Bernhard AICHNER : La maison de l’assassin

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Autriche

INFOS ÉDITEUR

Bernhard AICHNER - La maison de assassin
La maison de l'assassin

Parution aux éditions l’Archipel le 08 février 2017

Titre original : Totenhaus (2015)

Traduit de l’allemand par Céline MAURICE

Il y a deux ans, Blum a retrouvé les cinq responsables de la mort de son mari, Mark, et les a froidement éliminés un à un pour assouvir sa vengeance… Aujourd’hui, alors qu’elle a tout juste appris le décès d’une soeur jumelle, Björk, dont elle ignorait l’existence, les restes de l’une de ses cinq victimes viennent d’être exhumés. Bien vite, la police va faire le lien. La personne ayant procédé à la mise en bière du corps sera la première suspectée – à savoir Blum, qui dirige une entreprise de pompes funèbres. Elle décide alors de prendre la fuite et trouve refuge en pleine Forêt Noire, dans la famille de Björk. Mais, alors qu’elle s’y croit en sécurité, le piège se referme sur elle. Hier chasseuse, Blum est aujourd’hui la proie…

(Source : L’Archipel – Pages : 286 – ISBN : 9782809821154 – Prix : 20,99 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Blum est en état de choc lorsqu’elle découvre dans un magazine une jeune femme qui lui ressemble comme deux gouttes d’eau qui a été transformée en oeuvre d’art très spéciale. Elle a été plastinée et son corps monté sur un zèbre. Blum a portant l’habitude de la mort, elle gère depuis des années une maison de pompes funèbres et elle a vécu une enfance très spéciale auprès de ses parents adoptifs. Ces derniers n’avaient d’élans d’affection pour elle et de plus, ils l’obligeaient à s’occuper des corps, à bourrer les orifices de coton…

Elle préfère s’en rendre compte de ses propres yeux, elle rend à l’expo et il n’y a pas de doute, c’est son double dans la vitrine. Elle fait son possible pour découvrir le destin de sa jumelle. Mais a-t-elle vécu un conte de fée dans une belle demeure ou est-ce plutôt une ambiance à la “Shining” ?

Cette quête qui sent la mort l’envahie, elle en oublie les risques collatéraux. Et malheureusement pour elle, des éléments du passé refont surface. Et plus exactement des bouts de membres qu’elle a découpé chez ceux qui ont tué ce mari Franck. La police la traque. En sortira vivante et sans avoir détruit la vie de ses propres filles. Rien n’est moins sûr.

Bernhard Aichner s’écrit dans les grands noms des révélations du thriller allemand. Ils excellent dans l’art de faire frissonner les lecteurs. D’abord les poils s’hérissent puis ceux sont les cheveux qui se dressent sur la tête. “La maison de l’assassin” tutoie le gore en explorant notamment une forme d’art extrême la plastination. J’avais découvert de ce sujet que je ne connaissais pas via “Le sculpteur d’âmes” de Raphaël Cardetti (Editions Fleuve Noir), il y avait eu en France l’exposition “Body Words” du très controversé Gunther von Hagens (anatomiste allemand et inventeur de la plastination, une technique visant à conserver des corps ou des parties d’êtres décédés. La polémique venait notamment de l’origine des corps).

Blum est un personnage complexe à la fois victime et bourreau. L’auteur l’a rendu très réaliste ce qui est d’autant plus troublant. Elle déborde d’amour lorsqu’il s’agit de ses filles et de son mari assassiné. Par contre elle parait froide quand il s’agit de supprimer ceux qui ont brisé son bonheur. Est-elle une tueuse de sang froid qui pourrait reproduire ses actes à plusieurs reprises ?

Ce n’est quand lisant la quatrième de couverture du roman que je me suis aperçue qu’il avait un tome précédent intitulé Vengeances (L’Archipel, Pocket), cela ne m’a nullement gêné car Bernhard Aichner a construit son histoire de manière à ce que l’on saisisse la complexité du vécu de Blum, de son adoption qui c’est mal passé (elle a tué ses parents adoptifs), l’amour inconditionnel qu’elle portait à son mari Frank et les sévices qu’elle a fait sévir à ses bourreaux.

Le seul bémol est d’avoir rencontré une Blum déjà très sombre. Je pense que j’aurai eu une vision différente en lisant les deux opus à la suite. On sent le travail de recherches effectué par l’écrivain. En autre les scènes dans la salle de préparation des morts où il peut y avoir des gestes chargés de douceur et de respect.

“La maison de l’assassin” est saisissant dès les premières lignes. Un tome 3 est déjà publié en Allemagne et il s’intitule Tautenrausch (que l’on pourrait traduire par “la frénésie de la mort”). Je ne vous en dis pas plus, histoire de ne pas vous “spoiler” l’histoire.

 

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