Sébastien DIDIER : Les yeux bleus

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Les Yeux Bleus, ce second roman de Sébastien DIDIER est une belle réussite. Pas d’artifice. De l’efficacité. Aucun temps mort !

Sebastien DIDIER - Les yeux bleus
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Présentation Éditeur

1986. Une famille est assassinée dans sa villa près de Saint-Paul-de-Vence. Le père, la mère et leurs jumeaux d’à peine deux ans. Un crime monstrueux qui demeurera impuni.

2018. Anthony Delcourt sait que la vie de son fils ne tient plus qu’à un fil. Le petit Maxime a été enlevé en plein jour, dans le jardin de la demeure familiale à Nice. Chaque minute qui passe réduit les chances de le retrouver sain et sauf.

Emballement médiatique, services de police et de gendarmerie en ébullition, l’affaire prend rapidement une dimension exceptionnelle. Car l’enfant n’est pas n’importe qui. Il est le petit-fils du millionnaire Claude Cerutti, homme d’affaires à la réputation sulfureuse et puissante figure locale. Celui-ci en est persuadé : à travers cet enlèvement, c’est lui que l’on cherche à atteindre. Lui, son nom, sa famille. Et ses secrets.

Origine Flag-FRANCE
Éditions Hugo&Cie Poche
Date 2 juillet 2020
Pages 558
ISBN 9782755649093
Prix 8,50 €

L'avis de Yannick P.

Nice, 2 époques, une histoire de famille, un enlèvement d’enfant, un magnat, fier de son nom et de son pouvoir. Voilà le cadre de ce second roman. Sans doute un des plus compliqués à écrire, surtout quand on s’attaque à un ouvrage épais. Sébastien a relevé le gant et nous offre un vrai thriller, agréable à lire, un bouquin qu’on ne lâche pas.

Ce second roman est une belle réussite. Pas d’artifice. De l’efficacité. Aucun temps mort ! Les personnages principaux sont taillés et aptes à aller à la rupture. Les secondaires ont un relief de vieux film. Jo le fidèle, Estelle, Lise, Jacques Belleville le flic à la retraite le lecteur est promené d’une époque à l’autre.

2018, Anthony Delcourt n’est que le gendre du patriarche Claude Cerrutti. Pourtant c’est bien son fils, Maxime, qui a été enlevé. Mais c’est bien au clan que l’on s’attaque.

1986, trente ans plus tôt  l’assassinat d’une famille au complet, enfants compris, sur Saint-Paul-de-Vence.

Police, médias, tout ce monde se met en branle. Secrets de famille, et prix de l’influence, l’héritage des magouilles. Sébastien met Nice en fond d’écran dans un scénario digne d’un film des années 70/80. Preuve en est, le clin d’œil à Bébel.

C’est extrêmement  agréable à lire jusqu’à une fin gorgée de rebondissements.

Prenez la bonne décision, au bon moment, pour vous plonger dans Les yeux bleus de Sébastien DIDIER.

L'avis de Cathie L.

Les Yeux Bleus a été publié par les éditions Hugo Poche en 2020, dans la collection Suspense. L’écriture est agréable, fluide, les détails étant disséminés çà et là sans alourdir le style : « Le journaliste remballa ses affaires en les fourrant pêle-mêle dans une serviette en cuir qui n’avait pas l’air d’en être à son premier tour de piste elle non plus. Ils sortirent du bâtiment et se dirigèrent vers le salon de thé qui faisait l’angle de la rue. » (Page 279).

Construction : l’histoire se déroule sur trois époques: 2015 ; 1986 raconté à la troisième personne; 2018 : certains chapitres étant racontés au passé à la première personne par Anthony, et d’autres à la troisième personne selon le point de vue d’autres personnages. Chaque chapitre indique le lieu, la date et l’heure, comme dans une reconstitution judiciaire ou journalistique.

Lentement, Sébastien DIDIER déroule les fils de son histoire comme on pose des jalons : les investigations d’Anthony ; l’enquête de police en arrière-plan; l’enquête de Jacques Belleville en 2015. A charge pour le lecteur de les suivre et de les démêler…

1986. Près de Saint-Paul-de-Vence, toute une famille est sauvagement assassinée dans sa villa. Crime monstrueux, à ce jour impuni, resté dans les mémoires sous le nom de l’Affaire Armand.

