Georges BAYARD : Série Michel – 05 – Michel au val d’enfer

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Ce tome de Michel regroupe les éléments qui font de lui un très bon épisode : un fait divers, une enquête, la solidarité.

Georges BAYARD : Série Michel - 05 - Michel au val d'enfer

Présentation Éditeur

Il s’en passe des choses, à Capdezac, depuis que des « étrangers » sont venus construire un barrage dans le Val d’Enfer !

La nature peut-elle se venger ? Le vieil Antonin qui l’affirme n’a peut-être plus toute sa tête. Mais Régis n’a-t-il pas tort d’accuser le père de Milo du sabotage qui a lieu, une nuit d’orage ?

Michel et Martine, « étrangers » eux-aussi, s’engagent peut-être dans la plus délicate et difficile des enquêtes, par sympathie pour Milo. C’est que la police a trouvé un coupable, contre qui pèsent de lourdes présomptions.

Michel et Martine luttent pour aider leur ami et démasquer le véritable saboteur. Mais tant d’obstacles se dressent sur leurs pas, tant d’intérêts contradictoires, et jusqu’aux garçons du pays.

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Origine Flag-FRANCE
Éditions Hachette Jeunesse
Date 1960, octobre 1995
Pages 189
ISBN ..
Prix .. €

L'avis de Sophie PEUGNEZ

A qui paie le sabotage ?

Michel est en vacances chez l’oncle et la tante de Martine. Il s’est très vite intégré dans l’ambiance familiale. En pleine nuit, un orage assez violent éclate et une déflagration secoue même la maison. Plus rapide que le journal, il y a la place du village et les voisins. On parle d’un sabotage qui touche le barrage. Ce lieu a déjà suscité bien des mécontentements et les « italiens » qui ont achetés et restaurés une auberge juste à côté n’attirent pas que la sympathie.

Toute personne qui n’est pas du village peut être considérée comme un « étranger » et c’est bien connu ils sont porteurs de tous les maux. Michel et Martine sentent un peu cet esprit dans les railleries d’un petit groupe de jeunes. Mais ce climat va également conduire « l’italien » en prison. En effet, un appel anonyme a signalé qu’il avait des explosifs dans son cellier.

Heureusement la jalousie et la méchanceté ne sont pas dans tous les esprits. Michel, Martine vont enquêter pour sauver l’honneur de l’aubergiste et éviter qu’un innocent croupisse derrière les barreaux.

Ce tome de Michel regroupe les éléments qui font de lui un très bon épisode : un fait divers, une enquête, la solidarité. Les jeunes gens se trouvent confrontés à la peur, à la méfiance que peuvent susciter « les étrangers » (ceux qui n’ont pas grandis dans le village. Georges Bayard pèse ses mots mais je pense que l’on pourrait parler de racisme).

En décor : un barrage. L’auteur met souvent en avant des nouvelles constructions ou des nouvelles technologies (ici, cet édifice, dans d’autres une fusée…). Il aime mettre en avant les technologies qui intriguent, fascinent et font en même temps peur. Tout le monde n’avait pas accès à l’information aussi facilement que maintenant, la presse était là mais il fallait avoir la curiosité et l’envie de la lire.

Un autre décalage qui fait sourire : un appel anonyme est passé. Et Michel s’informe pour savoir combien il y a de téléphones dans le village : seulement deux ! Ce roman a été écrit en 1960. Bien loin des téléphones portables, internet. C’est ce qui fait le charme des « Michel », c’est le témoignage d’une culture, d’un mode de vie qui a changé sans être si loin de nous. La scène de la pellicule 36 poses… on ne prenait pas n’importe quelle photo ! Et la scène de la lessive :  » Martine s’intéressa à la méthode si spéciale, qui est encore en pratique dans cette région. Le linge à laver est placé dans un grand récipient de fonte. On le couvre d’une toile de jute débordant largement et on dispose sur elle une bonne couche de cendre de bois. La toile est ensuite repliée de façon à former un sachet. L’eau bouillante est alors versée sur le tout. L’eau entraine la potasse des cendres. C’est le trempage du linge ». Ils auront ensuite le rincer à la rivière en le transportant grâce à un âne. Cette opération a lieu une fois par semaine.

La technologie a évolué à un rythme différent selon les régions et là on découvre une ambiance de petit village.

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Co-fondatrice de Zonelivre.fr. Sophie PEUGNEZ est libraire et modératrice professionnelle de rencontres littéraires. Elle a été chroniqueuse littéraire pour le journal "Coté Caen" et pour la radio.

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