Niko TACKIAN : Quelque part avant l’enfer

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France

INFOS ÉDITEUR

quelque part avant enfer - tackian

Parution aux éditions Scrinéo le 5 mars 2015

Anna est miraculée. Après un accident et deux semaines de coma, elle est toujours en vie. Est-ce la promesse d’un nouveau départ ? Une chance avec son fi ls et son mari de tout recommencer ? Mais de l’autre côté, l’espace d’une infime seconde, alors que sa vie était suspendue à un fil, elle a vu le tunnel… une lumière noire, et un homme lui promettant de la tuer… Il la poursuit encore. Pourquoi l’a-t-il choisie comme témoin de ses crimes ?

Parfois, il vaut mieux ne pas revenir…

(Source : Scrinéo – Pages : 320 – ISBN : 9782367402048 – Prix : 20,00 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Anna a une vie rangée avec son fils et son mari, même si leurs relations ne sont pas au beau fixe. Tout bascule le jour où elle est victime d’un accident de voiture qui la plonge dans le coma durant des jours. Ceux qui en sortent, racontent souvent avoir vu un tunnel, une lumière blanche, leur vie défiler, un proche tel un être serein qui incite le patient à se battre pour la vie… Pour Anna, cette expérience de mort imminente, ne sera pas positive. Une musique entêtante, une lumière noire et surtout un homme effrayant qui la prévient qu’il la retrouvera toujours et la tuera…

A son réveil, elle tente de reprendre le cours de sa vie, même si une angoisse sourde la tenaille. Très vite, l’envie de comprendre ce qui s’est passé, la pousse à se rapprocher d’un professeur spécialiste de l’EMI (Expérience de morte imminente). Elle veut des réponses à ses questions, savoir si d’autres personnes ont vécu la même chose et surtout savoir qui est cet homme et ce qu’il lui veut. A cette phase de questionnement s’ajoute une phase de changement (au travail, dans ses goûts de déco…). Son mari pourtant dévoué, ne sait plus quoi faire pour la soutenir. Il faut dire que depuis qu’il l’a trompé alors qu’elle était enceinte, plus rien n’est comme avant… Il faut aussi penser à préserver leur fils qui semble souffrir de la situation. D’autant plus que l’homme qu’elle a vu lors de son EMI rôde autour d’elle dans la réalité, elle l’a vu, elle en certaine… Il y a aussi tous ces cauchemars : l’homme, la forêt, la neige, le sang… Tout semble si réel ! Et cette petite voix dans sa tête qui lui donne des injonctions…

En parallèle, nous suivons l’enquête de Zed, un flic de la Crim, sur des meurtres de plusieurs femmes survenus à Paris, ces derniers mois… Peut-elle avoir un lien avec la menace qui plane au dessus d’Anna ?

L’EMI intrigue les scientifiques depuis toujours, des témoignages sont apportés… J’étais vraiment curieuse de découvrir comment l’auteur allait réussir à lier ce « phénomène » à une intrigue criminelle. Les explications données en fin de lecture m’ont semblé cohérentes. Le suspens fonctionne jusqu’au bout même si j’ai eu un léger soupçon sans avoir saisi tous les tenants et les aboutissants…

« Quelque part avant l’enfer » est un livre terriblement addictif, grâce aux chapitres courts, un côté très « visuel » et entraîne le lecteur dans une spirale d’angoisse qui monte crescendo comme pour le personnage principal. Je l’ai trouvé très attachante Anna avec cette fragilité et cette détermination. Les personnages secondaires ne sont pas en reste, ils ont une véritable épaisseur que ce soit le mari, le professeur, chacun avec sa part d’ombre et de lumière… La paranoïa monte peu à peu, on doute de tout le monde à part peut être de ce policier, qui au cœur de l’hiver, essaye tant bien que mal de rassembler les pièces de puzzle…

Un thriller psychologique original, avec une belle atmosphère de mystère, qui se lit d’une traite !

Ce premier roman est une belle découverte !


L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Voici ici le 1er roman de Niko Tackian, mais attention il ne s’agit pas pour autant d’un coup d’essai. En effet, cet auteur est avant tout scénariste pour le cinéma, la télé ou pour des bandes dessinées…et cela se sent dans son récit, mais nous y reviendrons.

