Christos MARKOGIANNAKIS : Au cinquième étage de la faculté de droit

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Christos MARKOGIANNAKIS - Au 5 etage de la faculte de droit
Au cinquième étage de la faculté de droit

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie, découvre le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… avant d’être tué à son tour.

Chargé d’enquêter sur ce double meurtre, Christophoros Markou, jeune capitaine fraîchement diplômé, entre dans l’univers secret de l’Université : un effrayant dédale où s’entrelacent ambitions professionnelles, compromissions, lâchetés et vanités.
Markou trouvera-t-il la lumière ?

Puisant dans sa propre expérience, Christos Markogiannakis, diplômé de criminologie et de droit, auteur d’un essai remarqué, Scènes de crime au Louvre, signe un brillant premier polar qui dévoile la personnalité atypique du capitaine Markou, empêcheur de tourner en rond dans une Grèce au bord du chaos.

Origine
Éditions Albin Michel
Date 28 mars 2018
Éditions Le Livre de Poche
Date 26 février 2020
Traduction Anne-Laure Brisac
Pages 288
ISBN 9782253241546
Prix 7,70

L’AVIS DE LAURENT FABRE

Au 5ème étage de la faculté de droit de Christos Markogiannakis est un polar brillant, glaçant et captivant !!!

Que s’est-il passé un soir de février au cinquième étage de la faculté de droit d’Athènes ?

Pour cet ancien étudiant devenu capitaine de la police, Christophoros Markou, il ne fait aucun doute que le double meurtre qui vient d’être perpétré ne peut être l’oeuvre d’un crime d’un rôdeur.

Dans cette forteresse protégée des regards du reste du monde, c’est le choc et la stupéfaction la plus totale.

Qui peut bien avoir commis l’impensable et qui plus est, à la section de criminologie ?

Tout le monde est un suspect potentiel et pour l’enquêteur, quoi de plus de difficile que de démêler le vrai du faux parmi les esprits les plus brillants ou en passe de l’être dans cette branche ?

Il sera loin au bout de ses surprises …

Déjà auteur d’un essai remarqué par la critique sur la représentation du crime à travers les tableaux exposés au Musée du Louvre avec Scènes de crime au Louvre (éditions Le Passage), Christos Markogiannakis fait sa première incursion dans l’univers du roman policier avec Au 5ème étage de la faculté de droit.

La France est sa deuxième terre d’accueil après avoir suivi des études de droit et de criminologie à Athènes et … Paris.

Je remercie les éditions Albin Michel pour m’avoir permis cette découverte.

Un roman qui prend racine au coeur de la capitale de la Grèce et plus précisement dans les couloirs d’une université. Cet univers fermé et régi par des règles strictes et séculaires, l’auteur sait de quoi il retourne et à travers son personnage principal, vous allez vivre une véritable enquête policière.

Très rapidement, j’ai été embarqué dans cette intrigue par l’écriture maîtrisée et fine, une analyse passionnante sur les us et coutumes, sur ses représentants qui semblent de prime abord au-dessus de tout soupçon, le ton peut paraître procédurier une bonne partie du roman, le personnage principal donne le tempo, sa science rompue lui permet d’entrevoir de nombreuses pistes, une fois n’est pas coutume par-rapport à d’autres polars, l’enquête est menée en solo.

Pourtant, l’évidence s’impose, sa parfaite connaissance des lieux puisqu’il en est un « ancien » et du corps de la faculté, le sentiment qu’il a ses tickets d’entrée et que la progression suit un cheminement logique et précis, on a le sentiment qu’il est omniscient, les uns après les autres, tous les personnages susceptibles d’avoir connu les deux victimes sont passés au crible, couche après couche, étape par étape, les interrogatoires s’enchaînent, le passé des uns et des autres se dévoilent, les petits détails, les insignifiants indices, des pistes froides, des difficultés pour trouver le révélateur, le tournant dans toutes investigation, l’eureka! qui pourra définitivement clore le chapitre, le fameux mobile.

Si vous avez le pourquoi, vous trouvez le qui ?

Il y a quelques chose de pourri au Danemark, une allusion pour comprendre à quel point les apparences sont souvent trompeuses, derrière la paroi lisse et impertubable des élites, le mensonge et la trahison sont des choses courantes, l’existence dévolue au travail, un microcosme total pour une existence en vase clos, dans ces dédales labyrinthiques, dans cette ambiance froide et studieuse, dans cette grandeur architecturale et sombre, la lumière peine à se faire une place, l’auteur décrit une situation au bord du gouffre, personne n’a oublié la crise économique majeure qui a frappé le pays, personne n’a été épargné, la corruption généralisée, les détournements de fonds qui n’ont fait que plonger le pays dans un précipice dont il peine encore aujourd’hui à s’en remettre, le moral du pays est en berne, la vie doit continuer mais à quel prix …

Dans ce roman policier au titre pertinent, la géographie des lieux est un espace insondable qui baigne dans une atmosphère flirtant souvent avec l’obscurité, cette opacité de ses occupants à vouloir tirer leur épingle du jeu par tous les moyens, occulter toute implication de près ou de loin, ne pas jeter de l’huile sur le feu, la retenue, la psychologie comportementale est un délice de lecture pour pénétrer au plus profond de la psyché des personnages, l’auteur prend un réel plaisir à dissséquer les âmes humaines, à coup de scalpel et de microscope comparé, personne ne sera préservée ni trouvera son salut sans coup ni férir.

A qui profite le crime ?

