Denis ZOTT : La dame blanche

Denis ZOTT - La dame blanche

Présentation Éditeur

La Dame blanche. Fragile, fugitive et menacée. À moins qu’elle ne cache son jeu.
Et que la vraie menace, ce ne soit elle.

Elle ne devait jamais sortir. Dehors est un monde hostile, un danger permanent. Mais nul ne sait comment elle peut réagir.

Un étrange manoir dans l’Yonne qui abrite un terrible secret. Une recluse blonde au visage de geisha dont l’existence n’est connue que d’une poignée de personnes.

Lorsque, une nuit, un mystérieux commanditaire la fait enlever, rien ne se passe comme prévu.
Un accident à quelques kilomètres du point où elle doit être livrée, à Puech Begoù dans le Tarn, et c’est la fuite. Traquée par les chasseurs et les chiens de l’impitoyable Baron, le maire du village. Recherchée par les Renard, les ennemis jurés de Baron. La Dame blanche est livrée à elle-même alors que la contrée est cernée et que la famille de la jeune femme convoque des moyens d’envergure pour la retrouver.

Césaire, le domestique de Germaine Renard, craint qu’un vent mauvais ne souffle dans cette campagne tourmentée. Ce sera bien pire que ça. Personne dans la contrée n’oubliera jamais la Dame blanche.

Origine Flag-FRANCE
Éditions Hugo Poche
Date 6 janvier 2022
Pages 443
ISBN 9782755693836
Prix 8,50 €

L'avis de Cathie L.

La Dame Blanche a été publié par les éditions Hugo Thriller en 2022. Le style de l’auteur, taillé à la serpe : « Virage serré. Un sentier de terre cahoteux, invisible depuis la route. La forêt absorba le véhicule dans ses entrailles. Dans le coffre, le matériel brinquebalait. » (Page 18)… « Johnny pressa le pas. Hâte d’en sortir. Sa respiration saccadée, le souffle haletant du Chauve dans sa nuque. Un ballet d’odeurs, de fragrances capiteuses et inconnues. Asphyxiant. » (Page 22)…

…utilise les sonorités des mots pour restituer la tension psychologique qui anime le roman :

« La voix stridente de la vieille traverse les cloisons, traverse le crâne de Césaire. Toc, toc. Un son métallique. L’instrument de torture que la vieille tient entre les mains cogne contre la porte. Les coups de tête de l’ours en cage ébranlent le cagibi. Dans le trou à la place du loquet se glissent deux doigts rachitiques. » (Page 12)…

« Il arriva dans la cour, essoré de sueur. Le vent s’était levé et lui glaçait les os. Il marcha, voûté, tête baissée. S’arrêta devant le Tube. S’appuya contre la carrosserie. A bout de souffle. Epuisé par trop d’émotions. Il devait se décider, maintenant. » (Page 141).

Construction : le roman se découpe en trois parties ; les chapitres courts, dont certains indiquent le lieu et l’heure, s’enchaînent à une cadence qui ne laisse au lecteur aucun répit, emporté dans ce tourbillon d’angoisse qui monte crescendo.

Une mission en apparence très simple. Sans difficultés insurmontables. Enlever une jeune femme et la conduire dans un endroit précis: un village du Tarn nommé Puech Begoù. Un trou paumé. Johnny et trois de ses anciens acolytes de prison seront bien rémunérés. De quoi changer de vie. Enfin si tout se déroule bien.

Mais voilà. Rien ne se passe comme prévu. Pourquoi le vigile a débranché l’alarme à leur arrivée avant de se suicider ? Pourquoi des photophores balisaient le chemin, comme si tout était prévu pour que tout se déroule selon leur plan ? Qui a prévenu la jeune femme qu’ils allaient venir et l’emmener ? Et qui est ce Gari dont elle ne cesse de leur rebattre les oreilles ? Puis c’est l’accident. Deux morts. Un blessé grave. L’otage en fuite.

Baron n’est plus le même depuis la mort de son fils unique. Il veut vendre toutes ses propriétés et quitter sa terre natale pour prendre sa retraite. Et élever son petit-fils. Son unique héritier.

Mais convaincu que la femme en blanc est responsable de l’accident qui a gravement blessé son petit-fils, il organise une battue. Tous les hommes du canton tremblant à l’évocation du nom de Baron, auquel ils doivent presque tous leur job ou de petits avantages, répondent présent. Impossible qu’elle leur échappe. Traquée par ses hommes, recherchée par la famille Renard, ennemis jurés de Baron, tandis que sa propre famille déploie de gros moyens pour la retrouver, la fugitive trouve refuge auprès de Césaire, « l’esclave » de la mère Renard.

C’est certain, un vent mauvais, porteur de malheur et de destruction, souffle sur la campagne de Puech Begoù…

Du rythme, des rebondissements, des personnages hauts en couleur, des portraits brossés à l’emporte-pièce, bien dans le ton de ce thriller au rythme effréné, une façon particulière de décrire les paysages, comme s’ils étaient incrustés dans la violence des événements, une ambiance qui rappelle les péripéties de la famille Duke de la fameuse série « Shérif fais-moi peur » aux prises avec la loi. Un roman plaisant qui se dévore en une nuit d’insomnie.

L'avis de Stanislas PETROSKY

Ce thriller est un peu plus qu’un livre, c’est addictif comme une série Netflix. Zott a su créer des personnages et des ambiances à la limite de la caricature, il est sur le fil du rasoir. C’est ce côté borderline qui rend ce polar addictif. Tu arrives en fin de chapitre, et tu te dis, mais non, voyons, ce n’est pas possible, on ne peut pas faire ça ! Et bing ! Zott le fait, sans franchir la frontière, du coup tu fais quoi ? Ben tu enquilles un autre chapitre et ainsi de suite…

Ce qui fait qu’en deux temps, trois mouvements, tu as plié le roman.

L’histoire est un joyeux bordel où l’auteur a dû en voir des vertes et des pas mures pour brancher tous les fils ensemble et créer la connexion, chapeau l’artiste !

Si quand on te cause de vieille dame au caractère bien trempé, tu penses à Mémé Cornemuse ou Mamie Luger, laisse tomber, elles, se sont des princesses, des gentilles grands-mères par rapport à la vieille Renard.

Bref, La dame blanche est un bouquin sous amphet, qui ne te laisse pas une seconde de répit, où tu ne cherches pas à comprendre si c’est possible, tu n’as pas le temps, tu es sans cesse dans l’action.

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Stanislas PETROSKY
Après avoir passé 30 ans à préserver les corps des défunts, Stanislas Petrosky est aujourd'hui enseignant en thanatopraxie dans un centre de formation spécialisé. Auteur de nombreux ouvrages, il débute aujourd'hui une série autour de l'une de ses passions, l'anthropologie criminel et ses fondateurs. Prenant pour base de véritables affaires traitée par le professeur Alexandre Lacassagne, Stanislas Petrosky plonge avec érudition dans ce monde si particulier qu'est le monde du crime au tournant du XIXe siècle.

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