Tout commence par l’accident de voiture d’Anna qui se voit presque mourir. C’est là qu’elle vit une expérience de mort imminente. Cette EMI sera très étrange pour elle, car un homme la menace de mort. Ces menaces se répètent à son réveil et va l’entrainer dans une angoisse et une paranoïa permanente…

Les EMI. Voilà un thème intrigant pour un roman, et peu souvent utilisé. Peu usité et pour cause. C’est un thème assez délicat, car cela reste un mystère pour les scientifiques, et du coup il peut être aisé de se faire piéger tout seul. Ici ce n’est pas le cas, car nous sentons le travail de documentation qui se cache derrière. Nous apprenons pas mal sur ces expériences, et notamment les expériences noires, les morts partagées, etc. Cette recherche documentaire me semble aller jusque dans le nom du psychiatre du roman, Docteur Roody qui pour moi est un clin d’œil à Raymond Moody, médecin référence dans le domaine des EMI.

Cette référence me permet de faire le lien avec les personnages qui sont bien campés. Pour un thriller psychologique il vaudrait mieux me direz-vous. Vous auriez raison, mais je tiens à le préciser, car ce n’est pas forcément toujours le cas.

Je m’arrêterai essentiellement sur Anna qui est donc le personnage principal de ce roman. Cette femme est attachante, troublante, troublée, et avant tout fragile. Rien ne lui a été épargné dans la vie, et cette spirale infernale semble diriger sa vie. La dernière phrase de la 4eme de couverture lui va comme un gant « Parfois, il ne vaut mieux pas revenir… ».

Les autres personnages ne sont pas en reste, car chacun possède leur part d’ombres qui peut se révéler inquiétante…

En introduction, je parlais du fait que Niko Tackian est avant tout scénariste et que cela se sent dans son écriture. J’y reviens donc.

Le récit est très rythmé, et ceci est dû essentiellement à 2 éléments.

Tout d’abord le chapitrage. Le roman compte 71 chapitres pour 320 pages. Ceci fait en moyenne un nouveau chapitre toutes les 4 pages (pardonnez-moi c’est mon côté gestionnaire qui réapparait sur ce coup-là). Ce nombre élevé de chapitres permet de changer de point de vue, de personnages, de lieu assez fréquemment. Ceci a pour effet de captiver l’attention et de ne plus lâcher le livre. Ceci me fait penser à un film où les points de vue s’enchainent sans temps mort.

Ceci au deuxième point, le visuel. L’écriture de l’auteur est donc très visuelle, pleine de détails, mais tous utile. Aucune fioriture, le style est direct et va à l’essentiel, mais demeure graphique. Nous naviguons dans ce livre avec une précision visuelle mentale très forte, et cela est très agréable.

Pour finir, j’aurai tendance à émettre une légère réserve sur l’intrigue, notamment la fin. Je ne peux en dire plus sinon je risque d’en dire trop, mais cela doit être mon côté tatillon qui veut ça.

Ce thriller psychologique est donc un très bon roman, qui se lit bien et avec lequel vous passerez un agréable moment. Je peux également vous assurer d’une, je suis curieux de lire les prochains opus de Niko Tackian…


L’AVIS DE CATHIE L.

Quelque part avant l’enfer, premier roman de l’auteur, a été publié en 2015 par les éditions Scrineo. Il a obtenu le prix 2015 des bibliothèques et des médiathèques de Grand Cognac.

Le roman est construit autour de chapitres nombreux mais assez courts ou très courts, ce qui donne au récit un rythme soutenu qui entraîne le lecteur dans une spirale ascendante jusqu’à l’explosion finale. Certains d’entre eux commencent par un extrait de témoignages de patients du professeur Roody, donnant au roman un air d’authenticité, presque de livre-témoin. Résultat: le lecteur vit l’histoire d’Anna avec une intensité accrue, comme lorsque l’on lit un article de revue ou un compte-rendu… Se laissant peu à peu happer par l’enchaînement des événements, tournant les pages fébrilement pour savoir et comprendre…

Le style est très direct, parfois incisif et froid, parfois empreint de chaleur et de tendresse, avec des phrases courtes, un vocabulaire courant, de nombreux dialogues, traduisant une lucidité sans illusion face à la nature humaine, ce qui n’empêche nullement une certaine empathie de montrer le bout de son nez à des moments parfois surprenants. C’est ce mélange qui donne aux romans de Tackian leur force et leur pouvoir attractif.

