Emmanuel GRAND : Terminus Belz

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France

INFOS ÉDITEUR

Emmanuel GRAND - Terminus Belz
Terminus Belz

Parution aux éditions Liana Levi en janvier 2014

Parution aux éditions Points en janvier 2015

Sélection 2015 Prix du meilleur Polar des lecteurs de Points

Prix Polar SNCF 2016

Un jour de janvier, Marko Voronine et trois autres Ukrainiens quittent leur pays pour la France, cachés à l’arrière d’un camion. Le voyage pourrait se faire en quelques heures, mais les passeurs roumains sont des tordus décidés à se payer du bon temps avec la jeune fille montée à bord.

Les clandestins parviennent à les maîtriser, à s’emparer du camion et à récupérer leur argent. Mais ils savent que la mafia roumaine voudra se venger : se séparer est le seul moyen de la semer. Marko prend le chemin de la Bretagne. Grâce à une petite annonce, il trouve rapidement un emploi auprès d’un patron de pêche sur l’île de Belz.

À l’arrivée, l’endroit n’est pas aussi paisible que prévu. Le métier du grand large en a pris un coup, l’embauche est rare sur les chalutiers et les marins rechignent à céder la place à un étranger. Des histoires bizarres agitent aussi la petite communauté. Vieilles légendes, superstitions ou surnaturel ? Sur « l’île des fous », comme on la surnomme dans la région, les hommes redoutent par-dessus tout les signes de l’Ankou, l’Ange de la mort.

Lorsqu’un crime est commis, les îliens soupçonnent Marko de l’avoir réveillé. Sans papiers, plongé dans un univers hostile, le jeune fugitif aura beaucoup de mal à se disculper, à esquiver les tueurs roumains comme la police française, à démêler le vrai du faux et à conjurer ses propres démons…

Un scénario solidement charpenté, une atmosphère envoûtante, des univers qui se télescopent avec brio : Emmanuel Grand mène son thriller d’Est en Ouest à un train d’enfer.

(Source : Liana Levi – Pages : 368 – ISBN : 9782867467066 – Prix : 19,00 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

Marko Voronine arrive en France en provenance des pays de l’est aux côtés d’autres clandestins. Mais sur la route, cela tourne mal… Ils décident de se séparer afin de semer plus facilement la mafia qui est à leurs trousses. Destination la Bretagne. Rapidement, il trouve une annonce pour un job de marin pêcheur sur l’île de Belz. Sa venue ne va passer inaperçue et va déclencher l’hostilité. Les marins de cette île ont déjà du mal à joindre les deux bouts alors ce n’est pas un étranger qui va leur piquer leur boulot. D’autant plus que très vite, un homme est retrouvé mort sur la plage. Est-ce cet étranger , le tueur ? D’autant plus qu’il n’a pas l’air net sur son histoire… Ou est-ce l’œuvre de l’Ankou, l’ange de la mort car sur cette île, les légendes subsistent…

En mettant les pieds sur cette île, Marko pensait être à l’abri mais la vie insulaire, où tout le monde se connaît, où les vieilles rancunes sont tenaces, où la peur de la nouveauté est bien présente, n’est peut être pas finalement un coin de paradis… Si les flics sont amenés à débarquer sur l’île, il ne pourra pas se cacher bien longtemps, il risque l’expulsion et donc la mort…

J’ai aimé ce personnage principal qui s’accroche coûte que coûte, qui cherche tant bien que mal à bien faire, à s’intégrer malgré les difficultés (d’autant plus qu’il n’a pas le pied marin)…Qui malgré tout, n’oublie pas qui il est et d’où il vient. Il tentera de garder contact avec sa famille malgré la double menace qui pèse. Celle du tueur lancé à ses trousses et celle de cette île « mystérieuse » où il y a d’étranges apparitions ainsi que la méfiance des habitants à son égard.

Il pourra compter sur toute une galerie de personnages secondaires comme l’homme qui lui propose du travail et un toit, avec qui il va presque nouer une relation père-fils. Amitié aussi avec un libraire qui lui rendra service. Et aussi de jolies rencontres avec des cabossés de la vie, avec à la clé, l’amour…

Cette île battue par le vent et les marées est aussi un personnage à part entière. Un peu sauvage, indomptable…

Enfin, l’issue de l’affaire criminelle (qui a tué ce marin ?) est surprenante, je n’ai rien vu venir. L’amour, les légendes, la mer peuvent rendre fou… C’est tout ce que je peux vous dire…

Roman sociétal qui évoque le sort des immigrés clandestins mais aussi la difficulté pour les marins pêcheurs de gagner leur vie correctement en faisant un travail physiquement épuisant… Roman policier musclé avec les passages concernant les mafieux qui ne reculeront devant rien. Roman fantastique avec cette angoisse sourde, ces témoignages qui concordent quand à une présence surnaturelle sur l’île… Emmanuel GRAND a réussi à mixer tout cela sans que cela soit bancal. Ce premier roman est une belle découverte !


