Interview de l’auteur Yves Corver

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yves corver« J’ai 55 ans. Je suis directeur de centre de profits, en recherche d’un nouveau poste, de préférence comme dirigeant d’une SCOP ou DG d’une association. L’écriture est pour moi un plaisir, mais aussi l’occasion d’exprimer mes idées et de les partager. »

(sources : Les Nouveaux Auteurs)

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Né à Paris en 1956 de parents hollandais, je suis marié et j’ai deux fils : Yann, 34 ans et Antoine, 25 ans. Je travaille depuis 1980 dans le commerce international.

Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

Cela a démarré lorsque je me suis retrouvé sans emploi à 52 ans, à la suite d’une fusion (un grand classique). Parallèlement à mes recherches, j’ai commencé à écrire des réflexions personnelles dans un simple cahier, puis un deuxième et un troisième. C’est ainsi que m’est venue l’envie de les mettre en scène dans un roman d’anticipation, dans l’esprit de 1984 de George Orwell.

Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

Pour mon premier roman (jamais publié), je n’avais alors aucune idée précise de la manière dont j’allais procéder. J’ai commencé par rédiger un plan et par créer mon personnage principal, puis je me suis lancé. Tous les autres personnages m’apparaissaient à mesure que j’avançais dans l’histoire. Très vite, j’ai pris beaucoup de plaisir à écrire. Je me réveillais la nuit pour m’installer devant mon portable et mettre par écrit ce que je venais d’imaginer en rêve.

L’écriture doit toujours rester un plaisir. Cela suppose de prendre le temps de laisser mûrir une ou plusieurs idées d’histoires dans ma tête, jusqu’à ce qu’un déclic se produise. Comme le disait Nicolas Boileau : « ce qui se conçoit bien s’énonce clairement ; et les mots pour le dire arrivent aisément ».

Ensuite, je passe au travail de construction de l’histoire, dont je connais la fin. Je définis un chapitrage et je donne à chacun des personnages principaux une apparence et une histoire personnelle. Mais rien n’est vraiment figé. Les choses doivent pouvoir évoluer.

Une part importante de cette préparation est réservée à la recherche sur internet ou dans des livres aussi bien d’ordre technique, scientifique, que géographique ou autre pour donner le maximum de vraisemblance à l’histoire et aux personnages.

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

Jusqu’à présent, je ne me suis pas inspiré de personnes réelles. En tout cas, pas consciemment. Mais cela deviendra rapidement inévitable. A quoi bon réinventer ce qui existe déjà ?

Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Je n’ai pas échappé au parcours classique de l’auteur qui adresse une dizaine de manuscrits aux plus grands éditeurs de la place de Paris, avec l’espoir de séduire l’un d’entre eux et qui reçoit en retour des refus polis et froids de chacun d’eux. A la déception s’ajoute chaque fois l’immense frustration de ne pas avoir la réponse à une question qui vous taraude l’esprit. Pourquoi ce refus ?

Est-ce parce que mon manuscrit est franchement mauvais, dans le fond, dans la forme ou les deux à la fois ? Dans ce cas, j’aurais préféré que l’on me dise sans détour : « oubliez l’écriture. Vous n’avez pas le talent nécessaire pour avoir une chance de percer dans le métier d’écrivain ».

Est-ce que mon manuscrit a malgré tout des qualités et aurait une chance d’être retenu après refonte de certains chapitres ? Lorsque j’ai contacté les comités de lecture, tous ont refusé de répondre à ma demande. Tous, sauf une personne qui a lu mes deux premiers manuscrits et a pris soin de justifier son refus dans une lettre personnalisée. Elle a même accepté de me recevoir personnellement pour me faire part de ses impressions et de ses conseils. Je la remercie encore de cette marque de respect. Si elle lit cet article, elle se reconnaitra.

Malgré cette frustration, j’ai continué d’écrire en changeant de registre et de forme. Pour mon premier manuscrit, j’avais choisi délibérément de rejeter toute image violente ou spectaculaire. Cela ne pouvait que susciter des réactions épidermiques et non une réflexion. L’histoire se déroulait aussi dans le futur (2048), dans un monde découpé en zones quasiment étanches, où les citoyens sont regroupés par croyance religieuse. Ce premier roman avait la forme d’une réflexion philosophique et sociologique avec de nombreuses références à notre présent actuel.

Pour le second, j’ai choisi d’écrire une fable écologique, dont le narrateur est une abeille. Je ne désespère pas de trouver un jour un éditeur pour le publier.

Enfin, pour le troisième, J’ai repris une partie du thème de mon premier manuscrit en l’intégrant à une trame policière. C’est avec lui que j’ai tenté ma chance dans le concours VSD du Polar 2011, organisé par les Nouveaux Auteurs. Le concept imaginé et développé par Jean-Laurent Poitevin (PDG de LNA) est très simple et donc génial. Proposer des manuscrits à des lecteurs bénévoles et se fier à leurs impressions pour décider de publier un auteur parfaitement inconnu. C’est ainsi que j’ai eu la chance et l’immense plaisir de recevoir le prix des lecteurs en 2011, dans le cadre du Prix VSD du Polar 2011.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Ma première grande émotion d’auteur débutant a été de lire les commentaires des membres du jury. L’enthousiasme de certains d’entre eux venait me confirmer que j’avais eu raison de continuer dans cette voie. Leurs compliments étaient pour moi la première récompense de deux années d’investissement personnel. Ils venaient en outre me confirmer que j’avais réussi à partager avec eux mes réflexions et mes peurs sur notre avenir et celui de nos enfants, à travers une histoire prenante.

