Maxime CHATTAM : Léviatemps

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INFOS ÉDITEUR

Maxime CHATTAM - Leviatemps
Léviatemps (1)

Parution aux éditions Albin Michel en octobre 2010

Parution aux éditions Pocket en mai 2012

Paris, 1900. Guy de Timée, romancier à succès, vit pourtant dans les combles grinçants d’une maison close. Du jour au lendemain, il a tout plaqué. Femme, enfant, amis, réussite, il n’a plus supporté la pression, celle de réussir par tous les moyens, celle d’écrire ce qu’on attend de lui.

Il a décidé de se lancer dans un roman policier qui plonge dans les bas-fonds de la civilisation, de ce Paris que le monde entier admire. Il veut être confronté au sang et à la violence. A la mort, qu’il appelle de tout son être. Elle va surgir au milieu de la nuit en la personne de Milaine, jeune prostituée du lupanar, assassinée dans des circonstances particulièrement étranges. Et si elle n’était pas la première ? Qui rode dans les rues de la capitale, dans l’ombre de l’Exposition Universelle ? Quel est le sombre dessein de ce tueur de femme, qui ne laissera bientôt derrière lui que des costumes de peau ? En compagnie de la mystérieuse Faustine, de l’inspecteur Perotti et d’Yoshito, un Japonais impressionnant, sumo déshonoré, Guy va tenter de le découvrir…

Des cercles ésotériques de Paris aux merveilles de l’Exposition universelle, ils vont peu à peu mettre à jour un terrifiant secret, celui qui fascine tout homme depuis la naissance de la civilisation : le contrôle du temps.

(Source : Albin Michel – Pages : – – ISBN : 2226215301 – Prix : 22 €

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Lorsque les rues de Paris prennent les teintes sanglantes de Whitechapel…

Paris, ville des lumières mais également ville de l’ombre. Alors que certains profitent de cette année 1900 pour visiter l’Exposition Universelle, Guy de Timée a trouvé refuge dans une maison close pour écrire et fuir cette société bourgeoise, ce carcan qui l’étouffe.

Le massacre de la jeune Milaine va faire naître en lui des sentiments contradictoires : la soif de vérité (car la police n’agit pas vraiment) s’entrecroise avec une curiosité presque morbide source d’inspiration pour ses romans.

Le nid où il a trouvé refuge est composé de voluptés, de bonnes manières et le commerce des corps est fait dans le respect et le consentement. Mais dans des quartiers plus éloignés les lupanars transpirent de peur, de souffrance, de silence… D’autres prostituées sont assassinées là-bas mais c’est la loi du non-dit…

Plonger ses yeux dans les abysses et les ténèbres des ruelles et de l’âme humaine, permettra-t-il à Guy de trouver sa lumière, sa propre rédemption ?

Ses compagnons d’infortune sont-ils des guides ou des pièces sur un échiquier qui s’étend sur toute la capitale ?

Maxime Chattam nous propose une véritable machine à remonter le temps grâce à son roman. Immersion complète dans Paris du XIX siècle, l’Exposition Universelle marquait un véritable changement pour la population qui ne voyait pas forcément la portée d’un tel événement… les bonds que la science était en train d’effectuer….

Ce thriller nous fait découvrir l’Histoire mais par la petite porte à travers les yeux de la population : de la fille de joie au bourgeois…. Une ère matérielle mais où le spirituel voir le spiritisme avait sa place…

J’ai vraiment le sentiment d’avoir errer dans les marchés aux bouchers, d’être allée dans ces rues sombres et étroites, d’avoir touché du bout des doigts les merveilles de l’Exposition Universelle. La littérature nous a tellement décrit Londres et Whitechapel, il est très intéressant de découvrir ce qui se passait de notre côté de la Manche à la même époque. Maxime Chattam nous invite à découvrir Paris où régnait la misère et où sévissaient des individus peu recommandables…. Jack l’éventreur sévissait à Londres mais la capitale française avait certainement ses démons…. Le héros de l’histoire pourra-t-il leur donner un nom… Il n’en n’oublie pas pour autant Paris riche, intellectuelle ainsi que tous les mouvements sociaux, politiques qui s’étaient mis en branle.

Un roman hommage et dans la tradition des romans de Conan Doyle ainsi que la littérature du XIX°S. Eugène Sue, Jules Verne.. ces noms s’affichent en filigrane au fil des pages.

