Nicolas LEBEL : Sans pitié, ni remords

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France
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  • Éditions Marabout en aout 2015
  • Éditions Livre de Poche en mai 2017
  • Pages : 512
  • ISBN : 9782253092490
  • Prix : 7,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

9 novembre, cimetière du Montparnasse. Le capitaine Mehrlicht assiste, en compagnie de son équipe, aux obsèques de son meilleur ami, Jacques Morel. Quelques heures plus tard, il se retrouve dans le bureau d’un notaire qui lui remet, comme « héritage », une enveloppe contenant un diamant brut. Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits, dérobée dix ans auparavant lors du déménagement du Musée des arts africains et océaniens, que Jacques avait supervisé, et recherchée depuis par la « Police de l’Art ».

Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous le commandement du capitaine Cuvier, un type imbuvable aux multiples casseroles, quand les inspecteurs Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité. Quelques heures plus tard, ils assistent impuissants à la défenestration d’une femme qui, se sentant menacée, avait demandé la protection de la police. Les deux « suicidés » avaient un point commun : ils travaillaient ensemble au MAOO lors de son déménagement.

Ces événements marquent le début de 48 heures de folie qui vont entraîner Mehrlicht et son équipe dans une course contre la montre, sur la piste de meurtriers dont la cruauté et la détermination trouvent leur origine dans leur passé de légionnaires. Une enquête sous haute tension, dans laquelle débordent la fureur et les échos des conflits qui bouleversent le monde en ce début de XXIe siècle.

L’AVIS DE MURIEL LEROY

Ce troisième opus de Nicolas Lebel commence par les funérailles de Jacques Morel, collègue et ami des personnages principaux et plus particulièrement Mehrlicht…

Puis après l’enterrement et les formalités, survient un évènement, qui va entrainer l’équipe dans une chasse au trésor semée d’embuches, de morts et de jeu de piste…

Après avoir visité les égouts de Paris, parlé du quotidien des SDF, de Politiques, de littérature… l’auteur nous conduit maintenant à explorer l’histoire de l’art et surtout du quai Branly, avec ses diverses expositions sur d’autres ethnies, d’autres cultures… le vol d’une statuette africaine « le gardien des esprits » permet là de montrer la dimension des croyances ancestrales et de la malédiction ! Force aussi est de constater la faiblesse et le manque d’organisation des musées, qui connaissent à peine ce qu’ils ont dans les sous-sols tout en dénonçant le manque de surveillance de ces trésors historiques, souvent dérobés et/ou remplacés par des contrefaçons.

L’arrivée d’un nouveau personnage, Cuvier, remplaçant temporaire de Mehrlicht , est son pendant négatif. Autant le premier est intelligent, autant le second  est caricaturé par ses tics de langage, terriblement agaçant, mais aussi par son addiction à un journal, le citant sans arrêt en référence (le Point) le rendant somme toute peu sympathique et peu intelligent du coup ! Cela dit, l’humour a toujours sa place avec le portable de Mehrlicht, qui pourrait avoir un rôle prépondérant dans son livre, les sonneries Audiard étant remplacées par des blagues de mauvais goût, qui arrivent toujours fort à propos, provoquant gêne et scènes cocasses, mais aussi deux réflexions plus sérieuses sur le racisme et son évolution actuelle ( la peur de l’autre, entrainant le rejet et la montée du Front National) d’une part et d’autre part le terrorisme.

Bien évidemment l’histoire ne serait pas complète s’il n’y avait pas là un poète à partir duquel tout s’orchestre … Ce livre est vraiment un jeu de piste visant à rétablir l’honneur de Jacques, qui meurt en donnant à son ami de quoi l’occuper au travers  d’énigmes dissimulées dans un poème. Nicolas donne aussi à voir au lecteur, le fait participer d’une certaine façon, à travers divers anagrammes dont je ne révèlerai pas la teneur pour ne pas gâcher le plaisir !

Mais ce livre est aussi plus triste, plus sombre puisqu’en commençant  d’emblée par le décès de Jacques et le deuil de Mehrlicht, perdant son plus vieil ami ;  il donne là un ton plus noir au récit. Va s’ensuivre une chasse à l’homme sanglante, avec un nombre de morts peu habituels pour cet auteur ! Le sombre lui va bien malgré tout, puisqu’il sait jongler entre humour, histoire et crimes… Lire ses livres est toujours un plaisir, plaisir de lire, de rire mais aussi d’apprendre… Jongler entre les genres Nicolas sait le faire et le fait bien ! Ces personnages ne nous lassent pas d’autant qu’il sait nous entrainer dans des lieux, histoire et trames totalement différentes. C’est un érudit ça se sent et il nous fait partager son plaisir sans nous lasser donc vivement le prochain opus Nicolas !

L’AVIS DE PIERRE MARC PANIGONI

Nous avons affaire ici au 3eme opus de Nicolas Lebel qui nous propose une nouvelle fois une aventure du capitaine grenouille, Mehrlicht le bien nommé.

Tout commence par l’enterrement de Jacques Morel, le meilleur ami de Mehrlicht. Ce dernier lui lègue tout, y compris des emm****s avec un diamant qui lui vaut une convocation à l’OCBC. En parallèle son équipe enquête sur une succession étrange de suicides/meurtres. Durant l’enquête il s’avère que les affaires se rejoignent.