Ce qui aurait pu donner lieu à un énième polar, des crimes, une enquête, un coupable, l’alternance du passé et du présent, une narration à la troisième personne, une enquête longue et minutieuse, une peinture instructive et passionnante des pendants qui jouxtent et habitent cette micro société avec ses turpitudes et autres actions déloyales, tout n’est pas rose dans l’enseignement des futurs élites du pays, l’histoire va prendre une tournure radicale dont je vais bien me garder d’en révéler la moindre étincelle, ce genre de retournement vaut à lui seul que cette lecture serait un grand moment, un spectacle digne des meilleures tragédies grecques, du Shakespeare, du drame humain, de surprenants virages, les masques tomberont, les actes révélés au grand jour, j’ai pensé à un film japonais avec cette fin redoutable et d’une grande précision, impressionnant mise en abîme de la vérité, de l’envers du décor, des coups bas et tordus qui gangrènent les rapports, tous les acteurs semblent sortir d’une pièce de théâtre dans laquelle aurait pu se jouer une variante du Cluedo, des Dix petits nègres d’Agatha Christie, tous coupables, tous innocents, j’ai vraiment été ébloui par l’ingéniosité et la virtuosité de l’auteur à avoir réussi ce tour de force, pourtant par le premier du genre, un tour de passe-passe magique qui m’a littéralement suspendu aux mots, aux révélations qui allaient se succéder au fil des dernières pages.

Des problématiques évoquées en amont et qui seront le fil de l’alliance qui règne dans ces lieux saturés de poussière, la pénombre est un indicateur, les couloirs, les escaliers sont autant de dénominateurs communs pour des rencontres, des conversations étouffées et secrètes, des pas feutrés, des chuchotements, des parangons de la vertu, des messes basses, des moi m’as-tu, des excentriques, des personnages énigmatiques et fourbes, des méandres du cerveau les plus brillants jaillisent les plus plans les plus machiavéliques, une intrigue au couteau (sans jeu de mots), ciselé comme l’art d’effleurer et toucher la personnification du crime … parfait.

Un premier roman policier prometteur pour la suite de la carrière d’auteur de Christos Markogiannakis, cette audace de vouloir bousculer les codes du genre, de se faire sa propre idée de la mise en perspective d’une enquête de crime de sang, une théatralisation sublime du dénouement, rien que pour cette partie, je vais qualifier cette brillante intrigue policière d’un des meilleurs lus ces derniers mois, l’égal des meilleurs du genre, une relecture pour savourer encore plus la première partie au vu de connaître déjà alors les tenants et aboutissants, histoire de mieux encore se délecter du mécanisme implacable mis à l’oeuvre, un de ces rouages pernicieux qui se fait gestation avant de prendre son envol dans la réalité.

Amateur d’Hercule Poirot, de Sherlock Holmes, d’Agatha Christie, de ces intrigues à tiroir et sortant des sentiers battus, je vous recommande cette découverte d’une nouvelle voix dans le paysage du polar européen, il est grec, il connaît la France et Paris, il parle le français pour l’avoir vu en vidéo dans des interventions lors de la sortie de son premier livre, pour cet ancien avocat pénaliste, sa carrière d’écrivain ne fait que commencer et fait déjà parti des auteurs à suivre assurément de très près.

Christos Markogiannakis signe un premier roman policier épatant et surprenant, atypique et original, la couverture du livre invite le lecteur à embarquer dans un univers sombre mais réaliste, « que la lumière soit et la lumière fut ».

L’AVIS DE LEA D.

Un roman et un auteur découvert au Bloody Fleury, édition 2020 !

Faculté de droit d’Athènes, section de criminologie. Anghélos Kondylis, doctorant en criminologie fait une macabre découverte : le corps sans vie de la professeure Irini Siomou… Pour être tué également, juste après !

Pour enquêter sur ce double meurtre, c’est Christophoros Markou, jeune capitaine, qui est envoyé pour mener l’enquête. Mais en plus de résoudre ces meurtres, Christophoros plonge également dans l’intrigue, les complots et les conspirations de l’université. Pièges et faux-semblants sont au rendez-vous !

Je ne connaissais pas Christos Markogiannakis avant de le découvrir à Bloody Fleury, mais je suis maintenant très curieuse de découvrir ses ouvrages précédents (Scènes de crime à Orsay et Scènes de crime au Louvre), mais aussi de découvrir la deuxième enquête de Christophoros Markou, qui devrait arriver début mars.

Pour ce qui est de Au 5e étage de la faculté de droit, on ressent vraiment toute l’expérience de Christos Markogiannakis, et des études en droit et en criminologie qu’il a mené, tout comme son expérience de la vie universitaire. Que ce soit l’enquête parfaitement menée et décrite, ou cette guerre entre profs et maîtres de conférences, tout sonne juste ! Ainsi, même la description de la faculté, et de ce 5ème étage aux lumières vacillantes est parfaitement rendue, j’avais l’impression d’y être, et cela faisait parfaitement écho à ma brève expérience sur les bancs de la fac, même si j’étais à la Fac de Caen et en Lettres Modernes. L’ambiance est tendue, électrique, et le huit-clos ne fait que rendre le pression plus étouffante et pesante. On suit le quotidien d’une enquête, j’apprécie de voir les côtés « réalistes », tel la pression ressentie par un capitaine, le fait qu’il soit nouveau et doive faire ses preuves, mais aussi par la pression qu’il reçoive pour boucler l’enquête au plus vite, le fait de ne pas forcément avoir toutes les réponses ou finir l’esprit totalement satisfait, de le voir attendre pour certains détails (on ne reçoit pas des échanges téléphoniques ou des papiers similaires dans la minute par exemple !).

Au 5e étage de la faculté de droit est donc une excellente lecture, et je recommande vivement !

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