Donato CARRISI : Malefico

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1903
Italie

Donato Carrisi utilise avec subtilité les codes de deux types de romans : le roman policier ésotérique et le thriller

INFOS ÉDITEUR

Donato CARRISI - Malefico
Malefico

Parution aux éditions Calmann-Lévy en septembre 2015

Parution aux éditions Livre de Poche en aout 2016

Traduit par Anaïs Bouteille-Bokobza

Marcus est un pénitencier. Un prêtre capable de déceler le mal enfoui en nous. Mais il ne peut pas toujours lui faire barrage. Sandra est enquêtrice photo pour la police. Elle photographie les scènes de crime. Et ferme parfois les yeux. Face à la psychose qui s’empare de Rome ils vont unir leurs talents pour traquer un monstre. Ses victimes : des couples. Une balle dans la nuque pour lui. Une longue séance de torture pour elle.

Quel et l’être maléfique qui ne tue que des jeunes amoureux ?

(Source : Calmann-Lévy – Pages : 448 – ISBN : 9782702157374 – Prix : 21,90 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

 Un homme qui n’a aucun souvenir de son passé. On lui a dit qu’il était un pénitencier. Il agit dans l’ombre pour le Vatican. Lorsque le Mal frappe et qu’il faut l’identifier. Marcus a cette capacité à le percevoir. Mais peut-il empêcher qu’il se répande et qu’il frappe encore ? On fait notamment appel à lui pour une sœur que l’on retrouve démembrée dans un bois de deux hectares au cœur du Vatican. Et même si leurs capacités d’investigations techniques sont très faibles, les autorités religieuses ne veulent pas faire appel à leur état voisin l’Italie. Les possibilités de résoudre ce meurtre abject sont minimes. Presque impossible.

Un jeune couple découvre ensemble les plaisirs de l’amour. Elle est prête à passer un cap important pour elle. Ils retirent leurs vêtements s’apprêtant à vivre un moment inoubliable pour eux,  dans une voiture isolée au bord d’un petit chemin tranquille. Quand ils découvrent avec stupeur que quelqu’un les observe devant le véhicule.

La police a vite été appelée sur les lieux du crime où il y a beaucoup de sang. Sandra qui est enquêtrice et qui photographie les scènes de crime a beaucoup de mal à se concentrer sur ces jeunes gens que l’on a arraché à la vie. L’information va fuiter, faire la une des médias et créer l’émoi dans toute la population. Les politiques poussent les forces de police à résoudre l’affaire au plus vite. Mais en même temps, certaines données ne sont pas transmises à tout le monde. La jeune femme a l’étrange sentiment d’être passée à côté d’un fait important. Stupeur, un des deux vit encore !

Le fait de ne pas avoir vu ça plus tôt va hanter Sandra qui a de plus en plus de mal à rester sereine. Elle est pourtant au cœur de l’enquête car elle a été intégré à une cellule spéciale qui doit démêler les fils de cette histoire au plus vite. Mais les couples romains deviennent la cible d’un prédateur très habile.

Le pénitencier suit des pistes parallèles. Une part de lui, le pousse à être « l’ange gardien » de la jeune enquêtrice. Et malgré leurs devoirs de discrétion, l’un et l’autre s’échangent des informations qui s’avéreront précieuses. Cette forme de complicité est précieuse pour le religieux qui se sent souvent seul car il n’a des contacts qu’avec Clemente, un autre pénitencier.

Enseignement à l’attention de Marcus. Extrait de la page 167 « -Quand tu observeras une scène de crime, une où aura été versé du sang innocent, tu ne pourras pas t’arrêter seulement sur le « qui » et sur le « pourquoi ». Tu devras imaginer l’auteur du crime dans le passé qui l’a amené jusque là, sans oublier ceux qui l’aiment ou l’ont aimé.  Tu devras te l’imaginer en train de rire ou de pleurer, quand il est heureux ou triste. Enfant, dans les bras de sa mère. Et adulte, tandis qu’il fait ses courses et prend le bus, pendant qu’il dort et qu’il mange. Et pendant qu’il aime. Parce qu’il n’y a pas d’homme, même le plus terrible, qui n’éprouve pas ce sentiment.

