Clare MACKINTOSH : Je te vois

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Royaume-uni
Clare MACKINTOSH - Je te vois
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  • Éditions Marabout le 22 mars 2017
  • Éditions Livre de Poche le 21 mars 2018
  • Traduit par Françoise SMITH
  • Pages : 544
  • ISBN : 9782253044772
  • Prix : 8,40 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Comme des milliers de Londoniens, Zoe Walker emprunte quotidiennement le métro et feuillette le journal distribué sur le quai. Un matin, elle y découvre sa photo dans les petites annonces, sous l’adresse d’un site Internet. Qui a pris ce cliché à son insu ? Dans quel but ? Et puis, est-ce bien elle ? Sa famille n’en est guère convaincue. Zoe ne trouve qu’une oreille attentive : celle de Kelly Swift, un agent de la police du métro. Car une succession d’incidents étranges, puis le meurtre d’une femme qui avait également découvert sa propre photo dans le journal persuadent Kelly que quelqu’un surveille les moindres faits et gestes des passagères. Chacune de leur côté, Zoe et Kelly vont lutter contre cet ennemi invisible et omniprésent.

L’AVIS DE CATHIE L.

Clare Mackintosh est une femme de lettres britannique. Après avoir obtenu un diplôme en management, elle travaille comme secrétaire bilingue à Paris afin de parfaire ses études. De retour en Angleterre, elle entre dans la police qu’elle quitte après douze années de service. Elle devient alors journaliste indépendante et consultante en medias sociaux. Elle publie son premier roman, Te laisser partir, en 2014 pour lequel elle obtient le Prix du meilleur polar international en 2016.

Le roman

Je te vois, second roman de l’auteur, I see you en version originale parue en 2016, a été publiée par les éditions Marabout, dans la collection « Fiction – Marabooks GF », en 2017. Les thèmes abordés sont l’insécurité qui règne dans le métro et les rues londoniens et l’usurpation d’identité : « Il y a chaque jour des centaines, voire des milliers de cas d’usurpation d’identité (…) nous devons nous montrer extrêmement prudents, vérifier plusieurs fois les papiers d’identité de nos clients et n’accepter que les originaux ou copies certifiées conformes. » (Page 120).

L’histoire est racontée selon différentes perspectives: au présent et à la première personne par la narratrice, Zoé ; passé et troisième personne selon le point de vue de Kelly, policière ; passages en italique exprimé au présent par l’assassin => Découpage qui donne de l’épaisseur au récit.

L’intrigue

Zoé, comptable dans une agence immobilière, emprunte chaque jour le métro londonien, comme des milliers de compatriotes. Un matin, alors qu’elle feuillette le journal distribué sur le quai, elle lit, dans la rubrique consacrée au téléphone rose, une annonce qui la laisse sans voix : la photo qui accompagne le numéro de téléphone et l’adresse du site internet n’est autre que la sienne!! Peu à peu, le doute s’installe. Même s’il s’agit d’un canular, qui a bien pu utiliser sa photo et la publier à son insu ?

Face au scepticisme de ses proches, Zoé trouve une oreille attentive auprès de Kelly, jeune agent de la police du métro, qui a observé une succession d’événements étranges. Quand le cadavre d’une femme, dont la photo avait été publiée dans les mêmes circonstances que celle de Zoé, est retrouvé, il devient évident que quelqu’un surveille les allées et venues des passagères du métro. Qui peut bien être cet ennemi invisible et pourtant omniprésent? Quel est son but ? Il faudra toute la ténacité de l’agent Kelly Swift pour l’identifier et l’empêcher de nuire à nouveau.

