Stanislas PETROSKY : Ils étaient vingt et cent…

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Présentation Éditeur

Gunther, jeune allemand opposé au régime nazi, excelle dans l’art du dessin.

Il se retrouve promu illustrateur officiel du camp de Ravensbrück, son œil d’artiste interprète la vie et surtout la mort.

L’histoire d’un homme qui a vu la construction et la libération du plus grand camp d’extermination de femmes du IIIème Reich, un homme qui a vécu des deux côtés des barbelés.

Origine Flag-FRANCE
Éditions French Pulp
Date 29 octobre 2019
Éditions Evidence
Date mai 2021
Pages 240
ISBN
Prix 18,00 €

L'avis de Clémence

« Ils étaient vingt et cent, ils étaient des milliers,
Nus et maigres, tremblants, dans ces wagons plombés,
Qui déchiraient la nuit de leurs ongles battants,
Ils étaient des milliers, ils étaient vingt et cent.
Ils se croyaient des hommes, n’étaient plus que des nombres:
Depuis longtemps leurs dés avaient été jetés.
Dès que la main retombe il ne reste qu’une ombre,
Ils ne devaient jamais plus revoir un été »  Jean Ferrat

Tout d’abord, il me parait essentiel de parler de l’auteur, Stanislas Petrosky. Habitué aux polars humoristiques, j’avais jeté l’éponge n’adhérant pas au style. Et puis, la maison d’édition m’a gentiment proposé de lire le petit dernier. La thématique m’a fait accepter et heureusement.

L’histoire commence par l’anniversaire de Gunther, qui fête ses 99 ans dans sa maison de retraite. Gunther, qui va nous compter sa vie, un peu comme s’il s’agissait de son journal intime. Et sa vie ne fut pas une partie de plaisir puisqu’il fut embauché très jeune par les allemands pour construire ce qu’il pensait être un camp de travail.
Malheureusement, comme beaucoup d’autres, il ira de désillusions en désillusions.

Gunther se retrouvera embarqué dans un combat qu’il n’a pas choisi de mener. Il n’est pas réellement un nazi. Il est réfractaire à cette idéologie mais ne parvient pas à s’y opposer. On ne peut pas franchement le détester. Il deviendra même au fil des pages, très attachant.

De la construction à la libération du camp, Gunther nous dévoilera tous ses abominables secrets puisqu’il s’agit bien d’un camp de concentration, le camp de Ravensbrück.

Gunther va être repéré pour ses talents d’illustrateur et va devenir celui qui sera forcé de dessiner les pires horreurs. Mais très vite, ce que certains considèreraient comme de la lâcheté, va devenir une trace indélébile des crimes perpétrés. Cette tâche d’observer et de retranscrire les scènes de tortures sera une obsession pour Gunther qui ne pensera qu’au témoignage qu’il laissera pour que tous paient les atrocités commises .

La vie dans un camp de concentration majoritairement féminin est ici remarquablement retranscrite. Il existe multiples ouvrages sur le sujet mais celui-ci aborde un côté original avec cet artiste de la mort si je puis dire.

Ayant moi-même pu visiter le camp de Auschwitz, j’ai ressenti les mêmes émotions intenses à la lecture de ce roman. Ce n’est pas malsain ou gore, il s’agit juste d’un devoir de mémoire indispensable à mon sens.

Poignant, déstabilisant, profondément marquant, ce roman restera dans mon cœur de lectrice.

Pour ne jamais oublier…

« N’oubliez jamais que la bête n’est pas morte, elle dort, son sommeil n’est pas si profond… Prenez garde à ce que personne ne la réveille… »

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“La lecture agrandit l'âme, et un ami éclairé la console.” (Voltaire)

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