Jacques SAUSSEY : Enfermé.e

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France
Jacques SAUSSEY - Enferme.e
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  • Éditions French Pulp le 11 octobre 2018
  • Pages : 383
  • ISBN : 9791025104019
  • Prix : 18,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » Si je ne peux pas être qui je suis, je préfère être morte plutôt qu’être emprisonnée dans un corps qui n’est pas le mien.  »

Jacques Saussey aborde magistralement dans ce roman noir social un sujet peu connu : être transgenre dans une prison pour hommes. Partenariat avec l’association Acceptess-T.

Les premiers papillons ont éclos derrière ses paupières. Elle en avait déjà vu de semblables, enfant, un été au bord de l’océan, jaunes et violets contre le ciel d’azur. Elle était allongée au soleil, l’herbe souple courbée sous sa peau dorée. Le vent tiède soufflait le sel iodé de la mer dans ses cheveux. Aujourd’hui, l’astre était noir. Le sol dur sous ses épaules. Et l’odeur était celle d’une marée putride qui se retire. Les papillons s’éloignaient de plus en plus haut, de plus en plus loin. Et l’air lui manquait. Lui manquait…

Elle a ouvert la bouche pour respirer un grand coup, comme un noyé qui revient d’un seul coup à la surface.

Les papillons ont disparu, brusquement effrayés par un rugissement issu du fond des âges…

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Un livre COUP DE POING !!!

Dans ce texte, pas de prénom/nom pour les personnages.

Seulement des qualificatifs en fonction de leur métier (Ex : Le Directeur), leur physique ou leur rapport avec le personnage principal (Ex : Le Père), la seule à avoir un prénom : VIRGINIE.

Voici son histoire en trois temps : son enfance qui manquait d’amour, ses années de prison pour u cambriolage qui a mal tourné et son nouveau travail au Centre, un lieu énigmatique. Quel est son but en l’intégrant ?

Un roman noir qui vous tiendra en haleine jusqu’au bout et qui vous marquera longtemps car Virginie est une femme qui vit depuis toujours dans le mauvais corps, celui d’un homme.

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Il est des auteurs que je suis depuis le début.

Simplement parce que j’ai apprécié ma première lecture, Jacques est de ceux-là, devenu un ami, un monsieur que j’admire dans la littérature.

Cela fait quelques temps déjà que je lui demande quand est-ce qu’il se mettra au roman noir, je sentais en lui les capacités à faire un grand roman noir.

Et LA VACHE, je ne m’étais pas planté, Saussey fait mouche, s’inscrivant dans la lignée de type comme Thierry Jonquet avec ENFERMÉ.E…

La base d’un bon roman noir, c’est le sujet, une fois que tu l’as, tu n’as plus qu’à avoir la plume qu’il faut pour le mettre sur le papier. Saussey n’a pas pris l’un des sujets les plus facile, il en a pris un peu connu des gens, et tabou qui plus est dans notre société : le transgenre…

Le mal-être d’être enfermé.e dans un corps que n’est pas celui que l’on voudrait, de ne pas être dans celui que l’on devrait avoir…

Des personnes mises à l’écart, la différence n’est pas de mise dans notre monde actuel, il suffit de suivre l’actualité, agression, humiliation…

Ces gens qui n’ont pas de place dans la société, on est soit mâle ou femelle, pas de milieu, pas de troisième sexe. Rien de prévu pour eux dans des lieux telles que la prison notamment, ce que Jacques va explorer dans ce roman.

Il te met le cœur en vrac, te retourne les tripes, il a compris que pour faire un vrai roman noir, lesdites tripes ont doit les sortir et les arroser de larmes, il n’y a que comme ça que la sauce prend…

Un vrai roman, on peut même retire le qualificatif de noir, c’est un livre qui mérite des prix, et non des moindres !

Tu peux chercher, le mot coup de cœur, je ne l’emploie pas souvent, justement pour le garder pour les grandes occasions, et là, c’est un vrai coup de cœur !

Merci Jacques Saussey de nous avoir offert ce livre coup de poing, ce texte inoubliable…

L’AVIS DE LEA D.

Un roman qui me tentait énormément depuis sa sortie !

En 2006, un cambriolage tourne mal. Trois amis – Beau Gosse, La Fouine et Virginie – vont être également coupable d’un meurtre, essayant de faire taire un témoin, un vieil homme qui les surpris en train de s’enfuir. Seulement, seule Virginie va être condamnée à la prison, étant donné que ses deux amis ont été tués par une personne indéterminée depuis l’immeuble voisin… Pour elle, c’est une double peine : non seulement elle va être enfermée en prison, alors qu’elle déjà enfermée dans son propre corps. Car Virginie est née garçon, et elle lutte depuis toujours pour faire reconnaître son identité féminine.

Virginie va purger sa peine dans une prison pour hommes, où elle sera battue, violée, déniée de ses droits les plus fondamentaux. Jacques Saussey alterne les différentes époques et lieux : la vie de Virginie alors qu’elle était enfant, au sein d’un foyer violent ; sa vie en prison et sa lutte pour en sortir vivante ; et la période après la prison, lorsqu’elle sera engagée dans une maison de retraite au fonctionnement particulier. Le fait d’alterner ainsi les temporalités nous permet de nous plonger plus profondément dans la psyché de Virginie, et on ne peut que s’attacher à elle !

Enfermé.e est livre dur. Prenant. Bouleversant. Certaines scènes sont particulièrement choquantes, la violence ne manque pas… Ce que subit Virginie est inhumain, peu de personnes sont là pour elle. Sa mère a essayé, mais c’est dur de faire rempart face à la violence du père. Elle se faisait maltraiter à l’école, et n’avait qu’une véritable amie. Ses années en prison, n’en parlons pas… Son retour dans la société après sa libération va être ponctuée de drames également, mais Virginie prouve qu’elle n’a pas été brisée, et qu’elle sait tout à fait rebondir.

Cela fait des années que je veux découvrir la plume de Jacques Saussey, mais j’ai traînée. Trop ! Et Enfermé.e a été l’occasion de me plonger, ENFIN, dans l’un de ses écrits ! Surtout que c’est un pari gagnant avec ce titre, Enfermé.e est une lecture addictive et bouleversante du début à la fin. J’ai eu du mal à passer à une autre lecture après avoir finit celle-ci.

Le fait d’aborder le sujet de la transidentité est délicat, il y a toujours le risque d’être à côté de la plaque, de faire des erreurs… Mais – pour moi, en tout cas – Jacques Saussey a parfaitement réussi. Il y a eu un vrai travail de recherche, d’analyse, et nous avons la possibilité d’aller plus loin grâce au nota benne ou à la bibliographie à la fin du roman. Le sujet est percutant, le personnage principal est vibrant de réalisme, et la trame de l’histoire est évidemment passionnante. L’intrigue policière n’est pas là pour faire joli ou pour accompagner le thème de la transidentité, c’est solide et bien construit, la trame est riche et l’intrigue pleine de rebondissements.

Mention spéciale aux personnages secondaires, qui ne sont connus que grâce à des surnoms ou par sa fonction : « La Mère », « La Vieille », « La Fouine », « L’infirmière »… Le fait de nommer chaque individus ainsi est une excellente idée, et donne encore plus de poids à l’histoire !

Je ne saurais trop recommander Enfermé.e, cela a été une lecture absolument frappante !

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