Comme à son habitude, Nicolas Lebel nous propose un roman fort bien construit. Les qualités narratives sont encore présentes, et il ajoute même un brin de noirceur et de violence dans son récit auxquels il ne nous avait pas encore habitué… mais ceci qui ne gâche rien… loin de là.
Même si cet opus est le plus sombre des trois, l’humour et le second degré sont encore bien présents. Par exemple, les sonneries de téléphone humoristiques qui arrivent toujours au mauvais moment, ou alors les remarques percutantes de Mehtlicht . Je pourrais également parler des références à des auteurs français dans le texte, mais je vous laisserai chercher pour le coup…

Le récit est donc encore une fois bien construit, avec notamment une chasse au trésor sous forme de jeu de piste avec Charles Baudelaire comme personnage central. Ceci a généré un intérêt particulier chez moi, car le génie du spleen tient une place importante dans ma littérature classique. Se faire embarquer dans la recherche de la statuette africaine avec Baudelaire en toile de fond est une véritable invitation au voyage, sauf qu’avec Mehrlicht tous n’est pas ordre et beauté, tout comme ce n’est ni luxe, ni calme et encore moins volupté.

Au sujet de la course au trésor, et donc de la statuette du Gardien des Esprits, j’avais durant toute la lecture la vision d’un fétiche Arumbaya contenant des diamants et ayant une oreille cassée. Ceci m’a amusé, mais je dois voir des références qui n’en sont pas… Faudrait que mon esprit arrête de divaguer de temps en temps…

Pour finir, je dirais simplement que ce fut un petit bonheur de retrouver Mehrlicht et son équipe, de les voir galérer dans un contexte plus noir et violent que les précédents. En parlant des précédents, il s’agit ici d’un 3eme opus des aventures de cette équipe, mais celui-ci peut se lire indépendamment, même s’il est toujours préférable de lire des séries dans le bon ordre.

J’ai le sentiment que Nicolas Lebel est un auteur à suivre de près, car il nous propose toujours depuis 3 romans, des récits de très belles factures que je ne peux que vous conseiller

L’AVIS DE YANNICK P.

Bourré d’humour et de cynisme, Sans Pitié, Ni Remords de Nicolas Lebel est un thriller sous forme chasse au trésor dans un univers Baudelairien.

Partir sur un troisième opus quand on a oublié les deux autres aurait pu être casse-gueule. J’ai débuté les aventures du capitaine Mehrlicht par Sans pitié, ni remords. Le hasard fait bien les choses. Il peut se lire indépendamment des deux autres, ça tombe bien !

Passons rapidement sur l’intrigue. Mehrlicht, le flic vert à la face de grenouille et au pardessus hors d’âge, hérite au décès de son ami Jacques Morel, d’une enveloppe contenant un diamant brut. Il s’agit de l’un des yeux d’une statue africaine, le Gardien des Esprits. Une pièce « d’art premier », disparue MAOO lors de son déménagement. Merlicht prend un congé et son équipe se retrouve sous la coupe du capitaine Cuvier maître con, imbu et crétin notoire. Curieusement, une épidémie de suicide s’emballe. Les lieutenants Latour et Dossantos sont appelés sur la scène de l’apparent suicide d’un retraité et dans la foulée chez une femme qui, se sentant menacée, s’est défenestrée. Les deux « suicidés » ont un point commun. Ils travaillaient ensemble au MAOO. C’est le début d’une chasse au trésor. Mehrlicht se retrouve avec le capitaine Bénédict Kabongo sur le dos. Ce flic de la Police des Arts poursuit depuis 12 ans cette statue disparue. Moralité, exit les congés. Mado attendra Mehrlicht car la chasse au trésor commence. Et là le délice commence pour le lecteur.

Si les personnages sont marqués et se différencient chacun des autres. Certains ont hérité des opus précédents d’une histoire. La lieutenant Latour, seule femme de l’équipe calme sa situation amoureuse. Dossantos lui est toujours enchainé à ses anciens amis frontistes et Cuvier porte son incompétence. D’autres arrivent dans cet univers. Les méchants. Le corse qui revient des années après le vol et qui s’enfonce dans une folie plus que jamais meurtrière. Le russe, Vlad, assassin sans foi ni loi, éternel amoureux, regrette de passer sa vie à tuer quand il n’est pas enchainé par le corse par la drogue et des paroles mielleuses. Les personnages de Lebel sont précis et partagent tous une vision assez sombre, parfois désabusée, mais sont tous à fond dans leur rôle.

Reste maintenant à parler du roman. C’est bourré d’humour et de cynisme. Ça style fuse de traits d’esprits. La séquence des obsèques est fabuleuse. Le lecteur se bidonne. Mais c’est aussi pour Lebel l’occasion de poser une réflexion à travers les blagues racistes et pourries de la sonnerie de téléphone de Mehrlitch et sa manière de se défendre des accusations de racisme. Les situations sont désopilantes. Les acrostiches et hémistiches laissées par Morel sont un délice et l’occasion pour le lecteur de jouer et de les découvrir avant de tourner la page. La chasse au trésor dans l’univers Baudelairien est délicieuse. Et l’hommage de Lebel à ses camarades d’écriture, est un clin d’œil appréciable et dynamique.

Mais, cela ne doit pas nous faire oublier qu’il s’agit bien un thriller. Sans pitié, ni remords prend aussi une tournure très noire, tachée par de nombreuses scènes violentes. Les tueurs sont sans limite. La narration est précise, affûtée. Lebel maitrise le suspense et le dose savamment. Il jongle entre les genres. Le lecteur rit et frémit. Définitivement, Sans pitié, ni remords est un excellent livre. Il va falloir que je me rabatte sur les deux premiers opus.

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