Marcus avait compris la leçon.

– Pour capturer un être mauvais, il faut comprendre comment il aime. »

C’est une ombre à la silhouette étrange qui semble avoir envahie les moindres « via » de Rome mais aussi les entrailles de la ville.

J’avais eu un énorme coup de cœur en découvrant « Le chuchoteur », j’ai les mêmes sensations en lisant « Malefico ». Il y a quelque chose de très particulier dans l’écriture de Donato Carrisi, c’est à la fois tellement riche et limpide. J’ai dévoré le roman en une journée devant le poser par moment pour des raisons familiales mais à aucun instant, je n’ai perdu le fil de l’intrigue. A chaque fois, même effet, j’étais aussi projetée dans les rues de Rome. C’est très visuel, il a l’art de décrire avec simplicité le décor, les œuvres d’art. Etant déjà été dans la Ville Eternelle, j’ai d’autant plus apprécié ce voyage. Je devrais même parler de Villes Eternelles car il y a deux lieux véritablement emblématiques : la ville de Rome mais également la Cité du Vatican. Car même si cette seconde est enclavée dans la première, elle a des règles de fonctionnement qui lui sont propres.

Donato Carrisi utilise avec subtilité les codes de deux types de romans : le roman policier ésotérique comme le « Da Vinci Code » de Dan Brown et le thriller comme Maxime Chattam. Il joue avec son lecteur, l’aiguille mentale de l’imaginaire oscille. Va-t-il nous emmener vers des aspects fantastiques ? Je ne vais pas vous  répondre, je vous laisse être piégé à votre tour. Une dimension psychologique très poussée, très travaillée et réaliste. J’insiste vraiment sur ce dernier mot, réaliste car c’est peut être ça un des ingrédients majeurs de cet auteur, ses textes sont très détaillées et tout semble possible dans la réalité. J’ai toujours l ‘impression de vivre ses textes (effet chair de poule garantie). Quelle imagination ! La construction de celui-ci m’a encore bluffée jusqu’au dénouement. L’émotion a toujours une place tellement importante. Et les leçons transmises au pénitencier sont aussi des éléments de réflexion ( rf au passage sur l’auteur de crime . Véritable outil pour construire une intrigue policière). Ce qui est d’autant plus appréciable, c’est qu’à la fin du roman, il y a une interview qui explique quels sont les éléments fictifs et les éléments réels.

Les deux protagonistes principaux Marcus le pénitencier et Sandra étaient également présents dans un précédent roman intitulé Le tribunal des âmes et chroniqué par notre chère Léa Delapierre. Je n’avais eu le temps de lire ce précédent opus mais cela ne m’a pas perturbé pour lire cette histoire. Donato Carrisi l’a construit de manière à ce que l’on puisse commencer également par ce récit. Il est clair que je vais essayer au plus vite de me plonger dans le précédent.

Il est dit qu’il est l’auteur italien le plus lu dans le monde. Il le mérite car chacun de ses textes est un moment de bonheur et de frissons assuré.


L’AVIS DE LEA D.

Après avoir lu et adoré Le Tribunal des âmes, je ne pouvais pas rater Malefico, où nous retrouvons Marcus et Sandra !

Après les événements qui se sont déroulés dans Le Tribunal des âmes, Marcus et Sandra se sont séparés, et pensaient ne plus jamais se revoir. Mais il n’en fallait pas beaucoup pour les faire de nouveau basculer. Marcus, toujours pénitencier, est un profiler de l’Eglise. Il arrive à comprendre et à traquer le Mal, c’est pour cela qu’on fait appel à lui pour le meurtre d’une religieuse, démembrée en plein centre du Vatican. Sandra, de son côté, est toujours photographe de scène de crime. Le dernier meurtre en date est celui d’un couple d’amoureux. Le jeune homme a été simplement abattu de sang-froid, tandis que la jeune fille a été plus torturée. Marcus se souvient de Sandra, et n’arrive pas à l’oublier. Alors il va s’intéresser à son enquête, et va proposer son œil unique pour résoudre cette affaire. Deux personnalités différentes, mais qui ont en commun cette faculté à sortir des sentiers battus et à comprendre le Mal sous un autre angle. Ils vont traquer ensemble le Monstre de Rome, sachant que ce n’est que partie remise avant qu’il ne tue encore…

