aurait repris les activités de son père, précisément dans les environs du parc où se déroule le séminaire. Habile façon d’ajouter une probable piste à celles déjà existantes, histoire d’égarer les enquêteurs et le lecteur !!

Dans ce second roman, Jane Harper confirme son talent pour échafauder des intrigues bien ficelées, exploitant les décors hostiles et la météo souvent capricieuse de son pays. Ici, elle dénonce les malversations financières de dirigeants d’entreprises toujours plus avides. Au demeurant, l’originalité de son personnage enquêteur est qu’il n’appartient ni à la brigade criminelle, ni à la brigade des mœurs, mais à la brigade financière, secteur de la police qui, a priori, ne génère pas d’enquêtes palpitantes. Et pourtant, Sauvage est un roman captivant, qui se laisse lire de bout en bout sans faillir.

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Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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