Ludovic ALBAR : Yellowstone

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France

INFOS ÉDITEUR

Ludovic ALBAR - Yellowstone
Yellowstone

Parution aux éditions Mnemos en octobre 2014

Dans une Europe gangrénée par des états-policiers, les fascismes ethniques, la déroute citoyenne, recruté par le Bureau des enquêtes fédérales, Frank Malissol devient un flic d’élite. Envoyé à Paris, il est chargé d’une mission à haut risque : enquêter sur les dérives du Département de contrôle des Zones, ces no man’s lands où s’entassent les « Feujs », les « Barbus », les « Niaks » et les « Slavos ». Mais traquer les origines de l’explosion sociale a un prix : accepter d’être le poing de l’État ou son cerveau malade.

Et si cette apocalypse était pour demain, vous, vous qui n’êtes pas des flics, que feriez-vous à leur place ?

Haletant de bout en bout, le thriller de L. Albar est un véritable cri d’alerte. C’est aussi un grand roman psychologique, géopolitique et visionnaire, dans la lignée des Dantec, Philip Kerr (La Trilogie berlinoise) et Blade Runner, qui décape une bonne part des représentations aveuglant notre société.

Yellowstone est un récit écrit avec les tripes et dont on ne sort pas indemne.

(Source : Mnemos – Pages : 360 – ISBN : 9782354082796 – Prix : 21,00 €)

L’AVIS DE PIERRE-MARC PANIGONI

Cela faisait longtemps que je n’avais pas lu de roman d’anticipation, et je dois bien reconnaitre que le 4e de couverture de « Yellowstone » m’a fait de l’œil. En refermant ce livre, je me rends compte que mine de rien je n’ai pas changé de mon style habituel : c’est un roman d’anticipation certes, mais doublé d’un bon roman noir. Sur la couverture de ce livre, nous retrouvons la mention thriller, mais à aucun moment c’est le cas. Ceci est certes un détail, mais cela peut avoir son importance.

Nous avons donc, avec Yellowstone, un roman qui se déroule dans un futur proche, non encourageant et durant lequel l’apocalypse se déclenche sur la Terre. Dans ce cadre hyper sombre, nous suivons Frank Malissol, flic d’élite, contraint et forcé de mener une enquête infiltré dans un service corrompu, le département de contrôle des zones.

Le récit est dense, compact, mais sans être étouffant, car l’auteur ajoute des touches d’humour, à prendre souvent au second degré, tout le long de l’histoire.

Compact et dense.

Ce sont 2 termes qui collent bien à ce roman. En effet, l’action est continue et le rythme est soutenu, mais à côté de cela, le contenu joue également un rôle très important à ce sentiment.

Nous retrouvons un monde apocalyptique, une évolution humaine qui fait froid dans le dos, une humanité hyperconnectée, mais déconnectée de la réalité, un bourbier géopolique sans nom, et je ne parle pas de la dictature policière qui semble supplanter tout le reste…

En lisant ce roman, j’ai vraiment retrouvé l’univers que j’avais aimé dans « Blade Runner » ou « Zone Est » de Marin Ledun. Ceci doit être dû à la présence continue et prononcé de nanotechnologie et à la noirceur ambiante…

D’ailleurs en parlant de l’ambiance, pour lire ce livre, il vaut mieux ne pas être pessimiste et avoir foi en l’avenir. Sans cela ce livre n’est pas fait pour vous. En effet, le monde tel qu’il est dans le récit est l’héritage de notre monde d’aujourd’hui. Nos choix de ce jour résonnent dans le futur et si c’est pour avoir un futur tel que celui imaginé ici, réfléchissons-y dès maintenant…

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1 COMMENTAIRE

  1. Les âmes sensibles et hésitantes, passez votre chemin ! J’ai d’abord été surpris de découvrir un livre de ALBAR classé en « policier-thriller », car j’ai découvert cet auteur il y a des années en SF. Ici, même s’il y a une trame d’anticipation assumée, on est vraiment dans le roman noir, noir comme le futur proche qu’il décrit et les destins tragiques de ses personnages. Ca fait froid dans le dos, et ça fait réfléchir, et heureusement qu’il y a aussi beaucoup d’humour et de second degré dans l’écriture fluide et punchy, car sinon ça serait limite supportable par moment. Il faut s’accrocher pour lire ce bouquin, mais franchement, ça vaut le coup ! On ne le lâche pas jusqu’à la dernière page. Et on se dit surtout qu’on espère qu’il n’aura pas raison, sinon on est mal barrés.

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