Interview de l’auteur Eric BONY

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Rencontre avec l’auteur Eric Bony à l’occasion de las ortie de son roman « La voix des morts », troisieme tome des enquêtes de Thomas Cazan, aux éditions City en octobre 2018

ERIC BONYJérôme PEUGNEZ : Bonjour Eric Bony, pouvez-vous me décrire votre parcours ?

Eric BONY : Pour faire court, j’ai été journaliste en presse écrite, TV et radio pendant une dizaine d’années puis ai poursuivi ma carrière comme responsable de publications dans des collectivités locales. Tout en donnant des cours de techniques rédactionnelles pendant 10 ans dans une école de communication et en étant rédacteur en chef d’une émission radio consacrée à la bande dessinée et à l’imaginaire. J’ai participé également à la gestion d’une épicerie fine et dernièrement d’un studio de yoga et de photographie. Bref, j’ai fait 40 métiers, dans des milieux différents, toujours poussé par une insatiable curiosité.

JP : Comment vous est venue l’envie d’écrire ? A quelle période ?

EB : J’ai toujours écrit et voulu raconter des histoires… Petit, je faisais avec les moyens du bord des bandes dessinées mais je me suis vite aperçu que je n’étais pas doué pour le dessin. A l’école j’ai participer à la création de journaux de classe… Et puis après, en devenant journaliste j’ai enchaîné les articles… Et à présent les romans.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

EB : Mon grand père me lisait des James Bond et des SAS et mon père me racontait des histoires qu’il inventait. J’ai été bercé par les collections de la bibliothèque rose, puis verte avec la série des « mystères » d’Enid Blyton, le club des cinq, etc. et quelques classiques comme les Jules verne. A 20 ans, j’ai découvert l’Héroic Fantasy avec Tolkien ou Terry Brooks, la science fiction avec Asimov et Dan Simmons, le policier avec Maurice Leblanc, Gaston Leroux, Conan Doyle et le série des Harry Dickson de Jean Ray.

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

EB : Je n’ai pas vraiment de rituels d’écriture. J’éprouve le besoin d’écrire sur certaines périodes, pas tous les jours. Je note des idées qui me viennent, en observant les gens ou les situations au quotidien. Je rédige plutôt le soir entre 22h et 1h du matin, avec une tisane ou un verre de whisky suivant l’humeur. Quand j’entame un roman j’ai déjà en tête le thème, l’histoire, les grandes étapes du développement et la fin. J’alterne recherches et rédaction. Cela dit, même si je sais où je vais et que j’ai une trame, une ligne directrice, je me laisse porter par les personnages et trouve de nouvelles idées en cours d’écriture. En fait, j’essaie de me surprendre moi-même et un nouveau chapitre peut à tout moment me conduire dans une direction que je n’avais pas imaginée. C’est cela le vrai plaisir de l’écriture. Je lis beaucoup de thriller et de romans historiques et me met facilement à la place du lecteur. En fin de compte, j’écris ce que j’ai envie de lire.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de vos livres et leur parution ?

EB : Au départ Le tombeau du diable était un projet de bande dessinée. Mais je n’ai pas réussi à trouver de dessinateur et d’éditeur. Ca viendra peut-être… Je l’ai donc transformé en roman et j’ai eu de la chance. J’ai envoyé une dizaine de manuscrits avant de recevoir un appel de City Éditions qui était intéressé. En fait le plus difficile c’est de faire connaître et vivre son roman un peu perdu dans la jungle des sorties.

JP : Quel est la genèse de votre série « Les enquête de Thomas Cazan » ?

EB : J’ai enquêté pendant une dizaine d’années comme journaliste dans les milieux du paranormal, découvrant des histoires et des personnages fantastiques. Plus tard je me suis aperçu que d’anciennes affaires étaient tombées dans l’oubli et c’est dommage. Je me sers donc de mes dossiers de l’époque comme toile de fond à mes romans et les fais ainsi revivre, espérant donner envie aux lecteurs de se pencher sur ces mystères. C’est très agréable d’avoir une liberté totale d’écriture, d’interprétation et d’extrapolation dans ces affaires, de jouer avec sans être soumis à la précision d’un article journalistique.

Eric BONY - La voix des morts
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JP : Pouvez-vous nous parler de votre dernier roman « La voix des morts » ?