Les thèmes évoqués sont  certains côtés sombres de notre société : le sort réservé aux SDF, le trafic de femmes comme objets de plaisir, le mal qui rôde : “Zed se demandait ce qui pouvait se passer ensuite pour que le mal puisse s’insinuer aussi facilement dans l’âme des hommes et les transformer en criminels.” (Page 154). Mais le sujet principal de ce roman, ce qui en fait son originalité, est l’évocation du fonctionnement du cerveau, notamment les EMI, expérience de mort imminente.

L’intrigue

Décembre. Quelques jours avant Noël. Dans les bois de Vincennes, Casquette, sdf depuis de nombreuses années, et son chien Virgile découvrent le cadavre d’une femme étranglée et énucléée.

Anne Renucci, victime d’un grave accident de la route, est maintenue dans un coma artificiel pendant deux semaines. A son retour chez elle, Anna éprouve de nombreuses difficultés à retrouver une vie normale : elle a des hallucinations, elle entend une musique, une petite voix intérieure, mais surtout elle a de nettes visions de meurtres bien réels, comme si elle vivait dans un rêve éveillé.

Pendant ce temps, le capitaine de police Azad Pakazian mène une enquête sur un serial killer qui, depuis six mois, tuent de jeunes prostituées en les étranglant puis en les énucléant.

“Quatre filles, toutes des prostituées, habituées des boulevards parisiens, avaient été abordées, accompagnées dans un endroit reculé avant d’être étranglées et énucléées avec une lame. Aucun rapport sexuel, aucun marqueur biologique sur les corps, le tueur ne semblait pas associer sa pulsion morbide à une sexualité active.” (Page 140).

Curieusement, tout semble tourner autour d’Anna: elle se sent comme observée, suivie même; à plusieurs reprises, elle échappe de peu à la mort; l’assassin a même réussi à pénétrer dans son appartement la nuit… Mais pourquoi elle ?

“Pourquoi le tueur s’intéressait-il à une simple mère de famille? Il a un lien avec elle…C’est la raison la plus évidente et certainement la bonne. Elle devait même le connaître. Mais alors, pourquoi vouloir la tuer maintenant? Et de manière aussi complexe ?” (Page 198)…

“Cette femme était au centre de la mécanique criminelle et du parcours sanglant du tueur. Il était allé jusqu’à essayer de la tuer, elle avait donc, elle aussi, un rôle à jouer dans son scénario.” (Page 221).

