Elly GRIFFITHS : Le journal de claire Cassidy

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Elly GRIFFITHS - Le journal de claire Cassidy
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Présentation Éditeur

Dans le collège anglais où elle enseigne, Claire Cassidy donne chaque année un cours sur un classique de la littérature gothique,  » L’Inconnu « , de R.M. Holland. Cet écrivain a vécu et enseigné dans le même collège que Claire, qui, fascinée par ce personnage qui hante encore les murs de l’établissement, travaille à l’écriture de sa biographie. Mais un jour, Ella, sa collègue et amie est retrouvée morte. À côté de son corps, une citation de « L’Inconnu »…

La littérature et la vraie vie entrent alors en collision, et Claire devient suspecte aux yeux de la police. Et le mystère s’épaissit lorsqu’elle ouvre son journal intime, ce journal dans lequel elle écrit chaque jour, et découvre une écriture qui n’est pas la sienne : « Bonjour, Claire. Tu ne me connais pas. » L’Inconnu, lui, connaît Claire, jusqu’à ses moindres secrets, et il n’est visiblement pas étranger aux meurtres qui vont se succéder au sein même du collège, toujours inspirés du livre de R.M. Holland. Claire arrivera-t-elle à changer la fin de l’histoire ?

Origine Royaume-uni
Éditions Hugo & Cie
Date 2 janvier 2020
Traduction Elie ROBERT-NICOUD
Pages 444
ISBN 9782755647068
Prix 19,95 €

L'avis de Cathie L.

Elly Griffiths, nom de plume de Domenica de Rosa, est une romancière britannique de romans policiers née le 17 août 1963 à Londres. Elle a longtemps travaillé dans l’édition. En 2009, après avoir écrit quatre romans publiés sous son patronyme, elle fait paraître le premier tome d’une série de romans policiers consacrés au duo formé par Ruth Galloway, une archéologue médico-légale, et Harry Nelson, inspecteur en chef détective près de Norfolk, avec lequel elle obtient le prix Mary Higgins Clark en 2011. La série comprend douze titres dont seulement les trois premiers ont été traduits en français.

Le journal de Claire Cassidy, The Stranger diaries en version originale parue en 2018, a été publié en 2019 par les éditions Hugo Thriller. L’histoire est racontée au présent selon le point de vue des trois héroïnes: Claire, sa fille Georgia et le lieutenant Harbinder Kaur. L’inconvénient de ce choix est que certaines scènes sont racontées plusieurs fois. Toutefois, le style alerte et le mélange fictif réalité/fiction (avec la création d’un romancier auteur d’une nouvelle fantastique si crédible que l’on croirait qu’il a réellement existé) compensent largement cet aléa.

Fil rouge : de nombreuses allusions à la littérature fantastique et à l’écriture émaillent agréablement le récit :

« Il y a souvent des archétypes dans les histoires fantastiques, leur dis-je. Le jeune homme naïf, le confident, le traître, la femme maléfique… C’est un personnage que l’on rencontre souvent dans les romans gothiques. Songez à La Dame en Noir ou à Madame Rochester dans Jane Eyre. Elle descend directement de légendes comme celle du Conte de la Bourgeoise de Bath où une belle devient une harpie hideuse… » (Pages 22-23).

Automne 2017. Chaque année, Claire, professeur de littérature anglaise à Talgarth High, anime un cours sur la nouvelle L’Inconnu, un classique de la littérature gothique, dont l’auteur, R.M. Holland, qui a vécu et enseigné dans le même collège, la fascine au point qu’elle travaille à la rédaction de sa biographie.

Mais un jour, sa collègue et amie Ella est assassinée chez elle, une citation de L’Inconnu gisant à ses côtés. Aussitôt, la police, soupçonnant un proche de la victime d’être l’assassin, fouille dans le passé d’Ella et interroge ses amis.

Des événements inexplicables intensifient le mystère insondable de la mort d’Ella : qui a ajouté des phrases sibyllines dans le journal intime de Claire ? Et pour quelle raison ? Est-ce un ami ou un ennemi ?

« Je dois essayer de déterminer qui a pu avoir accès à mon journal. Je l’avais avec moi à Hythe et je l’ai peut-être emporté une ou deux fois au cours des séances de travail. Mais je fais toujours très attention à ne pas écrire quand je suis observée. » (Page 90).

Claire a le sentiment que cet inconnu, qui semble bien la connaître, est impliqué d’une manière ou d’une autre dans l’assassinat de son amie. Déterminée à en savoir davantage, la jeune femme se lance dans une quête qui lui révèle une facette bien différente de ceux qu’elle croit être ses amis, y compris la victime. C’est alors que Rick Lewis, le directeur de son département, est à son tour assassiné…

Collège de Talgarth High : situé dans l’ouest du Sussex, l’établissement est composé « d’un nouveau bâtiment, une monstruosité des années soixante-dix, toute en verre et en briques de couleur » jouxtant l’ancien bâtiment qui contient le réfectoire, les cuisines et la chapelle, le bureau du directeur ainsi que l’ancienne bibliothèque. Evidemment hanté par la fantôme d’une jeune femme au destin tragique. Claire y est particulièrement attachée car le dernier étage abrite « le bureau de R.M. Holland, qui est resté exactement tel qu’il l’a laissé. » (Page 12) => Ce mélange entre modernité et tradition imprime au Journal de Claire Cassidy sa facture particulière, sa patine en quelque sorte, dans la pure veine des romans de Dickens ou des soeurs Brontë.

Bien qu’auteur d’un grand nombre de romans, dont la plupart restent encore non traduits en français, je découvre, avec Le Journal de Claire Cassidy, la plume riche et originale d’Elly Griffiths. Sa composition, sous forme de journal, son atmosphère un tantinet surannée, son intrigue habilement construite, ses personnages bien campés en font assurément un des meilleurs romans de ces derniers mois, une lecture passionnante…qui donne envie de lire ses autres ouvrages, notamment la série consacrée à Ruth Galloway avec ses deux premiers opus traduits en français, Les Disparues du marais et Le Secret des Orphelins. Gageons qu’un jour prochain les dix suivants traversent enfin la Manche pour nous réjouir et nous faire frissonner.

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Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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