Victor DEL ARBOL : La Tristesse du samouraï

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espagne

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Actes Sud / Actes Noir en janvier 2012

Parution aux éditions Babel Noir en janvier 2013

Traduit par Claude BLETON

Comme souvent au début des histoires il y a une femme sur un quai de gare au petit matin.

Mise élégante, talons hauts, gants de cuir, elle dénote parmi des passagers apeurés qui n’osent croire que la guerre est finie. Isabel fait partie du clan des vainqueurs et n’a rien à redouter de ces phalangistes arrogants qui arpentent la gare de Mérida en ce rude hiver 1941. Elle presse la main de son plus jeune fils et écrit à l’aîné, qu’elle s’apprête à abandonner, les raisons de sa fuite. Le train de 4 heures en direction de Lisbonne partira sans elle.

L’enfant rentrera seul chez son père, appâté par le sabre de samouraï de ses rêves qu’un homme vient de lui promettre. Isabel disparaît pour toujours. Quarante ans plus tard une autre femme a commis un meurtre et doit comparaître devant la justice des hommes mais pour cette brillante avocate, cela n’a guère d’importance. Elle est atteinte d’une tumeur cérébrale et c’est à sa mémoire qu’elle doit des comptes.

Au cours d’un procès mémorable, quelque temps auparavant, elle a réussi à faire condamner un policier véreux, ouvrant sans le savoir la boîte de Pandore. Elle a été manipulée en raison d’une tragédie ancienne dont elle ignore tout. Les rejetons d’une famille maudite cherchent à lui faire payer quatre décennies de vengeance et de haine. Des premières années de l’après-guerre à la tentative de coup d’état de février 1981, après un détour par les steppes de Stalingrad, la saga familiale est lourde de complots, d’enlèvements, de trahisons.

Sous un léger vernis de démocrates, les ex-phalangistes continuent de tirer les ficelles. Les personnages et les situations se répondent, marquant trois générations au fer rouge. Les carences affectives ont transformé les enfants en psychopathes, les victimes en bourreaux, le code d’honneur des samouraïs en un effroyable massacre. Et quelqu’un doit laver le péché originel. La Tristesse du samouraï est un étonnant roman policier qui se joue à merveille de l’opacité d’un contexte historique et un intense thriller psychologique qui mène les personnages aux limites de leurs forces pour sauver l’honneur de la lignée.

Enorme succès en Espagne, il est en cours de traduction dans plusieurs langues.

(Source : Actes Sud – Pages : 352 – ISBN : 9782330002251 – Prix : 22,50 €)

L’AVIS DE CATHERINE

J’aime les auteurs espagnols. Une fois encore je craque! Un polar oui .. mais aussi un roman…

Complots, torture, enlèvements, violence contre les femmes, silences, enquête et ambition politique… tout est là. Magistral !

Un crime qui gangrène 3 générations. Des années 40 aux années 80. Une tragédie, une enquête.

Un livre pas toujours facile à suivre car les cheminements des vies et les retours en arrière se croisent. Des êtres fracassés, les vies des parents conditionnent les enfants qui se vengent et cherchent à comprendre… Sommes nous responsables des actes de nos parents ? Devons nous en porter le poids ? Est il possible d’en réchapper ? Parfois on se demande comment les vies s’imbriquent mais petit à petit on comprend comment les destins des protagonistes se mêlent. Les victimes sont les coupables, les coupables les victimes.

C’est un livre qui parle des disparus de la guerre civile et de la dictature, de la haine, de la dissimulation. C’est un roman qui bien sûr est pénible par moments car certains passages sont violents, mais autant en violence intérieure que physique. Il est poignant, effrayant parfois de violence contenue ou exprimée. Mais à aucun moment « sanglant » pour faire du sensationnalisme. C’est une étude sur les traces que le passé peut laisser dans le caractère des enfants, les jeunes qui se sentent responsables des actes des générations passées.

Le livre n’est pas « gratuit »; il appuie sur des faits historiques et de société. De plus il est extrêmement bien construit.

Un roman fort, impitoyable et la langue est belle, ce qui ne gâche rien!

Catherine – Lectrice passionnée

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Un roman noir mais aussi d’amour sur fond de Franquisme

En 1941, dans l’Espagne de l’après-guerre, Isabel, une femme sublime mariée à un homme important, disparaît laissant derrière deux orphelins. Mais qui est-elle ? Quel était ses idéaux politiques ?

Des années plus tard, Maria une avocate à la vie personnelle très compliquée, vient d’envoyer un inspecteur en prison coupable de bavure policière. Et si finalement elle avait fait le mauvais choix ? Qui sont les victimes ? Qui sont les bourreaux ? En creusant certaines pistes, elle va faire resurgir des héritages familiaux pesants.

Peut-on s’affranchir du passé de nos parents ou doit-on payer les pots cassés ?

Un thriller psychologique tel un arbre généalogique (on y découvre le portrait de trois familles sur plusieurs générations) qui m’a donné envie de découvrir davantage l’Histoire de l’Espagne. Un livre bouleversant, une très belle découverte !

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1 COMMENTAIRE

  1. Merci pour vos deux avis ! Un livre qui serait intéressant à lire, si on a lu le dernier Prix Goncourt (qui parle aussi de la préparation de la dictature à venir à Espagne)

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