Interview de l’auteur Vincent Graham

2
317

vincent grahamVincent Graham, né en 1965, avocat consultant, spécialiste du Vietnam, lauréat de la bourse du jeune écrivain en 1987, fut primé lors de plusieurs concours de nouvelles.

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

Le parcours : lauréat du prix du jeune écrivain en 87-88, pas mal de prix décernés lors de concours de nouvelles, études de droit et de sciences politiques, de médecine légale, diplôme d’avocat, spécialiste du Vietnam, auteur de plusieurs livres policiers, dont deux édités, Saigon brûle-t-il ? et Saigon à bout portant, et un troisième devant sortir à l’été 2011. Gagnant du concours de chroniqueur littéraire sur le site myboox.fr en décembre 2010, je deviens donc chroniqueur officiel.

Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

L’envie d’écrire : depuis l’âge de 8 ans ou 9 ans, fascination pour les livres et les écrivains, impossible de vivre un jour sans livre et sans écrire. Une envie d’écrire permanente, de transmettre des émotions, de créer !

Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ?

Le modus operandi d’écriture : Je dois voyager beaucoup pour mon métier d’avocat, notamment en Asie, et surtout au Vietnam, j’écris tout le temps, la journée lorsque mon planning me le permet, pendant la nuit lorsque les journées sont surbookées, et pendant mes déplacements, j’observe, je prends des notes. Mon métier nourrit un pan entier de mon activité d’écrivain, le goût de l’histoire fait le reste. Le climat du Vietnam est propice à l’écriture, les régions du Vietnam sont très diverses ainsi que les populations, on peut se retirer en pleine montagne, ou bien se noyer dans le torrent de motos d’une rue saigonnaise. Je pense qu’il faut savoir écrire partout, en toute situation, dès qu’on peut !

Le rythme de travail : Mes livres sont très documentés. Il faut du temps pour les écrire, et lorsque je suis au Vietnam, je me déplace sur les lieux de l’action, je fais des repérages tel un cinéaste, je respire l’atmosphère et l’ambiance, je prends des notes, je recherche le détail qui caractérisera les personnages. Ainsi, toutes les rues parcourues par les personnages de Saigon à Bout Portant, sont réelles, les lieux existent, le lecteur peut les retrouver. Je parcours Saigon et sa banlieue immense en moto, accompagné par des amis vietnamiens à qui il ne viendrait pas à l’esprit de traverser certains quartiers quelque peu mal famés. J’ai certaines connaissances historiques et de la langue vietnamienne, ce qui me permet d’être autonome et de me lancer très souvent sur des chemins quelque peu dangereux mais féconds pour l’écriture.

La fin du livre ou évolution des personnages : J’adore les fins ouvertes, où les personnages peuvent resurgir dans une suite. Ainsi, Junichiro Ossada, un personnage principal de Saigon brûle-til ? revient dans Saigon à Bout Portant. Ce que j’adore, ce sont les personnages secondaires. Dans Saigon à Bout Portant, il y a une foule d’indics, Triste Jésus, etc.. qui donnent une idée de l’underground saigonnais. Rédiger la fin d’un livre est le travail le plus difficile. J’ai très souvent plusieurs fins, parfois tragiques, parfois pas du tout, et il s’agit des mêmes personnages. Je m’imagine en réalisateur de cinéma et en scénariste, je visualise en général très bien les scènes et je projette toujours les scènes que j’écris sur un écran de cinéma !

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

Les personnages existent-ils ? Je me suis inspiré de certains policiers, de diplomates, de membres de services (discrets), d’avocats, de mafieux déguisés en hommes d’affaires, croisés au détour de mes activités professionnelles mais j’ai bien évidemment construit tel un architecte le monde dans lequel ils évoluent. Saigon à Bout Portant anticipe quelque peu sur des réformes judiciaires probablement à venir dans un temps futur au Vietnam. Je me suis amusé à combiner quelques procédures judiciaires américaines avec quelques procédures judiciaires françaises, le tout transposé dans la ville de Saigon !. Un écrivain est avant tout un créateur, il se doit d’explorer et d’oser.

Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

Le parcours est-il long ? Quelque peu long, car le temps pour l’écrivain est un facteur stimulant mais aussi oppressant. Il faut avancer et le métier d’avocat est très prenant. Un livre non édité est un livre qui n’existe pas. Mes cinq premiers livres attendant tranquillement d’être édités.

Longue vie donc à Saigon brûle-t-il et à Saigon à bout portant ! Et j’ai hâte de vous proposer mon troisième en cours d’écriture !

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

Les remarques des lecteurs : Des remarques régulièrement sur l’originalité de mes livres car je suis un des seuls écrivains français à écrire des romans policiers se passant au Vietnam. Mais beaucoup de timidité pour certains lecteurs vite dissipée lorsqu’on parle de leur prochain voyage au Vietnam ! Car c’est un pays qui distille une magie inégalable et qui contamine n’importe quel occidental !

Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

Les autres passions ? L’histoire et pas seulement celle du Vietnam, l’écriture de scénarios pour le cinéma, l’architecture aéroportuaire, les chiens, la médecine, la peinture, la musique classique, le sport, la photo, et une passion pour tous ceux qui me transmettent la leur !

Quels sont vos projets ?

Les projets : l’écriture d’un livre sur l’histoire de la justice pendant la colonisation française en Indochine, la sortie d’un polar à l’été 2011, puis un autre en 2912 puis un autre etc… !!!!! Et bien sûr, plein de chroniques littéraires sur Zonelivre ! Et écrire des scénarios pour le cinéma. Je rêve de travailler avec Oliver Stone ou Jacques Perrin !

Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

Les coups de coeur littéraires : Allez, c’est difficile mais on peut dire que les livres de James Ellroy me scotchent. Une palme d’or également à Louis-Ferdinand Desprez (la mémoire courte et Le noir qui marchait). Beaucoup d’autres, John Burdett qui fait évoluer ses personnages en Thaïlande, par exemple, et n’oublions pas DOA, (citoyens clandestins) mais aussi Ingrid Astier, (Quai des Enfers). Mais il y en a beaucoup d’autres !!!!

Avez-vous un site internet ou un blog où vos lecteurs peuvent laisser des messages ?

Sites internet ou blog ? Très bientôt, grâce à quelques amis plus fortiches que moi en informatique !

Voilà, en vous remerciant pour toutes vos énergies à faire connaître les auteurs !

Amitiés, Vincent

 

Merci à Vincent Graham de nous avoir accordé cette interview.

Retrouvez les articles concernant Vincent Graham ici

Sponsor