Laurent SCALESE et Franck THILLIEZ : L’encre et le sang

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PRÉSENTATION ÉDITEUR

Au fond d’un vieux garage hongkongais, elle est là. Elle l’attend.

Il suffit de taper. Et tout s’écrira, dans la réalité.

Très vite, l’écrivain William Sagnier comprend qu’il tient là l’instrument de sa vengeance. La femme qui l’a trompé. L’homme qui lui a volé son livre. Tous ceux qui l’ont humilié, utilisé, détruit, seront punis à leur tour.

La vie, la mort, la toute-puissance au bout des doigts, là ou se mélangent l’encre et le sang…

Origine France
Éditions Pocket
Date 13 juin 2013
Pages 128
ISBN 9782266208567
Prix 2,90 €

L’AVIS DE LEA D.

Nouvelle écrite à deux mains, celles de deux auteurs talentueux : Franck Thilliez et Laurent Scalese.

Comment parler de L’Encre et le Sang ? Etant une nouvelle d’environ une centaine de pages, les risques sont grands de livrer des détails qu’il vaut mieux lire dans le feu de l’action. Disons simplement que l’on suit William Sagnier à Hong Kong, dans un but de vengeance. Il va acquérir une machine à écrire pour le moins étrange. Mais seulement, William va se rendre compte – peut-être trop tard ? – qu’il n’est pas bon de s’obstiner dans certains projets.

Deux auteurs, deux écritures de romans policiers principalement, deux membres de la Ligue de l’Imaginaire, deux excellents auteurs… Qui se réunissent et décident de comploter pour offrir à leurs lecteurs une nouvelle. Ecrite à quatre mains, cette nouvelle va différer quelque peu des écrits précédents des auteurs. Quoi de plus normal lorsqu’on mélange deux styles ? L’Encre et le Sang est le résultat de ce mélange, et nous livre une petite histoire fantastique, très captivante, et que j’aurais aimé plus longue tant j’ai été prise dans l’histoire !

A la lecture de L’Encre et le Sang, j’ai été emportée dès le début, tant par l’histoire que par le talent (encore !) de Franck Thilliez et Laurent Scalese. Ce sont deux auteurs que j’admire beaucoup, et que j’ai retrouvée avec jubilation dans leur écriture commune. Un projet à la fois intéressant, captivant, mais surtout très amusant, tant pour les lecteurs que les auteurs je pense. Une nouvelle intéressante, où l’écriture a été poussée et maîtrisé, mais surtout où ils se sont fait plaisir. L’histoire est fascinante du début à la fin, on ne peut s’empêcher de jouer avec l’idée de posséder l’objet principal de L’Encre et le Sang (mais avec quelle conséquence ?), un objet qui hante ses possesseurs et qui semble avoir une volonté propre et très arrêtée.

Je ne peux que vous conseiller de vous jeter sur L’Encre et le Sang, un vrai délice de lecture !

L’AVIS DE LAURE CHIRON

En lisant le résumé de « L’encre et le sang », j’ai immédiatement pensé à la nouvelle écrite par Stephen King, « Machine divine à traitement de texte » (parue dans le recueil « Brume » en 1987). Forcément : un homme, des rêves, puis une machine qui exauce tous leurs vœux, pour le pire et… pour le pire.

Du coup, je suis allée farfouiller dans ma bibliothèque pour trouver « Machine… » et la relire avant celle-ci, histoire de satisfaire ma curiosité et me rafraîchir la mémoire : la « machine… », je l’ai lue il y a des lustres !

Après relecture de l’une et lecture de l’autre, j’ai juste envie de dire que la curiosité est un vilain défaut, je me suis pourri toute seule la lecture de ces 118 pages écrites en lettres de sang, me surprenant même à chercher des similitudes entre les deux textes. Damned. Ça m’appendra, mais ça, c’était juste pour l’anecdote.

Je reviens de suite à la nouvelle qui nous intéresse. Sur le coup-là, je ne suis pas aussi enthousiaste que mes petits camarades de lecture. J’irais même jusqu’à dire que j’ai presque été déçue, et ce malgré un rebondissement de taille servi au dessert et aux clin-d’œil que l’on trouve au hasard d’une page.

