Elsa Roch : Le baiser de l’ogre

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Elsa Roch donne une voix à ceux qu’on n’entend pas d’habitude ou que l’on refuse de regarder.
Un nouveau souffle à la fois doux et puissant dans l’univers du roman policier.
Sophie Peugnez, Librairie Brouillon de Culture, Caen

Elsa Roch : Le baiser de l'ogre
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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Ce flic n’affronte pas seulement le Mal.
Il combat les Ogres.

Paris, en pleine nuit. Amaury Marsac, chef de groupe à la Criminelle, découvre dans le hall d’un immeuble sa plus jeune équipière, Lise Brugguer, gisant entre la vie et la mort. Près d’elle, un cadavre d’homme à la tête explosée, mais pas d’arme.
Avant de sombrer dans l’inconscience, Brugguer lui révèle qu’elle a une fille de trois ans, qui est peut-être en danger, et que lui, Marsac, doit veiller sur elle.
Marsac est stupéfait d’apprendre l’existence de cette enfant. Et quand il la rencontre, petite fille muette aussi mystérieuse qu’attachante, la protéger devient son obsession. Mais pourquoi Brugguer était-elle dans ce hall ? Quelles étaient ses relations avec la victime, vermine criblée de dettes ? Et qui pourrait en vouloir à cette petite fille ?
Marsac va devoir démêler les faux-semblants et déterrer les secrets du passé de son équipière pour percer la vérité. Et vaincre l’Ogre…

Origine France
Éditions Calmann-Levy
Date 9 octobre 2019
Pages 306
ISBN 9782702165478
Prix 18,50 €

L’AVIS DE YANNICK P.

Retrouver Amaury Marsac, c’est prendre rendez-vous avec l’écriture d’Elsa Roch. Un bout d’auteur à la grande gentillesse, à l’image de ses romans, sereine et diabolique.

Ouvrir un de ses livres est pour moi la certitude de recouvrer un flot d’émotions. C’est une promesse délicate qui vient draper un roman noir. Je sais qu’elle va projeter ses images entre délicatesse et brutalité. Mais la dureté n’est jamais outrageuse. Ce qui corrompt ses personnages est toujours dans l’entre-deux. Nul besoin d’effusion de sang, chez Elsa pour traiter du pire. Comme quoi, on peut traiter de l’abominable, du minable voire de l’exécrable avec une certaine douceur, voire une once de poésie.

Quand Marsac vole au secours de sa nouvelle recrue Lise Brugguer, rien ne le prédestine à ce qu’il l’attend. Lise git au sol avec une balle dans le dos. Elle exhorte Marsac de prendre soin dans le plus grand secret de sa fille de 3 ans, Liv. Liv, cette petite fille aux yeux aurifères que Marsac surnomme affectueusement Miss Butterfly. Liv est différente. Pénétrer sa bulle n’est pas chose aisée. A tel point que sa mère n’a jamais dévoilé son existence à ses collègues. Pourtant, même Raimbault, le bras droit de Marsac ne peut que tomber sous le charme de Liv. Et moi, pauvre lecteur, je ne peux que souscrire à une tendresse obligée. Ce petit bout de personnage est lumineux et vient assurer un éclat dans l’antre de l’ogre.

Avec ce troisième roman après Ce qui se dit la nuit et Oublier nos promesses, Elsa pose ses mots sur la différence, les secrets de famille et les salauds ordinaires. Chaque roman d’Elsa est le fruit d’un subtil équilibre. Donc ne te trompe pas, lecteur, sous une écriture gracile, les salauds sont bien là. Ils figurent en bonne place dans ce roman qui fait la part belle à la violence psychologique. Des crévures ordinaires qui balayent tout sur leurs passages, l’enfance et l’amour. Elsa esquisse, l’homme derrière le flic. Avec un Marsac fragile à souhait, elle lui offre une vulnérabilité et un attachement qui mettent en valeur sa vigueur, sa virilité.

Le Baiser de L’Orge est un roman à l’image de son auteur, lumineux et grave à la fois.

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