Les personnages

  • Casquette : sdf, ancien infirmier; a établi son “campement” dans les bois de Vincennes; vit avec son chien Virgile.
  • Anna Renucci : cheveux noir ébène, teint pâle; silhouette mince ; a toujours su maîtriser sa nature bouillonnante pour donner l’image d’une femme dynamique et souriante, toujours prête à écouter les autres, à se mettre à leur place; bibliothécaire à la bibliothèque Forney ; est née et a passé son enfance à Amsterdam jusqu’au divorce de ses parents à l’âge de 7 ans ; après le suicide de sa mère trois ans plus tard, a vécu chez sa tante à Paris.
  • Alain Renucci : mari d’Anna et père de son fils Nathan; physique fin, longs cheveux blonds ; charme tout en douceur ; porte des lunettes
  • Professeur Beck : chirurgien qui a opéré Anna après son accident ; une soixantaine d’années, tempes grisonnantes, front haut et dégarni ; fines rides au coin des yeux trahissant son naturel joyeux.
  • Docteur Gilbert : psychologue qui suit Anna après son accident.
  • Professeur Philippe Roody : neuropsychiatre spécialisé dans l’étude des mécanismes du cerveau, notamment des EMI ; dirige un groupe de discussion réunissant des personnes ayant vécu une telle expérience ; une quarantaine d’années, cheveux courts poivre et sel, des yeux au bleu perçant, sourire chaleureux, charme magnétique ; habillé élégamment ; se dégage de lui bienveillance et douceur ; s’exprime avec une voix douce tout en exprimant force et profondeur ; veuf.
  • Azad Pakazian : surnommé “Zed”, commandant de police ; la quarantaine sportive ; cheveux noirs, teint mat qui contraste avec ses yeux clairs, pratique les arts martiaux, notamment le kendo : “Savoir allier la dimension spirituelle et physique et leur permettre de se concentrer à l’extrême en une frappe ultime qui percera les défenses de l’adversaire. Zed aimait cette philosophie et tentait de l’appliquer dans sa pratique martiale aussi bien que dans son travail.” (Page 67). Est entré à la police à l’âge de vingt ans, a travaillé cinq ans aux Stups avant d’échouer à la Crim ; divorcé, sans enfant; croyant et pratiquant.
  • Audrey : patiente du professeur Roody ; jeune femme âgée de vingt ans, aveugle de naissance ; blonde, les yeux très clairs, très jolie; une âme pure qui rayonnait de joie de vivre et de bonheur, malgré son handicap.

Anna et son expérience de EMI : l’expérience de EMI vécue par Anna après son accident n’a rien d’anecdotique puisque l’intrigue est construite autour de cet événement ; elle constitue en quelque sorte le fil conducteur du récit. Contrairement à la plupart des gens pour qui cette expérience revêt un aspect positif, Anna s’est vue avancer dans un tunnel glacé de lumière noire là où “tous les récits décrivent une bienveillante et chaude lumière” (Page 60).

Bien sûr, Anna a subi un véritable traumatisme : son caractère et son humeur ont changé au point que parfois elle ne se reconnaît plus. Elle se sent suivie toujours par le même homme :

“Anna avait juste eu le temps d’apercevoir du coin de l’œil la silhouette de l’homme, trapue, la tête rentrée dans les épaules, le menton baissé. Il avait traversé la foule pour venir se coller contre elle, dans son dos, pour être certain qu’elle ne pourrait pas voir son visage. C’était LUI, l’homme de ses cauchemars, celui du tunnel noir, Anna en était certaine.” (Page 65).

Mais le plus effrayant sont les visions de meurtres en train de se commettre. Pourquoi Anna a-t-elle de telles visions ? Deviendrait-elle folle ? Ou serait-elle investie d’une mission précise ? Et d’où vient la petite voix qu’elle entend lui parler sans cesse depuis son accident ?

Les lieux

Les différents lieux dans lesquels se déroule l’histoire sont évoqués de manière précise et suffisamment détaillée pour mettre en place les éléments propices à créer des décors en apparence anodins, agréables et apaisants auxquels se substitue une atmosphère de suspense, d’appréhension, de peur…

“La petite ville de Vincennes s’étalait tout en longueur entre le château et le bois. Ses larges rues pavées et la place piétonne ouverte sur une belle église au fronton blanc donnaient à la ville des airs de province. Le poumon parisien filtrait l’air vicié de la capitale grâce à ses cinq cents hectares de verdure. POURTANT, c’était quelque part au milieu de cet oasis que le piège s’était refermé sur Laetitia Gunther…” (Page 132).

Partout, même dans un lieu aussi inoffensifs qu’une cathédrale orthodoxe où le chœur était “composé d’une immense rotonde surmontée d’un dôme où trônait une monumentale peinture du Saint-Père … où il règne une chaleur constante entretenue par le crépitement des bougies, des milliers qui brûlaient en continu” comme pour écarter les ténèbres porteuses de malheurs, ou dans un endroit aussi sauvage que la lande recouvrant la terre en haut de la falaise normande d’où on aperçoit “la mer qui avait des tons grisâtres et sa surface qui était parcourue par une armée de moutons agités…les falaises qui tombaient à pic sur plus de cent mètres” (Page 276), on sent que le mal n’est jamais très loin, surveillant chacun de nos pas…