Léviatemps est un roman mais également un « héritage » que Maxime CHATTAM transmet à ses lecteurs. Il nous avait proposer de découvrir la noirceur de l’âme humaine à l’époque contemporaine dans sa « trilogie du Mal », il avait abordé l’évolution de l’espèce humaine dans la « trilogie Gaia » et il avait réalisé « une fable écologique et humaniste » accessible également aux plus jeunes dans le cycle « d’Autre-Monde ».

Aujourd’hui, il réussit à nous entrainer avec brio au siècle dernier. Et lui qui donne toujours des pistes musicales pour accompagner ses textes nous a composé une symphonie cachée. Il suffit de découvrir la « Clef de C. » (La clef Chattam), pour entendre la partition littéraire cachée dans ce texte. Bien qu’il n’est que la trentaine, Maxime Chattam possède déjà un véritable bagage littéraire et il offre en toute modestie à ceux qui le désire des « indices » sur le métier d’écrivain. Guy de Timée serait un double littéraire de Maxime Chattam…

Ceux qui le voudront pourront se mettre face au texte et reproduire ces différences mélodies : coup d’archet ou coup de plume, le livre devient le miroir du travail de l’auteur et une très beau cadeau pour ceux qui veulent apprécier le travail de l’artiste et pourquoi pas s’exercer à quelques gammes…

Plusieurs générations ont été marquées par Conan Doyle et son détective Sherlock Holmes usant habilement du violon faisant de l’auteur et de personnage une seule entité. Une nouvelle génération pourra s’inspirer de Guy de Timée à la fois Holmes (par ses enquêtes) et Watson (par ses écrits) et Maxime Chattam aura sans doute remplacé le violon par la guitare…

Et ce n’est pas l’abus d’opium décrit dans cet ouvrage qui donne naissance à la deuxième partie de cet article, je voulais vraiment vous faire partager ceux que j’avais pu ressentir et peut-être entrevoir à la lecture de Léviatemps…


L’AVIS DE LEA D.

Dans le Paris de 1900, les rues sont marquées par des événements marquants : des jeunes femmes, des courtisanes, sont sauvagement assassinées. Evénements qui ne sont pas sans rappelé le sanglant passage de Jack l’Eventreur à Londres… Non moins sanglant sera le passage de ce mystérieux assassin dans la belle capitale française, ville lumière, où la technologie, avec l’exposition universelle, explose littéralement : la science fait un bond phénoménal en avant.

Guy, un écrivain à succès, fuit sa famille de classe élevée et étouffante, pour se réfugier dans le milieu où il se sent le mieux : une maison close, où il se lie d’amitié avec la gérante et les courtisanes. L’événement déclencheur est le meurtre d’une jeune femme, Milaine, qui appartenait au Boudoir de soi, la maison close où Guy a élu domicile. Se prenant au jeu d’une enquête policière, le romancier découvre que d’autres meurtres tout aussi horrible ont eu lieus, sur la personne de prostituées. Cependant, ces endroits sont très mal famés et, contrairement aux courtisanes du Boudoir de soi (qui exercent leur métier dans le respect et le consentement), ces autres jeunes femmes assassinées étaient au pied du mur et acculées…

Guy de Timée explore avec avidité la psyché de ce mystérieux tueur en série, afin de venger la mort de son amie, et, surtout, d’explorer l’univers du Mal afin d’en faire un roman policier, digne des aventures de Sherlock Holmes. Cependant, à trop vouloir côtoyer le mal, il risque d’y laisser sa vie et celles de ses compagnons…

Côtoyant tout à tour la haute bourgeoisie, les quartiers « mal famés », les cercles ésotériques ou scientifiques, Maxime Chattam reprend, réécrit et modifie à sa manière les ingrédients des plus grands écrivains : Poe, Conan Doyle, Jules Vernes… En en faisant une œuvre magistrale ! En effet, Maxime Chattam a le don de nous faire revivre l’écriture des maîtres des romans policiers, mais sans pour autant les plagier : la force de son talent vient de son écriture unique, qui a le don de faire voyager. Que ce soit la noirceur des esprits criminels (La Trilogie du Mal), dans un univers fantastique et humanitaire (Autre-Monde) ou l’évolution de l’espèce humaine (Cycle de l’Homme). Cette fois, il m’a fait vibrer et découvrir la France et le Paris de 1900, où toutes les scènes sont détaillées et criantes de réalisme. L’immersion est complète, à tel point que je déambulais dans les rues au côté de Guy et de Faustine, en vivant complètement leurs aventures !

Une question est toujours restée présente en arrière-plan de cette lecture : quelle part de lui-même Maxime Chattam a-t-il mis dans ce nouveau roman ?

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