Ernesto MALLO : Buenos Aires Noir

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Argentine

INFOS ÉDITEUR

Buenos Aires Noir - Ernesto Mallo

Parution aux éditions Asphalte en mai 2016

Traduit par Olivier HAMILTON et Hélène SERRANO

La collection « Asphalte Noir » fait escale dans la capitale argentine ! Ernesto Mallo et treize auteurs portègnes vous montrent son côté obscur et méconnu, des cités dortoirs aux quartiers chics, des repaires de la jeunesse aux villas miserias (bidonvilles), de l’ultra-centre grouillant d’activité aux confins de la banlieue, à la rencontre des trois millions d’habitants que compte la deuxième plus grande ville de l’Amérique latine.

« Ville de contrastes et de contradictions, constamment au bord du chaos, Buenos Aires vous fait chavirer le coeur par son désordre et sa violence, sa circulation anarchique, sans règles ni ordre, où règnent l’insulte facile et le bruit assourdissant des pots d’échappement, des klaxons et des esclandres. » Ernesto Mallo.

Avec des textes d’Ernesto Mallo, Claudia Piñeiro, Elsa Osorio, Pablo De Santis, Leandro Ávalos Blacha, Inés Garland, María Inés Krimer, Inés Fernández Moreno, Gabriela Cabezón Cámara, Ariel Magnus, Enzo Maqueira, Alejandro Parisi, Alejandro Soifer et Verónica Abdala.

(Sources : Asphalte – Pages : 207 – ISBN : 9782918767602 – Prix : 21,00 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Un auteur a succès qui savoure pleinement les avantages d’être l’un de gros vendeurs de sa maison d’édition :

« Jenner, qui mettait toujours un point d’honneur à être ponctuel, était parti de chez lui largement en avance. Il avait décidé de se rendre à pied à la librairie, même si la balade lui prendrait une bonne demi-heure depuis son appartement de Puerto Madero, loué tout spécialement pour lui par sa maison d’édition suite à son divorce – une sorte d’avantage en nature stipulé par son faramineux contrat d’édition. Aucun autre écrivain argentin ,’avait pu négocier un tel arrangement, mais pas un n’arrivait à vendre, comme lui, plus d’un demi-million d’exemplaires de n’importe quel ouvrage qu’il publiait, quel que soit le genre, tout simplement parce que son nom était imprimé sur la couverture.

En chemin, Jenner fut surpris par la saleté qui régnait dans cette partie de la ville ; il constata également que de nombreuses dalles de la chaussée étaient brisées, et surtout que des groupes de jeunes étaient assis au beau milieu du trottoir, occupés à boire de la bière en écoutant de la musique assourdissante ». (extrait des pages 15-16)

Le portait de cet homme est à la fois une brillante critique de Claudia Pineiro qui démontre parfaitement combien ce type d’auteur est concentré sur sa personne et pour qui le lecteur passe au second plan. De plus, il a commis un acte affligeant.

De plus cette nouvelle ouvre parfaitement l’anthologie, c’est à la fois centré sur une personne et c’est en même temps la peinture de la ville, plus exactement d’un quartier. La promenade dans Buenos Aires commence donc par « La mort et le canoë » à San Telmo.

Le texte suivant « trois pièces avec patio » d’Elsa Osorio.Nous découvrons l’histoire d’une jeune femme qui va occuper avec son fiancé un appartement Nunez, excentré du centre ville mais cela lui convient parfaitement. Elle ne sait pas où elle donnera des cours bientôt. Or elle ne peut s’empêcher de penser à Sylvio, qui a été son professeur particulier et qui lui a transmis de nombreux baisers et caresses. Ils se sont disputés, perdus de vue. Elle aimerait malgré tout prendre de ses nouvelles, c’est comme si il s’était volatilisé. Son ancien appartement est à vendre avec du mobilier encore dedans. D’étranges individus auraient-ils fait disparaitre celui qu’elle a tant aimé ?

Un autre auteur argentin que j’ai eu le bonheur de retrouver dans cette anthologie Pablo De Santis dont j’avais adoré « La soif primordiale » (Métailié, Folio). Il propose ici « Un portrait dans la foule ». Histoire très émouvante d’un photographe qui adore prendre des portraits d’inconnus dans la foule depuis des années. Il a couvert de nombreuses manifestations. Il reçoit à son travail des enveloppes contenant d’étranges clichés. J’avoue c’est un des récits que je préfère. A la fois intense, surprenant et juste.

« Buenos Aires » est composé de trois temps forts : Amour, Infidélités et Crimes imparfaits.

Je vous ai présenté toutes les nouvelles de la première partie. Et avant de vous laisser parcourir à votre tour avec un regard neuf « Buenos Aires Noir », j’avais envie de vous dire quelques mots sur un autre récit qui m’a touché et troublé « La défunte » d’Ines Garland. Empathie totale dès les premiers mots pour celle qui est convié par son amant à l’enterrement de sa femme. Elle se sent déplacée. Une véritable fragilité se dégage d’elle. Elle est libraire. Et son quotidien va être marié par la visite d’une femme qui semble l’observer. Une ambiance qui me fait penser à certaines nouvelles de Barbey d’Aurevilly dans « Les diaboliques ».

Oser franchir le seuil, tourner la page et déambuler à votre tour dans Buenos Aires. Ville à la fois très attirante mais où le danger peut également poindre à tout moment.

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