Franck BOUYSSE : Né d’aucune femme

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France
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PRÉSENTATION ÉDITEUR

 » Mon père, on va bientôt vous demander de bénir le corps d’une femme à l’asile.
— Et alors, qu’y-a-t-il d’extraordinaire à cela ? demandai-je.
— Sous sa robe, c’est là que je les ai cachés.
— De quoi parlez-vous ?
— Les cahiers… Ceux de Rose. »
Ainsi sortent de l’ombre les cahiers de Rose, ceux dans lesquels elle a raconté son histoire, cherchant à briser le secret dont on voulait couvrir son destin. Franck Bouysse, lauréat de plus de dix prix littéraires, nous offre avec Né d’aucune femme la plus vibrante de ses oeuvres. Ce roman sensible et poignant confirme son immense talent à conter les failles et les grandeurs de l’âme humaine.

Ce roman est lauréat du Grand Prix des lectrices de Elle, du prix du roman inspirant Psychologies magazine, du Prix des libraires et du premier Prix Babelio. Il a également remporté le prix de La Maison du livre de Rodez et le Prix Passion Passerelles de la librairie Passerelles de Vienne. Il est par ailleurs en compétition pour le Prix Louis Guilloux et le Prix des lecteurs de la librairie Expressions à Chateauneuf-de-Grasse.

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Quand un auteur commence à rafler tous les prix, tu pourrais commencer à être jaloux, te dire merde, encore lui ! Il paie combien pour ça son éditeur ?

Puis tu lis le livre, et là tu te dis qu’il n’en a pas encore gagné assez, qu’il faut que ce roman en ramasse encore plus, parce que merde là, c’est du lourd !

Un livre que l’on aurait voulu avoir le talent d’écrire…

Elle est belle, elle est forte, elle est triste, elle est pleine d’émotion Rose, et Bouysse nous raconte la vie de cette fille d’agriculteurs on ne peut plus pauvres dans un passé pas si lointain.

Franck surprend une fois de plus avec ce livre d’une force époustouflante.

Un roman à plusieurs voix, où chaque protagoniste « parlent » avec son niveau de culture, ses sentiments, les visions de chacun se croisent, s’entrechoquent, explosent.

Le personnage central, c’est Rose, qui a noté dans des cahiers sa vie, avec ses mots, ses tripes, elle ne veut pas que les secrets qui ont brisé son existence restent tus.

Bouysse sait travailler l’émotion pas seulement à ses personnages, il la balance de plein fouet aux visages de ses lecteurs…

Avec Nous rêvions juste de liberté de Loevenbruck, c’est ma seconde grande claque littéraire depuis des mois et des mois, lire les deux à la suite fut un pur régal, on en redemande !

L’AVIS DE YANNICK P.

Ce fut une 1ère pour moi que de lire ce roman et de l’écouter dans sa version livre audio. Deux expériences d’un même ouvrage. A vrai dire, l’audio-livre n’était pas ma tasse de thé. Mais je me suis laissé aller au plaisir en alternant ses deux supports.

Avant de lire ce roman, j’ai attendu. Il m’a fallu attendre d’être apte à le recevoir, prêt à affronter la vie de Rose, vendue par son père à 14 ans avant de finir enfermée à la sortie d’un asile, coupable du pire. Mais résumer ce livre à cela serait une erreur.  Né d’aucune femme est bien davantage que cela. C’est la vie de Rose, partagée entre les miséreux, les malheureux et les misérables, les pitoyables. C’est un destin couvert d’un secret, celui d’une femme, piégée par sa condition.

Né d’aucune femme est un magnifique roman noir. Il possède une qualité d’écriture rare, un phrasé, extrêmement musical, qui s’étire et tend parfois vers une once poésie si tant est que l’on puisse évoquer la douceur. Mais il n’en est rien. Aucune lumière ne filtre dans ce livre. Son univers est froid, austère et violent. Et pourtant… Il offre une dimension où la fiction semble s’effacer derrière la brutalité pour se découvrir en un pan de miséricorde. Là, il devient éblouissant.

Une nouvelle fois, un auteur prouve, si besoin en était, que le noir sait être d’une puissance incomparable. Bouysse m’a tiré de ma zone de confort. Ce livre m’a pris aux tripes. Il est certain qu’il ne laisse pas indifférent. Il m’a secoué et pour être honnête j’ai été souvent partagé entre le rejet, tant l’ignominie de certains personnages est colossale, et la nécessité, le besoin quasi physique d’aller au bout. Une nécessité de mansuétude vis-à-vis de Rose. Son personnage, broyé, n’est pas sans susciter en moi un élan d’affection pareil à celui que j’ai encore aujourd’hui pour Fantine. Rose n’est qu’une femme – Elle ne vaut pas grand-chose, les filles ne valent jamais rien dans le monde des paysans – victime de la lâcheté et la violence des hommes et des femmes, soumise jusqu’à la folie, et assoiffée de rédemption.

Chaque histoire est grande de son propre mystère, surtout lorsqu’elle dérive vers la douleur, écrit Bouysse. C’est bien cela. La douleur. Dans cette descente dans la ruralité du XIXème siècle, tandis que la parole est offerte à chaque protagoniste, Bouysse a su accorder son écriture à chacun de ses personnages. La force des mots, ceux de Rose dans ses cahiers dont le père Gabriel, devient le dépositaire, ceux de Franck sous cette couverture splendide, sont majestueux, rudes et cruels.

La force des descriptions des personnages, celle de la vieille, d’Onésime – le père, d’Edmond et Charles – le maitre, est si forte que les odeurs même du manoir du maître de forge transparaissent au fil des pages. C’est un roman dur, malaxé dans la trahison, l’avilissement, la bestialité. Mais c’est aussi un acte de résistance. Rose devient une héroïne qui transcende son monde. Elle brille de mille éclats dans un univers sombre.

Il ne reste à la fin que l’émotion et une expérience de lecture qui bouleversent. La dernière fois où j’ai été dans cet état après avoir refermé un livre, ce fut grâce à Henri Loevenbruck à travers Nous rêvions juste de liberté. Rien en commun si ce n’est une profonde humanité qui transpire entre les lignes.

Alors oui, ce n’est ni un thriller, ni un polar, pourtant Né d’aucune femme est un vrai roman noir, poignant et qui plus est, un excellent.

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