Anthony HOROWITZ : Comptine mortelle

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Royaume-uni
Anthony HOROWITZ - Comptine mortelle
Comptine Mortelle
  • Éditions Le Masque le 11 avril 2018
  • Traduit par Annick Le Goyat
  • Pages : 500
  • ISBN : 9782702448793
  • Prix : 22,50 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Alan Conway écrit des romans policiers. C’est un auteur à succès, ce qui n’est pas pour déplaire à son éditrice, Susan Reynolds. Depuis des années qu’elle travaille avec lui, elle n’a pas de raison de se plaindre : chacun de ses livres se retrouve sur les listes best-sellers. Les lecteurs adorent le détective Atticus Pünd, personnage central des romans de Conway, et ils raffolent de ses enquêtes dans la campagne anglaise des années 1950. Ils achètent, et Susan Reynolds sourit.

Son sourire s’étire à la lecture du nouveau manuscrit de son auteur fétiche. Rien de très original ou de très inhabituel : des meurtres, des suspects. La recette classique, efficace. Racoleur et bien ficelé, ce texte a tout pour plaire au plus grand nombre. Mais les trois derniers chapitres et le dénouement de l’enquête manquent, ce qui a le don d’agacer l’éditrice qui s’empresse de les réclamer. Les obtenir cependant, se révèle une tâche bien compliquée, surtout lorsqu’elle apprend la mort de l’auteur qui, en mettant fin à sa vie, menace ceux de sa maison d’édition…

Roman dans le roman, Comptine Mortelle est un bel hommage à Agatha Christie et au roman d’énigme. Anthony Horowitz maîtrise les codes du genre, les transgresse pour notre plus grand plaisir.

L’AVIS DE YANNICK P.

J’avais classé Horowitz comme auteur pour ado. Certes son incartade vers Sherlock m’avait parue intéressante. Mais je dois avouer que lorsque l’on m’a proposé de chroniquer familialement ces romans, j’y ai vu une expérience hors du commun. Donc commençons par la version adulte, enfin, celle qui n’est pas purement destinée aux dos.

Comptine mortelle, celle de la Pie. Horowitz encapsule deux histoires. Deux énigmes et fait exprès deux styles d’écriture. Un roman dans le roman. A mon sens une belle réussite. C’est une œuvre maitrisée et ma foi, passionnante. On s’y glisse avec douceur. Sans violence. On se rend vite compte qu’il est vain de se battre. Le lecteur rend les armes. Il se prend au jeu.

Commençons par le roman d’Alan Conway, Epitaphe de la Pie. Car c’est bien à partir de là que nous embarque Susan. 7 parties, comme un hommage à Agatha Christie. L’ambiance d’un village anglais de l’après-guerre, Saxby-on-Avon. Ça fleure bon la campagne anglaise et le Londres d’après-guerre. Une ambiance un rien surannée et une structure qui rend hommage à cet âge d’or de la littérature britannique. Tout le monde se connait dans ce village. Chacun vit de ses petits secrets, observe l’autre. Les indices sont posés, disséminés, et comme Susan, nous prenons plaisir à les relever. Chaque personnage est un suspect potentiel. Comme pour Agatha, l’enquêteur est extérieur au crime. La révélation n’a lieu qu’à la fin.

Enfin presque. Car il ne faudrait pas oublier la comptine des pies. 7 pies, c’est un secret à ne jamais dévoiler. 7 comme la partie manquante de l’Epitaphe de la Pie et nous voici dans la seconde partie du roman d’Horowitz, celle mettant en scène Susan.

C’est un fait ! Nous avons été aspirés par une Comptine mortelle.

Susan est l’éditrice d’Alan Conway. Elle nous embarque dans sa propre enquête. Pourquoi ce secret ? Qui a enlevé la fin du roman ? Ses interrogations deviennent les nôtres. Les personnages d’Horowitz se liguent contre le lecteur. Le manuscrit et la vie de Susan et à travers elle, celle du lecteur. Sa recherche devient la nôtre. Nous nous l’approprions. Nous cherchons finalement ce pourquoi on lit un roman policier.

Trouver !

Trouver la pièce manquante avant la révélation de l’auteur. Se faire plus malin que lui. Lui damer le pion.

Alors comme Susan, nous jouons à chercher, à établir la liste des suspects et à lui faire correspondre sa vérité, à la mesure d’un Fidèle Staupert. Le tout sans oublier, comme se plait à nous le rappeler Horowitz que la première règle des romans policiers à énigme demeure que le suspect le plus apparent n’est jamais le meurtrier. Nous fouillons, furetons, attentifs à la moindre faille, la plus infime correspondance. Trouver le moindre signe qui nous mette sur la trace du meurtrier car comme Susan, nous ne pouvons croire au suicide de Conway. Notre jugement est mis à mal. N’est pas Poirot, ni Sherlock qui veut.

Comptine mortelle se révèle bien davantage qu’un divertissement. C’est une belle prouesse d’écrivain qui a su encapsuler deux énigmes, dans un pur style anglo-saxon.

 

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