L’AVIS DE LEA D.

Depuis le temps que je voulais connaitre Emmanuel Grand, je me lance enfin dans Terminus Belz !

Marko Voronine, accompagné de trois Ukrainiens, quittent leur pays dans un camion à destination de la France. Mais suite à de gros ennuis sur le chemin, ils sont obligés de se séparer, attirant sur eux la vengeance de la Mafia roumaine, qui voudra se venger pour l’affront, ainsi que le vol du camion et de l’argent.
Seul, Marko arrive en Bretagne et sur la petite ile de Belz, où il répond à une annonce pour un travail de pêcheur. Là où il espérait se fondre dans le monde, il attire l’attention et l’hostilité des autres marins, qui ne voit en lui qu’un étranger prêt à leur voler leur rare travail.

N’ayant jamais lu de livres d’Emmanuel Grand, je ne savais pas à quoi m’attendre avec Terminus Belz. Au final, c’est une très sympathique découverte ! Déjà pour le lieu : l’action se situant sur une petite île Bretonne, ça m’a un peu rappelée mes racines car je suis Normande. Et comme tout le monde le sait, il y a une vieille rivalité entre Normands et Bretons : je vous le dit tout de suite, le Mont Saint-Michel est à nous ! Mais aussi pour ce milieu de la pêche, entre entraide et rivalité ; pour le côté terrifiant de la Mafia prête à tout pour venger un affront ; et aussi pour ces légendes entourant l’île, avec celle de l’Ankou.

Qui a véritablement tué le marin, et pour quelles raisons ?

Terminus Belz nous plonge dans une atmosphère très particulière, très bien décrite. Quant aux personnages, ils gagnent en épaisseur au fur et à mesure de l’action, devenant de plus en plus intéressant et vivant. Tous ont une particularité ou une histoire intéressante, on ne peut que rester captiver devant leurs vies. Surtout dans le cadre de cette Bretagne orageuse, empreinte d’histoires et de magie !

Pour une première lecture, Emmanuel Grand m’a énormément intéressée, et je suis curieuse de lire ses prochains romans !


L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Quatre amis ont fui l’Ukraine pour un monde meilleur en se réfugiant dans un camion mais lorsque les passeurs décident d’abuser de l’unique jeune femme du convoi cela tourne au drame. Pour la sauver une bagarre s’engage, l’un des agresseurs semble mort et le second est mis nu pour que le quatuor puisse s’enfuir sans soucis. Mais en récupérant le camion et l’argent, ils vont s’attirer les foudres du responsable du réseau. Afin de protéger leur fuite, ils devront se séparer en évitant à tout pris de communiquer les uns avec les autres.

Marko décide de se passer pour un grec et tente de se faire embaucher comme marin auprès des habitants de l’île de Belz. Il s’attire les foudres d’un certain nombre d’habitants car il pense qu’il vient voler le travail des locaux mais un homme le prend sous sa protection.

Sa présence devient capitale pour son patron solitaire meurtrit par l’existence. Or la découverte d’un cadavre sur la plage va attiser les tensions. Et Marko n’a pas du tout envie d’attirer l’attention sur lui et que les gendarmes viennent le voir. De plus, il apprend que deux de ses compagnons de route ont été tué. Il tremble pour sa soeur et sa mère restées au pays.

Le roman Terminus Belz d’Emmanuel Grand est à la fois subtil et puissant. Il est très actuel car il évoque le besoin vital de certains hommes de fuir leur pays pour des conditions meilleures. Ils deviennent ainsi des sans-papiers, de simples pantins pour les marchands de sommeil et autres passeurs qui abusent de leur détresse. Avec la complexité pour eux, par la suite de s’intégrer dans le pays où ils arrivent. Le regard des autochtones sur l’étranger.

Ce texte est véritablement captivant de la première et la dernière ligne. Cela faisait un certain que j’en entendais parler et je suis heureuse de l’avoir enfin découvert. Il est véritablement original. Il y a quelque chose que je ne saurais définir dans l’écriture d’Emmanuel Grand mais que j’aime beaucoup. Terminus Belz est à la fois ancré dans le réel et en même temps, il fait appel aux légendes bretonnes. L’Ankou rôde. Et il ne faut surtout pas se fier aux apparences.

Un roman policier que je vous recommande vivement.

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