EB : L’inventeur Thomas Edison déposa le brevet d’une machine servant à communiquer directement avec les défunts. Tout est parti de là. C’était l’occasion pour mon héros d’évoluer dans les milieux du spiritisme, de la transcommunication et des expériences de mort imminentes. Il est chargé de retrouver ce fameux appareil d’Edison dissimulé dans un sanctuaire secret avec d’autres inventions mais, évidemment, il n’est pas le seul à vouloir mettre la main dessus…

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

EB : Toujours ! Le tombeau du diable présentait l’affaire de Glozel, une histoire d’archéologie mystérieuse qui a défrayé la chronique au début du XXe siècle, La musique des ténèbres s’appuyait sur des recherches avant-gardistes sur l’influence des ondes électromagnétiques et de la musique sur le vivant, en s’inspirant notamment de l’affaire Priore, un inventeur des années 50 ayant mis au point une machine pour guérir le cancer et La voix des morts évoquait une invention de Thomas Edison servant à communiquer avec les défunts. Dans chaque roman, je déguise également des anecdotes vécues lors de mes reportages de l’époque comme cette personne qui organisait des séminaires pour que les gens rencontrent leur ange gardien dans un passage du Tombeau du diable. Et puis j’aime à faire revivre des personnages emblématiques comme Camille Flammarion, Alan Kardec ou Jules Verne dans La voix des morts.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

EB : Beaucoup ne savaient pas que je présentais de vraies affaires. En le découvrant les langues se déliaient car nombreux sont ceux qui se sont retrouvés face à des phénomènes paranormaux dans leur vie sans oser en parler. J’ai ainsi recueilli des anecdotes qui alimenteront mes prochains romans.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

EB : Je suis très curieux de nature, m’intéresse à tout ce qui concerne l’humain et suis très friand des histoires ou des mystères. J’adore la l’Histoire, la littérature, le cinéma, la bande dessinée, les jeux vidéos… Je m’intéresse aussi aux Escape games, aux jeux immersifs, à ce qui transcende la réalité. Je pratique également la photographie et suis sensible à l’art sous toutes ses formes. Je suis passionné par la psychologie et essaie toujours de comprendre les comportements des gens, ce qui a forgé une personne. On pense souvent que la véritable aventure est au bout du monde. En fait la plus difficile à vivre c’est l’exploration de soi même et des autres… Elles sont là, les contrées inexplorées. J’essaie de me donner les moyens d’avoir accès au monde, à ses mystères et de comprendre les hommes. Côté sports, c’est pour cela que j’ai fait de l’équitation, de la plongée, de la varap, de la boxe thaï… Cela m’a permis de découvrir de nouveaux milieux, de nouvelles facettes du monde et de ses habitants. Je me vois plus comme un observateur ou un explorateur.

JP : Avez-vous des projets ?

EB : Enormément. Si les lecteurs me suivent, j’ai d’autres aventures mystérieuses à faire vivre à Thomas Cazan. Il se pourrait qu’il participe à une émission de télé réalité, ça pourrait être amusant. Et puis j’ai une idée de romans de science fiction pour ados autour des Escape games et d’un monde parallèle style steampunk. Et puis j’ai toujours en tête d’adapter les aventures de Thomas Cazan en bandes dessinées. J’aimerai bien m’essayer aussi à la co-écriture d’un roman, histoire de ne pas me sentir seul face à mon ordinateur.

JP : Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

EB : C’est un vrai plaisir de retrouver certains auteurs… Je pense à Douglas Preston et Lincoln Child, James Rollins, Serge Brussolo qui présentent tous les ingrédients que ce que j’aime : mystère, énigme historique ou scientifique, aventure… Et je me régale presque à chaque fois car c’est efficace et imaginatif. Mais je garde une tendresse particulière pour les anciens : Maurice Leblanc, Jean Ray et surtout, dans un genre totalement différent Stephan Zweig avec ses biographies et des nouvelles comme Lettre d’une inconnue.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

EB : Je verrais bien une musique de film d’aventure ou fantastique… Celle qui me vient à l’esprit c’est Dark Cristal, bien que l’univers soit assez éloigné. Mon écriture est assez cinématographique. J’essaie d’être efficace, de ne pas avoir de temps morts. Je n’ai d’autres ambition que d’écrire des romans de gare qui font passer un bon moment au lecteur tout en le sensibilisant à de vraies histoires mystérieuses sur lesquelles il peut lui-même enquêter par la suite.

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

EB : Ma page Facebook est faite pour cela : https://www.facebook.com/ericbonyauteur

JP : Merci Eric Bony d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

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