Barbara ABEL : Instinct maternel

0
597
Belgique
Barbara ABEL - Instinct maternel
L'instinct maternel
  • Éditions Le Masque en avril 2002
  • Éditions Le Masque en février 2013
  • Pages : 380
  • ISBN : 9782702439241
  • Prix : 6,90 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Il peut se passer d’étranges choses quand une femme désire un enfant coûte que coûte, au point de ne reculer devant rien.

Au point d’en perdre la raison.

Mais sans bébé point d’héritage, c’est écrit dans le testament de feu-monsieur-le-mari-qui-s’est-cassé-le-cou-dans-l’escalier.

Alors, n’est-ce-pas ? La veuve doit ruser, inventer des stratégies de remplacement au risque de se fourvoyer dans le crime.

Pourquoi, par exemple, ne pas enlever, puis séquestrer une jeune femme enceinte à laquelle personne ne s’intéresse et dont la disparition passera inaperçue ?

Pourquoi ne pas attendre sagement qu’elle accouche pour lui voler son bébé ?

Voilà qui paraît beaucoup plus simple que de souffrir les inconvénients d’une grossesse tardive !

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Délicieusement grinçant !

Un couple de quinquagénaire entre dans la pièce lors d’un repas. Ils font l’envie de tous car lui susurre toujours des mots à l’oreille de sa femme, mais le lecteur découvre dès le départ qu’il lui susurre les pires insanités.

Chapitre suivant, on découvre une jeune femme enceinte qui attend patiemment son amant dans un petit appartement.

Je n’ose en dire plus pour ne pas gâcher le suspense. Un texte très fort, une intrigue poignante et très psychologique.

Ma première immersion dans l’univers de Barbara Abel, un véritable coup de coeur !


L’AVIS DE JEAN-MARC VOLANT

Un couple de la haute société qui joue depuis des années la comédie de leur bonheur parfait.

Un mari extrêmement désobligeant, une infidélité plus ou moins avouée et une femme qui va entamer une douloureuse et terrifiante vengeance…

Tels sont les ingrédients de ce premier roman de la romancière belge, très justement récompensé par un prix littéraire en 2002.

Des ingrédients que l’on pourrait croire tout droit sortis d’un banal fait divers mais dont l’écrivain a su formidablement tirer parti en écrivant une pure merveille d’angoisse.

Jeanne Tavier se voit refuser l’héritage de son mari décédé sous prétexte qu’elle n’a pas donné d’héritier masculin à la grande famille de son défunt époux comme il était stipulé par contrat. Dès lors, refusant cette injustice, la veuve éplorée va concocter un plan diabolique et revanchard afin d’obtenir ce qu’elle prétend avoir droit, après avoir été si longtemps brimée par son mari qui ne l’a jamais porté dans son coeur depuis tant d’années de vie en couple.

A l’aide d’une plume finement acérée et diabolique (et que je connaissais déjà par deux précédentes lectures de l’auteure) Barbara Abel nous plonge dans un univers très particulier, un univers par toujours bien sous tous rapports, celui de la bourgeoisie et de la haute société mondaine dont il faut quelquefois gratter le vernis si brillant pour y découvrir une réalité qui fait frémir. Et cette réalité à faire frémir est un pur bijou de lecture : un récit extrêmement prenant, très tendu, le tout baignant dans une atmosphère effilée comme la lame d’un rasoir dans laquelle il est dangereux d’y laisser trainer ses doigts. La romancière belge décrypte avec justesse et force les travers et turpitudes humains, quand ceux ci sont prêts à tout pour obtenir ce qu’ils veulent.

« Ce que femme veut, femme aura… »

Cette maxime que l’on entend quelquefois, résume parfaitement le personnage de Jeanne Tavier qui veut avoir un enfant à tout prix, pour récupérer le pactole promis à une autre femme, d’origine étrangère et aventure d’un soir de son défunt époux. La veuve, pas si éplorée que ca, mettra tout en œuvre pour arriver à ses fins. Barbara Abel a mis en place dans ce roman noir, très noir, une galerie de personnages principaux et secondaires, dont chacun tire son épingle du jeu et a sa place indispensable dans le déroulement du récit.

L’instinct maternel ?

Ah cette question que l’on pose souvent aux femmes désireuses d’avoir un enfant ou tout simplement aux femmes en général, est-il une réalité ou une pure invention pour justifier son envie d’avoir un bébé à tout prix et d’être un jour « une maman » ?

Si c’est une réalité, alors l’instinct maternel vu et éprouvé par Jeanne Tavier fait terriblement froid dans le dos…

Au final, l’auteure belge nous gratifie d’un roman noir, très noir, extrêmement bien écrit, avec une intrigue bien rythmée et le suspense qu’il faut pour tenir le lecteur en haleine, qui ne sait toujours pas, si dans les dernières pages du roman, si cela finit bien ou pas, tant la romancière nous mène par le bout du nez et menace de nous surprendre à tous moments.

Plongez sans hésiter dans l’esprit tourmenté d’une jeune maman sous la plume diabolique de Barbara Abel.

Vous verrez, vous ne regarderez plus une femme enceinte de la même façon.

 

Partagez votre lecture dans les commentaires !

Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici