Interview de Jean-Marc SOUVIRA

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Jean-Marc SOUVIRA
(c) Philippe Matsas / Opale

L’auteur du roman Le Magicien s’est livré au jeu de l’interview.

Pouvez-vous me décrire en quelques mots votre parcours ?

J’ai débuté dans la police comme inspecteur après des études de droit. En 1990, j’ai passé le concours de commissaire de police et l’essentiel de ma carrière de policier est consacré à la police judiciaire : groupe de flagrants délits, stupéfiants, criminel, courses et jeux, unités de recherches dans le métro, brigade des mineurs lutte contre pédo-pornographie, traite des êtres humains (répression du proxénétisme international)maintenant. Voilà en quelques mots un panorama de ma vie professionnelle.

Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

L’envie d’écrire couvait depuis quelques années. J’ai sauté le pas en 2005, j’avais emmagasiné pas mal d’histoires difficiles et j’ai ressenti le besoin de raconter. De plus, j’ai travaillé mon premier scénario pour le film Go Face de Jean-Luc BESSON et j’ai ressenti une frustration à ne pas pouvoir faire passer plus d’émotions. Seul le roman m’a permis de me « livrer ».

Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

J’écris essentiellement et pratiquement toutes les nuits. J’ai une vague idée de la fin du roman quand je démarre l’écriture, mais tout peut changer en cours de route, ce sont les personnages qui prennent la main et qui font ce qu’ils veulent

Quelle est la genèse de votre livre ?

De réelles affaires policières dont j’ai eu à connaître.

Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

Oui bien sûr, par exemple dans le Magicien, le directeur de la police judiciaire, le policier retraité (Perrec), le chauffeur de taxi. Et bien sûr le tueur, Arnaud Lécuyer, qui est une superposition de 4 personnes que j’ai côtoyé (dont un pédophile qui avait violé 35 petites filles)….. (NDLR : Le Commissaire est père de deux enfants, il est marié, il cherche à équilibrer son travail et sa vie de famille…. )

Les nouvelles technologies ont-elles changés les comportements des forces de police et des délinquants ?

La société est en pleine mutation. Il y a donc une modification du comportement des policiers et des « prédateurs ». Les délinquants se renseignent sur les techniques également. L’ADN prouve que la personne était sur la scène du crime pas qu’elle est la coupable. Il faut se méfier des possibilités de mise en scène. L’ADN n’est qu’une preuve parmi tant d’autres.

Il y-a-t-il un facteur qui peut déclencher un comportement dangereux ?

Un individu peut dérailler à cause d’un lieu.

Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de votre livre et sa parution ?

J’ai écrit le livre en 8 mois. Fleuve noir l’a reçu en février 2007, nous nous sommes rencontrés en mars pour en parler, après il y a eu un cycle de corrections du manuscrit (présentation, temps des verbes, quelques précisions) et en novembre c’était terminé. Il y a eu une relecture d’épreuves, puis imprimerie et parution le 21 février 2008. J’ai apprécié le travail fait avec l’équipe de Fleuve Noir, des personnes très professionnelles et très agréables.

Quelle a été la réaction de vos proches, de votre milieu professionnel à la lecture de votre livre ?

Très bonne. Le milieu professionnel a été en plus étonné puisqu’il a découvert le roman une fois publié.Et j’ai reçu beaucoup d’encouragements.

Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs ?

J’ai découvert des réactions très chaleureuses de personnes que je ne connaissais pas et qui se sont littéralement appropriées le roman. Souvent j’ai été questionné sur le comportement du tueur en série que je décris dans le roman. D’ailleurs certains ont été complètement fascinés par le fonctionnement du tueur, mais c’est la simple réalité que je décris. J’ai eu aussi de nombreuses questions sur la réalité du métier de policier que j’aborde dans le roman et qui a véritablement intéressé les lecteurs.

Aimeriez-vous écrire dans un autre style que le roman policier ?

Peut-être…

Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

Je suis un inconditionnel de la musique de jazz et de blues, d’ailleurs dans Le Magicien je mets quelques touches de musique. Le cinéma bien sûr, mais surtout la photographie que je pratique régulièrement. Du noir et blanc en argentique avec des beaux tirages.

Quels sont vos projets ?

Un second roman qui débute avec de nouveau Mistral, d’autres projets d’écritures de films aussi.

Aimeriez-vous que votre livre soit porté à l’écran ? Est-ce déjà une idée sur les rails ?

Oui aux deux questions.

Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

Les cavaliers de Joseph KESSEL, le dictionnaire amoureux de la mer et de l’aventure de Jean-François DENIAU.

Avez-vous un site internet ou un blog où vos lecteurs peuvent laisser des messages ?

Pas encore.

Un immense merci à Jean-Marc SOUVIRA d’avoir bien voulu se prêter au jeu des questions avec toute la gentillesse et la chaleur humaine qui le caractérisent.

Cette interview a été réalisée par Sophie & Lucie lors du salon du livre de Paris 2008 et lors du Festival Quai du polar 2008 à Lyon.

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