Décembre 2018. Maxime, âgé de quatre ans, disparaît soudain du jardin de la demeure familiale dans lequel il jouait tranquillement. Seul indice: le portait donnant sur la rue est entrouvert de quelques centimètres. Seule certitude: le petit garçon a été enlevé dans un laps de temps de seulement dix minutes. Anthony et Estelle, ses parents, savent que chaque minute passée réduit les chances de le retrouver sain et sauf.
Coup de théâtre : Lise, la soeur d’Estelle, et son compagnon Fabrice, soupçonnés d’avoir commandité l’enlèvement, sont arrêtés :

« Il reste à espérer que cette avancée dans l’enquête permettra de retrouver l’enfant sain et sauf. L’alerte enlèvement n’a en revanche pas été levée et une véritable chasse à l’homme est engagée depuis hier pour retrouver l’enfant ainsi que le ravisseur ou ses complices. » (Page 70).

2015. Jacques Belleville, gendarme à la retraite, bénévole à l’AAFV, reprend le dossier de l’affaire Armand. Il constate que trop de questions sont restées sans réponse. => Quel est le lien avec les événements de 2018 ?

2018. Claude Cerutti, le patriarche et grand-père maternel de l’enfant, persuadé qu’il s’agit d’un complot contre sa famille, envoie Jo, son homme de main, mener sa propre enquête. Mais les Cerutti reçoivent un colis contenant une demande de rançon et les vêtements que Maxime portait le jour de sa disparition. Une terrible course contre la montre s’engage alors…

L’agencement des lieux démontre le sens de la mise en scène de l’auteur, créant un contraste saisissant entre les événements tragiques et les décors où ces derniers se déroulent :

  • Rue où habitent les Delcourt : « Mon regard embrassa notre petite rue qui offrait toujours le même tableau de calme e de sérénité. Les bordures fleuries, les haies et les arbustes soignés au millimètre… Constituaient un véritable écrin pour la dizaine de maisons qui s’y lovaient. » (Page 17) => Ce décor de carte postale, empreint d’une fausse sérénité, abrite le Mal et ne peut en protéger ses habitants.
  • Leur villa : « Une villa magnifique sur les hauteurs de Nice, posée dans un parc forestier millénaire avec un panorama à couper le souffle sur le versant italien de l’une des plus belles baies du monde. cadeau de mariage de mes chers beaux-parents…doté d’un salon d’été et sa terrasse en teck qui avançait sous les arbres pour venir encadrer la piscine à débordement ». (Pages 20-22) => Décor en carton-pâte, digne d’une comédie romantique, sauf que l’histoire que raconte Les Yeux Bleus n’est pas du tout romantique.
  • Parfait contraste avec la villa des Delcourt, le commissariat où tout « portait le poids des ans et des coupes budgétaires. Murs décrépits, peinture écaillée, carrelage fendu, meubles et matériel informatique hors d’âge », donnant une bien piètre opinion de la police et des moyens dont elle dispose.

Conclusion

Le – : Moi qui suis une lectrice expérimentée de romans policiers et de thrillers, deux faiblesses dans le scénario m’ont sauté aux yeux et mis un petit bémol à mon enthousiasme : rien ne dit comment la police a fait le lien avec Lise au point de l’arrêter pour l’enlèvement de son neveu ? Dans l’affaire Armand, comment Patrick Armand a-t-il soupçonné que ses jumeaux n’étaient pas de lui ? => Détails-clefs non négligeables car ils sont le facteur déclencheur des événements conduisant aux crimes.

Le + : Mêler la fiction à la réalité en  intégrant à l’histoire les frère Mariani et leurs malversations financières, Claude Cerutti étant un homme d’affaires qui a bâti sa fortune avec l’immobilier, secteur grevé par toutes sortes d’escroqueries, les citant comme d’éventuels suspects dans l’affaire Armand, est un vrai coup de maître : « Les Mariani et leur bande étaient les plus belles crapules du monde, de vrais salauds, des cow-boys sans foi, ni loi. Ils étaient tout ce que vous pouvez imaginer. Mais s’il y a bien une chose qu’ils n’auraient jamais faite, c’est buter des gosses. » (Page 281)… « Il y a quelques années, j’avais participé à la rédaction d’un dossier qui dénonçait des malversations financières dans bon nombre d’opérations immobilières azuréennes. Terrains acquis illégalement, pot-de-vin pour les permis de construire, pressions lors des votes d’assignation des plans d’urbanisme…La liste était longue. Et devinez qui apparaissait en filigrane à chaque fois. -Claude Cerutti. -Tout juste » (Page 287) => Serait-ce le mobile de l’enlèvement du petit Maxime?? Vous le saurez en lisant Les Yeux Bleus…

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Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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