Sophie JOMAIN : Quand la Nuit devient jour

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Pas de tueur en série, de violeur, de slasher, de zombie, non la seule violence qui soit dans ce magnifique livre c’est celle de cette adorable Camille contre elle-même…

INFOS ÉDITEUR

Quand la Nuit devient jour - sophie jomain
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Parution aux éditions Pygmalion en avril 2016

« On m a demandé un jour de définir ma douleur. Je sais dire ce que je ressens lorsque je m enfonce une épine dans le pied, décrire l échauffement d une brûlure, parler des n uds dans mon estomac quand j ai trop mangé, de l élancement lancinant d une carie, mais je suis incapable d expliquer ce qui me ronge de l intérieur et qui me fait mal au-delà de toute souffrance que je connais déjà.
La dépression.
Ma faiblesse.
Le combat que je mène contre moi-même est sans fin, et personne n est en mesure de m aider. Dieu, la science, la médecine, même l amour des miens a échoué. Ils m ont perdue. Sans doute depuis le début.
J ai vingt-neuf ans, je m appelle Camille, je suis franco-belge, et je vais mourir dans trois mois.
Le 6 avril 2016.
Par euthanasie volontaire assistée. »

(Source : Pygmalion – Pages : 224 – ISBN : 9782756419176 – Prix : 16,00 €)

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Il y a quelques mois, Sophie me passe un coup de fil, elle désire des renseignements sur les contrats obsèques et le dépôt de volontés, histoire qu’elle soit respectées lors du décès. Pour un livre en cours d’écriture.

Il va de soi que curieux comme je suis, je pose des questions sur ce manuscrit, et là elle me lâche : l’euthanasie volontaire assistée… Un nom barbare pour accompagner ceux qui veulent mourir. Interdit en France, mais légal en Belgique.

Un sujet casse-gueule comme l’on dit, causer de la mort, en plus sur un sujet qui divise. Nous avons tous déjà entendu parler de ces débats pour ou contre, d’ailleurs nous avons tous une idée, souvent bien tranchée sur le sujet. Faut avoir une grosse paire de … stylos pour écrire ce genre de livre.

Et là, si tu as bien noté, je suis curieux, donc il me vient une question, comme ça :

—  Et ta nana qui veut mourir, elle souffre de quoi ? Cancer ? Tétraplégie ? Maladie rare et incurable ?
— Non, non, mal dans peau, si mal que sa vie est devenue souffrance, calvaire, que la seule issue possible, c’est de mourir. Le seul soulagement envisageable c’est de mourir.

Là, je me tais, je réponds à côté. J’ai toujours lu qu’il ne fallait pas vexer ou foutre en colère les fous, ils peuvent entrer dans des crises de démence et de violence, donc je ferme ma gueule.

Puis j’ai reçu le livre de mon amie avec une jolie dédicace, alors la moindre des politesses c’est de le lire.

Sophie nous immerge dans la vie de Camille, mieux, nous prenons possession de son son corps, nous comprenons sa douleur. On assimile d’un coup comme ça, comment une gamine mal dans sa peau, à cause de cons, d’accidents de la vie, va sombrer dans la plus noire des mélancolies, comment elle va arriver à se haïr.

On va suivre Camille, nous allons comprendre son choix, et c’est là tout le talent de Sophie, on comprend ce choix, mais on ne l’accepte pas. Une part de nous se dit que oui, bien sûr que cette souffrance n’est plus supportable pour elle, que si c’est la seule issue envisageable…

Mais d’un autre côté, on se dit bordel, elle marche, elle court, elle baise, elle vit ! Pas de tumeur maline qui la ronge, non ce sont justes ses idées noires qui la bouffe de l’intérieur, elle peut s’en sortir ! Puis on se rend compte que si l’on raisonne de telle sorte, ce n’est pas par manque de compréhension, ni par croyance, encore moins parce que l’on aurait les capacités si l’on était à la place de Camille de s’en sortir. Non, notre révolte nait de notre incapacité à pouvoir l’aider, à la faire s’aimer.

Pas de tueur en série, de violeur, de slasher, de zombie, non la seule violence qui soit dans ce magnifique livre c’est celle de cette adorable Camille contre elle-même…

Ne crois pas non plus, lecteur mon ami, que ce livre est lugubre, triste, non, paradoxalement c’est un hymne à la vie, à la bouffer à pleine dent, à garder le cap.

J’ai lu trop tard, quand j’ai refermé le livre, deux larmes roulaient sur mes joues, saloperie de conjonctivite…

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Stanislas PETROSKY
Après avoir passé 30 ans à préserver les corps des défunts, Stanislas Petrosky est aujourd'hui enseignant en thanatopraxie dans un centre de formation spécialisé. Auteur de nombreux ouvrages, il débute aujourd'hui une série autour de l'une de ses passions, l'anthropologie criminel et ses fondateurs. Prenant pour base de véritables affaires traitée par le professeur Alexandre Lacassagne, Stanislas Petrosky plonge avec érudition dans ce monde si particulier qu'est le monde du crime au tournant du XIXe siècle.

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