Carl PINEAU : Pour quelques millions !

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Carl PINEAU - Pour quelques millions
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Présentation Éditeur

Conrad est le fils d’une parisienne BCBG, fondatrice d’une ONG, dont l’assassinat, maquillé en suicide, n’a jamais été élucidé.Il galère, depuis, frôlant sans cesse l’illégalité. A quelques encablures de La Havane, Dalhia, une jeune fille abusée par son père, se bat bec et ongles pour éviter à son frère Armando de subir le même sort. Gravitent autour des deux jeunes gens, à La Havane comme à Paris, des hommes d’affaires peu scrupuleux, trempant dans le scandale des Panama Papers, le patron de l’Office central de lutte contre le crime organisé, une très séduisante ukrainienne qui semble jouer double jeu, un boxeur cubain, un ministre terrorisé à l’idée d’être éclaboussé par le scandale politico-financier, quelques cadavres…

Origine Flag-FRANCE
Éditions Lajouanie
Date 4 juin 2021
Pages 336
ISBN 9782370471840
Prix 18,00 €

L'avis de Yannick P.

Exit Nantes et sa trilogie, en route pour un thriller bien noir avec tous les ingrédients pour passer une excellent moment. Pour quelques millions est poisseux, froid et sent la sueur.

Né du scandale des Panama Papers, ce roman prend son envol en suivant à suivre les millions disparus d’une ONG mais surtout à tenir compagnie à Conrad et Dalhia. Deux enfants que tout oppose mais qui à leur manière, se battent pour faire face à leurs parents ou ceux qui tiennent ce rôle, pour leur survivre, pour juste être debout pour avoir la chance de vivre.

Les thèmes sont nouveaux pour Carl. Le tiers monde et la richesse, avec deux éléments en commun la douleur et l’argent. Riches ou pauvres, tout le monde court après. Et là où les millions ou les rares dollars existent, ronronnent deux moteurs, celui de la corruption et celui de la survie.

A travers, Conrad, Dalhia, Armando et de solides personnages secondaires, Carl nous balade entre Paris et Cuba dans un thriller bien ficelé.

L'avis de Cathie L.

Carl Pineau est né à Nantes en 1966. très jeune, il se met à fréquenter la vie nocturne de la ville. Il se fait d’ailleurs embaucher par une discothèque pour en animer les soirées. Les lieux cultes des nuits nantaises deviennent pour lui un univers familier. 
À 21 ans, il quitte le monde de la nuit et reprend des études.
Bien que Nantes soit sa ville de cœur, il la quitte en 2009, avec sa femme et ses deux enfants, pour aller voir le monde et réaliser son rêve d’enfant : écrire. La famille se fixe  au Québec, où Carl suit les cours de création littéraire de l’université de Laval et entame L’Arménien. 
Depuis 2015, la tribu habite en Thaïlande, où Carl continue d’écrire: les trois tomes de la trilogie Nantaise puis Pour quelques millions.

Pour Quelques Millions a été édité par les éditions Lajouanie en juin 2021. Le style de l’auteur est énergique, sans fioritures ni bla-bla. Les mots justes pour un rythme effréné, sans négliger pour autant de soigner son écriture :

« Le jeune homme se jeta en avant et s’aplatit au sol. La balle le manqua d’un cheveu. Cette fois, il avait perçu la détonation, à l’évidence assourdie par un silencieux. Il roula dans le caniveau et s’abrita derrière une voiture. Après quelques secondes, il entendit la moto démarrer. Il se leva d’un bond, prêt à s’élancer, mais l’engin disparaissait déjà au coin de la rue. » (Page 71)

Thèmes : corruption, magouilles politiques, prostitutions, exploitation impunie de la misère humaine.

2011. Marthe est retrouvée morte à son domicile. Elle s’est pendue au-dessus du billard. Malgré quelques doutes, la police, faute de preuves incriminantes, conclut à un suicide et classe l’affaire. Mais Conrad, son fils, à l’époque âgé de quatorze ans, ne pouvait pas croire que sa mère s’était donné la mort. Seulement, s’il avait raison, qui avait « pu commettre un acte aussi ignoble ? Et pourquoi ?

Cinq ans plus tard, le jeune homme découvre que son père a donné un chèque de vingt mille euros à Lazario Nuria, réfugié politique cubain ami de Conrad, alors que les deux hommes prétendent se détester… C’est alors que le cadavre de Laurène Serviez, membre de l’Institut International de Recherche sur la Paix, qui avait servi d’alibi à Joren pour la nuit du présumé suicide de Marthe, est retrouvé par hasard. L’enquête détermine que la jeune femme a été abattue d’une balle dans le dos deux mois plus tôt avant d’être jetée dans un marais près de Fontainebleau. Si Joren est l’auteur du meurtre, pourquoi avoir attendu cinq ans pour supprimer ce témoin gênant ? Laurène l’aurait-elle fait chanter? Se serait-elle montrée trop gourmande ?

Tous les fils de cette intrigue complexe semblent conduire à Cuba où Miguel, frère de Lazario, personnage peu ragoutant, vit de trafics en tous genres dans le but de partir à Paris se refaire une virginité et commencer une autre vie. Conrad, qui veut échapper aux sbires que Simon a payés pour le descendre, se rend à La Havane, dans le but de découvrir le fin mot de l’histoire.

L’essentiel de l’intrigue se déroule à Cuba après Castro dont l’auteur restitue fidèlement l’ambiance. Celle d’une cité à la dérive, cherchant à aller de l’avant tout en pansant ses plaies. Loin des clichés destinés aux touristes, riches de préférence. Le tout dans un style toujours aussi bouillonnant.

« Ils remontèrent l’avenue Paseo Marti, bordée d’immeubles aux couleurs pastel. En traversant une ruelle grouillante, ils croisèrent une grosse Noire, attifée d’un short jaune fluo et d’un haut rouge, qui frappait son mari à coups de parapluie… Sam avait le cerveau embrumé par l’alcool. Les odeurs d’égouts, les ordures obstruant les caniveaux, l’air imprégné d’humidité n’arrangeaient rien… Le long de cette promenade qui menait jusqu’au port, une faune disparate déambulait : femmes à peine vêtues, travestis en talons aiguilles, mendiants, vendeurs à la sauvette. » (Page 62)

Ce que j’apprécie avec les romans de Carl Pineau est que, bien qu’il nous plonge dans un univers brutal où règnent le mépris de la vie humaine et le profit à tout prix, jamais il ne sombre dans la vulgarité, ni la violence gratuite. Pour quelques Millions offre un récit vivant, au rythme soutenu, affermi par de nombreux dialogues et des scènes d’action vibrantes de réalisme:

« Les consommateurs se turent soudainement. Conrad sentit les regards dans son dos. Pendant quelques secondes, il n’y eut aucun mouvement, le serveur gardait ses yeux braqués sur son vis-à-vis, attendant une explication. Le jeune homme resta coi, immobile. Deux types s’étaient levés et se dirigeaient vers la porte en verre. Pendant un millième de seconde, Conrad regretta d’avoir laissé son arme dans la boîte à gants puis il songea que c’était sans doute mieux ainsi. » (Page 131).

Je vous avais prédit, après la lecture de la Trilogie Nantaise, que Carl Pineau s’imposerait parmi les grands noms du polar à la française. Avec Pour Quelques Millions, c’est chose faite !!

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Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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