Evaluation des membres du jury :

Par Florence B.

« L’intérêt est que ce roman policier ne se cantonne pas à la résolution d’une énigme. Il incite à réfléchir sur notre monde, en en proposant certes une vision bien pessimiste »

« L’intérêt est que ce roman policier ne se cantonne pas à la résolution d’une énigme. Il incite à réfléchir sur notre monde, en en proposant certes une vision bien pessimiste. »

Par Martine E.

« Roman policier qui donne à réfléchir à notre avenir ? Rare pour un roman policier. »

Par Anne F.

« Ce n’est pas de la science-fiction car nos craintes sont finalement exprimées à travers ce récit très prenant. On est pris par le récit jusqu’au bout. Et on aimerait lire une suite… »

Par Daniel B.

« L’auteur sait entretenir le suspens. Le lecteur n’a pas le temps de s’ennuyer. »

Par Nadia D.

« Histoire prenante. On n’a pas envie de poser le livre. »

Par Florence B.

« Un roman qui tient toute sa promesse sur le plan du suspens. »

Ensuite, sont venus les premiers commentaires des lecteurs « payants » du roman.

Publié par Sereignor sur Amazon.fr

« The big one. A lire d’urgence ! La genèse de l’enfer est un énorme thriller de politique fiction du niveau de Clancy à la française… Il y a dans ce premier roman de CORVER une lumière particulière, mais elle ne s’éteint pas à la fin. Il y a comme une impression de manque, comme si il y avait une suite possible. Si tel n’est pas le cas j’espère qu’il aura d’autres romans de ce niveau à nous proposer rapidement. »

Publié par Mosabel sur Amazon.fr

« Enfin un polar/thriller même digne de ce nom ! Pour un coup d’essai c’est un coup de maitre !… un polar parfaitement dirigé. On ne voit pas les 600 pages passer ! Vivement son 2e livre ! FONCEZ!!!! »

Cette invitation à écrire une suite, ou au moins un deuxième roman, m’a souvent été faite. C’est sans aucun doute le plus beau compliment que l’on puisse faire à un auteur.

Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

J’ai une passion particulière pour tout ce qui touche à l’Afrique. Plus exactement ce sont les Africains et le projet panafricain qui m’intéressent. Peut-être parce que le sort des Africains est à l’image de la violence du système ultralibéral qui est en train de broyer des centaines de millions d’êtres humains dans le monde. J’ai la faiblesse de croire qu’un autre monde est possible et qu’il pourrait voir le jour sur le plus grand continent du monde.

Pour le reste, j’aime partager avec ma femme des sessions de planche à voile lorsque le vent est bon ainsi que la regarder jouer sur les planches d’un théâtre car c’est une comédienne. J’aime les longues randonnées dans les forêts du Jura ou d’ailleurs.

J’aime aussi flâner dans les musées pour le plaisir des yeux et de l’esprit.

Quels sont vos projets ?

J’ai plusieurs projets d’écriture, en cours de maturation…

Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

Le plus souvent, je lis des essais. Certains d’entre m’ont particulièrement marqué. Parmi eux je pourrais citer « L’homme révolté » d’Albert Camus, « L’impérialisme » et « Le système totalitaire » d’ Hannah Arendt, ou encore « Le discours de la servitude volontaire » d’ Etienne de la Boétie. J’ai aussi un faible pour d’autres auteurs comme Michel Onfray (La politique du rebelle), Noam Chomsky, Boris Cyrulnik et bien d’autres.

Pendant que j’écrivais mes premiers romans, je refusais toute invitation à lire tel ou tel auteur dont j’aurais pu m’inspirer. Je voulais à tout prix éviter toute influence de romanciers. Depuis, j’ai eu le plaisir de rencontrer des auteurs de polars sur des salons et à diverses occasions. Mon dernier coup de cœur a été « Maelstrom » de Stéphane Marchand, que j’ai eu le plaisir de rencontrer sur le salon du polar de Lens. Son univers est très éloigné du mien, mais j’ai adoré la maestria de l’auteur. J’espère sincèrement atteindre ce niveau de rythme et d’efficacité dans un de mes prochains romans.

Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

Comme beaucoup de gamins de ma génération je dévorais les bandes dessinées d’Astérix, de Tintin, de Lucky Luke et de Gaston Lagaffe.

Ensuite, je me suis contenté de lire tous les romans classiques imposés au programme de français jusqu’au bac. Ma préférence d’alors allait vers Balzac et Zola.

Ce n’est qu’a lorsque j’ai commencé ma vie professionnelle que je me suis mis à lire beaucoup. Le plus souvent dans les transports en commun. J’alternais avec plaisir Marguerite Yourcenar, Daninos, René Fallet, J-J Servan Schreiber, Simenon, François de Closet, Soljenitsine et bien d’autres.

Avez-vous un site internet ou un blog où vos lecteurs peuvent laisser des messages ?

J’ai créé un blog à l’occasion de la sortie de mon premier roman : genesedelenfer.over-blog.com

J’ai aussi une page facebook personnelle.

 

Merci à Yves Corver de nous avoir accordé cette interview.

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