Malefico est une nouvelle histoire à couper le souffle. Donato Carrisi est décidément l’un des auteurs de thrillers que je préfère, pour ses histoires tordues, prenantes, pour sa description de son pays, et plus particulièrement de Rome, mais aussi pour ses personnages. Nos deux personnages, Marcus et Sandra, ont bien évolués. Certes, Marcus est toujours amnésique, torturé, mais il a réussi malgré tout à acquérir plus de sérénité, plus de confiance en lui. Mais Sandra est celle qui a le plus changée. Bien sûr la mort de son mari va toujours peser lourd sur elle, mais elle a réussi à avancer, à nouer d’autres relations, et à ressortir plus équilibrée de ce drame.

Les révélations et les rebondissements s’enchaînent tambour battant, et on n’a pas le temps de s’ennuyer ! Malefico frappe encore plus fort que le précédent, et j’ai été conquise ! Les apparences sont trompeuses, on ne sait jamais à quoi s’attendre, mais je vous le dis : Donato Carrisi est une valeur sûre, à lire absolument !

A quand le prochain roman ?


L’AVIS DE MURIEL LEROY

Ce livre a été une grande découverte pour moi cette année et un très gros coup de cœur dans la lignée des précédents opus de Donato Carrisi

On retrouve ici les personnages du Tribunal des âmes dans une histoire encore plus dense et plus prenante. Malgré mon avis très tranché sur la quête du bien et du mal, il y a là une certaine logique, religieuse certes, qui reste intéressante…

Cette quête mystique est d’autant plus réaliste qu’elle est représentée par un émissaire de l’Eglise du Vatican, un pénitencier, homme sans passé et sans histoire, totalement amnésique, qui finit par se lier avec une femme flic. Ensemble ils partent en quête d’un tueur et cherchent ses motivations. Recherches qui vont par ailleurs se compliquer au fur et à mesure. Dans l’ombre, des hommes oeuvrent pour le bien et d’autres pour le Mal, mais est-ce aussi évident ?  Voilà à quoi vont se heurter les protagonistes du récit !

Dur pour moi de remettre en question la trame de l’histoire, les faits historiques religieux n’y connaissant rien en Religion et encore moins sur les secrets du Vatican. Je me garderais donc bien d’émettre un jugement.

En revanche, le récit va crescendo, sans temps mort et au fur et à mesure des secrets encore plus sombres apparaissent montrant à quel point l’âme humaine peut être très noire, celle-ci bien sûr restant lié souvent au passé de l’individu, tout en demeurant néanmoins une énigme pour les héros du récit. En effet les hommes de l’ombre sont tout à la fois blanc et noir, n’hésitant pas à franchir les limites pour prouver l’existence du Diable, que la Religion chrétienne est la seule à réfuter. L’être humain est beaucoup plus enclin à croire en Dieu et au Paradis mais rejette son pendant. Nul n’est censé ignoré que l’on parle beaucoup de Dieu, mais pas de l’enfer, or l’âme humaine est duale. Le bien n’existe que parce que le mal existe aussi, donc pourquoi admet on l’un tout en niant l’autre ? Sans doute parce qu’il est aussi plus simple de ne pas admettre que chacun porte les deux en soi… Voici le fil conducteur du roman et donc ce qui  le rend d’autant plus intéressant !

C’est ce que cherchent à mettre en exergue les 2 protagonistes, la psychologie est bonne et l’intrigue parfaite ! Quant à l’écrit il est aussi très bien construit.

J’ai été totalement conquise par le livre et  pour moi ce 4ème opus est une réussite totale que je ne peux que conseiller ! Si vous ne l’avez pas lu ou que vous ne connaissez pas Donato Carrisi n’hésitez pas une seconde et courez l’acheter

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