Eric MARAVELIAS : La faux soyeuse

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France

INFOS ÉDITEUR

La faux soyeuse - eric maravelias

Parution aux éditions Gallimard collection Série Noire en mars 2014

Parution aux éditions Folio en octobre 2016

«Je suis couvert de sang mais je suis bien. Rien à foutre. Dans l’univers cotonneux et chaud de la défonce opiacée, le sang n’est rien. La mort n’est rien. Et moi-même je ne suis rien. Joies et chagrins se succèdent dans une espèce de brouillard confus, un ballet macabre, et rien ne subsiste de tout cela, sinon parfois, au détour du chemin, un sentiment de gâchis irréversible qui me prend à la gorge. Nos vies de parias sont comme de frêles esquifs privés de gouvernail. Sans plus personne à bord. Elles sont ballottées au creux de flots tourmentés, secouées par des vents inconnus et changeants qui les mènent à leur gré vers des côtes plus ou moins hospitalières, incapables que nous sommes de changer ne serait-ce que la moindre virgule au récit chaotique de nos existences.»

(Source : Gallimard – Pages : 256 – ISBN : 9782070144938 – Prix : 16,50 €)

L’AVIS DE MURIEL LEROY

Que dire de ce livre, si ce n’est qu’il est le reflet de la jeunesse des années 1980/1990… Mais pas la jeunesse dorée, non la jeunesse en perdition, attirée par la drogue et prise dans un engrenage sans fin !

L’auteur nous montre là à quel point il devient difficile de s’en sortir quand on a commencé à se droguer en touchant aux drogues dites dures telles que l’héroïne ! Il fait là un portrait sans concession de cet univers, la spirale vers la violence, le manque et le sida…

Cette génération est, hélas, celle du SIDA où les toxicos faisaient partie des premières victimes !

Le manque, lui, est montré aussi de façon très réaliste avec toutes les souffrances que cela suppose, difficile de s’en faire une idée précise tant qu’on n’y a pas touché soi-même ! Ces scènes sont excessivement dures et glaçantes pour quiconque ne connait pas ! Pour le fuir, ils sont prêts à tous les excès, vols, trahison et meurtres si nécessaires !

Il y a aussi des histoires d’amitié, d’amour, des liens qui se tissent et se défont, détruits par la drogue, au fur et à mesure du récit.

Les personnages sont dépeints avec une vraie sensibilité, très attachants même s’ils ne sont pas des enfants de chœur! On s’attache à eux malgré cette violence latente tout au long de l’histoire… Aucun n’est vraiment antipathique, nul n’est décrit comme tout noir ou tout blanc, pas de caricature au contraire tout est nuancé, ce qui les rend aussi profondément humain ! Ils ont leurs failles, leurs faiblesses dans un monde devenu sans pitié où seule la drogue prend une place capitale ! Ils ne volent pas pour s’enrichir mais pour s’en sortir, pour une dose.

« Faux soyeuse » est noir à l’image du monde dans lequel ils vivent, sans issue et loin des contes de fées et des séries qu’on regardait à l’époque… mais c’est aussi là un roman ou plutôt un pamphlet qui met en garde contre les effets pervers de la drogue, comme le titre en lui-même l’évoque, avec un jeu de mot compréhensible une fois le récit achevé (qui évoque le coté tromperie mais aussi la mort )… On y oublie ses problèmes mais le prix à payer est finalement très lourd !

Ce livre est pour moi une vraie réussite que je recommande à tous !

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