Les personnages

• Zoé Walker : narratrice ; 40 ans, deux enfants, comptable dans une agence immobilière.
• Simon : compagnon de Zoé ; 54 ans ; cheveux gris clairsemés, grand et longiligne ; parfait homme d’intérieur ; homme bon et bienveillant; journaliste au Telegraph, écrit un roman d’espionnage.
• Katie : 19 ans, fille de Zoé ; jolie jeune femme aux longues jambes ; serveuse dans un bar en attendant de devenir actrice professionnelle.
• Justin : fils de Zoé, 22 ans.
• Mélissa : voisine et amie de Zoé ; propriétaire de deux cafés à Londres; patronne de Justin ; longs cheveux bruns et brillants qu’elle coiffe en chignon.
• Neil : compagnon de Mélissa, travaille dans l’informatique.
• Kelly Swift : flic à la brigade anti-pickpockets puis dans la police de proximité ; menton carré, nez étroit, yeux marron foncé; tempérament colérique, sujette au stress ; ambitionne d’intégrer la criminelle.
• Derek Rampello : capitaine de police à la brigade criminelle du Nord-Ouest ; environ la trentaine ; physique carré et râblé, teint olivâtre ; tatouage sur l’avant-bras ; a le sens de l’humour, prétentieux.
• Commandant Alan Digby : chef de Kelly à la BTP ; à six mois de la retraite ; homme sympathique et honnête ; tempes grisonnantes, regard perçant, allure jeune pour son âge.
• Luke Friedland : passager qui a sauvé Zoé dans le métr o; voix profonde, pleine d’assurance; épais cheveux gris, barbe bien taillée, assez grand.

Les lieux

Les diverses scènes du roman se déroulent dans la rue, dans le métro, dans les locaux de la police mais la maison de Zoé représente un endroit-clé dans le récit. Une petite maison nichée au fond d’une rue dont elle est séparée par un portail, une petite entrée donnant sur le salon, une cuisine exiguë. Mais également la maison de Mélissa, sa voisine : conçue sur le même plan que celle de Zoé sauf que la petite cuisine a été remplacée par une vaste extension occupant l’ancien passage et mordant sur le jardin, éclairée par deux vastes Velux et des baies coulissantes courant sur toute la largeur de la maison. Le bureau de Mélissa est situé sous une fenêtre.

L’ambiance

Peu à peu, l’auteure distille dans son récit une atmosphère de suspicion, de paranoïa qui enfle et s’amplifie au fur et à mesure du déroulement de l’intrigue. L’habileté de Clare Mackintosh réside dans sa capacité à instaurer le doute non seulement dans l’esprit de Zoé mais également dans celui du lecteur : est-elle perturbée ? Sa paranoïa repose-t-elle sur des bases tangibles ? « Et si j’avais sauté ? Et si mon inconscient m’avait poussée vers les rails alors que mon cerveau envoyait des messages contraires à mon corps ? » (Page 249).

La scène dans le métro se déroule selon un rythme volontairement lent, le temps de laisser monter d’abord une inquiétude diffuse, puis une angoisse plus palpable :

« J’essaie de me raisonner : je suis entourée de passagers, il ne peut rien m’arriver. Je manque pourtant de trébucher en me hâtant de descendre. Je me retourne au moment où se les portes se referment, plus confiante depuis que je me suis éloignée de l’homme qui m’observait…Je ne peux m’empêcher de me mettre à courir en direction de la sortie, mon sac à main me heurtant le flanc, sans me soucier de mon allure. Je ne serais pas étonnée qu’il me suive… » (Pages 225-227).

En découle un aspect très important du récit : la psychologie de Zoé. Comment cette femme, apparemment équilibrée, qui mène une vie ordinaire, qui ne présente aucun symptôme de fragilité nerveuse, peut-elle, juste après avoir vu sa photo dans le journal, basculer peu à peu dans une psychose qui affecte non seulement sa personnalité, la façon dont elle perçoit son entourage, mais également ses relations avec ses proches ?

En conclusion

Je te vois illustre avec beaucoup de cohérence le problème des conséquences psychologiques et sociales de l’insécurité dans le métro ou dans la rue, habilement relayé par des personnages très crédibles et une intrigue bien ficelée. La manipulation mentale est un phénomène qui peut présenter de nombreux aspects différents et se manifester de manières tout autant différentes. Clare Macintosh réussit avec ce roman à instiller le doute dans l’esprit du lecteur jusqu’à la scène finale vibrante de tension dramatique. Je gage qu’après l’avoir lu, jamais plus vous ne vous laisserez enfermer dans un train-train quotidien. Personnellement, à aucun moment je n’ai été en mesure d’identifier l’auteur des crimes. Et vous, serez-vous plus perspicace??

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