Je m’explique (ou du moins, j’essaye :p). Même si la folie vengeresse du personnage principal (William Sagnier, écrivain spolié par sa dulcinée), monte d’un cran à chaque page tournée, le pas de dance n’est pas assez nerveux et ne m’a pas entraînée dans la valse endiablée tant attendue.

Il m’a manqué ce petit rien, ce petit quelque chose qui fait monter l’adrénaline et engendre la soif d’en savoir plus. Je n’ai pas eu de mal à lâcher le livre en cours de lecture comme c’est souvent le cas, pas plus que l’envie impérieuse de reprendre ma lecture. Alors oui, elle est sympa à lire cette nouvelle, mais pas non plus au point de l’encenser. J’ai aimé sans plus, et je reste mitigée.

Pour autant, j’ai aimé retrouver les plumes acérées de ces deux auteurs qui font partie de mes chouchous et qui sont à mes yeux des valeurs sûres du triller français.

Au final, je me souviendrais de cette nouvelle comme un hommage à Stephen King et Wes Craven sur la thématique des rêves, qu’ils soient formulés à voix haute ou qu’ils prennent notre sommeil en otage. Et rien que pour ça, « L’encre et le sang » mérite d’être lue, et de trôner en bonne place dans nos bibliothèques.

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Et si une machine pouvait changer le cours de l’Histoire…

William Sagnier est un écrivain qui a tout perdu : son roman a été volé par un autre, la femme qu’il aimait la trahit…Il a décidé de détruire ceux qui lui ont tout pris. Au fond d’un garage hongkongais, il va trouver l’outil de sa vengeance : une machine à écrire pas comme les autres. Si une ligne pouvait changer l’histoire de votre vie, feriez-vous le bien ou le mal ?

Laurent Scalese et Franck Thilliez sont deux auteurs dont j’apprécie les écrits. Cela ne pouvait que me réjouir de les voir réunis dans l’écriture. Une nouvelle n’est pas un roman, il faut arriver à percuter le lecteur et le tenir en haleine sur beaucoup moins de pages. Un exercice difficile réussi !!!

Les auteurs ont réussi à m’embarquer dès le départ dans cette histoire de vengeance qui peu à peu s’ouvre sur les affres de la création, le pouvoir des mots. Qui n’a jamais rêvé de voir quelques lignes se réaliser ? C’est magique, c’est excitant mais cela peut aussi être effrayant. La personne qui en use et en abuse a l’impression d’être un Dieu. Et ceux qui subissent les facéties de l’écrivain ont parfois l’impression de se trouver dans The Truman Show ou dans une mauvaise émission de télé-réalité où tout est scénarisé, les bonnes comme les mauvaises choses.

On se demande jusqu’à où ce pouvoir va s’exercer, tout ça dans une atmosphère poisseuse, dans les bas fonds hongkongais, on s’y croirait presque !

Lors de la lecture de cette nouvelle, en plus de savourer l’intrigue prenante jusqu’à la fin (Je n’ai rien vu venir !), je me suis amusé à imaginer quelle partie avait été écrite par Laurent S. et celle écrite par Franck.T. Certaines références ou descriptions m’ont fait penser à l’univers de l’un, de l’autre ou des deux. On sent que les auteurs ont pris plaisir à écrire ce texte que je pourrais définir de polar fantastique où pourrait planer l’ombre de Stephen King.

C’est court, c’est haletant, c’est mystérieux, c’est bien écrit, ce n’est pas cher, cela serait vraiment dommage de s’en passer !!!

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4 Commentaires

  1. Une savoureuse chronique Lucie ! Je me suis posé les mêmes questions que toi au fur et à mesure de ma lecture à savoir quels étaient les passages écrits par l’un ou l’autre…Un très bon texte bien prenant et qui m’a bluffé aussi !

    • Contente que tu aies fait le lien aussi Jean-Marc ! King un jour, King toujours, avec nos belles plumes françaises qui suscitent souvent le même engouement 😉

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