La ville de Paris comme décor principal:

au-delà du simple décor servant de toile de fond à un récit, ici la ville de Paris apparaît comme le terrain sur lequel évoluent les différents protagonistes, décrit avec une grande précision, ce qui permet au lecteur de les suivre pas à pas dans tous leurs déplacements, comme s’il reconstituait lui-même leurs faits et gestes: “L’entré du métro Pont-Marie était à moins de cent mètres de la bibliothèque. Elle n’avait que quatre stations à parcourir pour se rendre jusqu’à Censier-Daubenton et retrouver son appartement de la rue Mouffetard. La ligne 7 desservait la fac de Jussieu et celle, un peu plus loin, de Tolbiac…” (Page 64).

Même les non-parisiens peuvent aisément s’imaginer les lieux de l’action…La scène de crime: “Son regard scruta les alentours. A cette heure nocturne, le périphérique parisien était quasiment vide et la bretelle située légèrement en surplomb de l’autoroute livrait une vue imprenable sur Paris.” (Page 69)…”Il lui montrait la devanture du Flore en l’île, un café situé à l’angle des quais et possédant une vue imprenable sur Notre-Dame.” (Page 86)…”Anna remontait la rue Montorgueil d’un pas rapide. Situé à quelques pas des Halles, ce quartier s’était progressivement transformé pour devenir un point de ralliement obligatoire de la branchitude parisienne. Les enseignes des grandes marques bobos se partageaient l’espace avec de petits magasins tendances et des restaurants à la carte soignée et aux tarifs exorbitants.” (Page 167).

Regard lucide et sans concession que certains personnages portent sur la Ville : “Il connaissait toutes ses dépravations, depuis les squats pourris où des loques humaines étaient prêtes à tuer leurs enfants pour obtenir leur dose quotidienne jusqu’aux quartiers chics où les mêmes enfants se prostituaient pour les mêmes raisons.” (Page 70)

Mon avis

J’ai dévoré Quelque part avant l’enfer en 24 heures, top chrono !! Magistral !! Ce thriller est tout simplement MAGISTRAL !! Tout les ingrédients d’un excellent thriller y figurent, subtilement dosés dans un équilibre parfait : les personnages ont des personnalités complexes et/ou attachantes, sans qu’aucun ne verse dans la caricature du tout/bon ou tout/méchant ; les lieux sont décrits avec suffisamment de détails de façon à ce que le lecteur puissent se  les représenter avec un maximum de véracité; des scènes d’action très crédibles, sans les exagérations aberrantes qui peuplent certains thrillers américains ; du suspense, une tension dramatique qui monte crescendo maintenant le lecteur dans un état de fébrilité qui lui fait tourner les pages une à une, de rebondissements en scènes plus intimistes, jusqu’à la dernière, jusqu’à avoir enfin le fin mot de l’histoire. Avec un final digne des tout meilleurs !!

Le + : les coups de pied dans la fourmilière: ce que j’apprécie avec Niko Tackian sont les petites attaques disséminées ça et là, et conférant au récit une ampleur plus “sociale”, plus “polémique” ; certes, un bon thriller doit offrir avant tout un bon divertissement, mais pourquoi ne pas joindre l’utile à l’agréable en montrant du doigt les travers de notre société afin d’interpeller le lecteur, de lui donner la possibilité d’envisager les choses sous un angle plus profond, de partager avec lui plus qu’un moment de détente ?

“Un principe de la vie parisienne était de ne jamais croiser le regard de quiconque , de ne jamais sourire et de marcher le plus vite possible. Une capitale peuplées d’âmes errantes paralysées par la peur de l’autre, voilà le goût que laissait la ville vue d’en dessous.” (Page 64)…

“Paris était une ville vitrine dans laquelle tout voyeur pouvait s’épanouir. Il suffisait de s’installer à la terrasse d’un café et d’écouter ses voisins. Les gens parlaient de tout, sans complexe, sans retenue et souvent avec un certain sens de la mise en scène narcissique.” (Page 95)…

“C’était ça la police du futur dans les fantasmes des politiciens, une entreprise bien gérée, propre et avec le moins d’humanité possible” (Page 280)…

Et vlan!!!

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