Leye ADENLE : Lagos lady

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INFOS ÉDITEUR

lagos lady- leya adenle

Parution aux éditions Métailié en mars 2016

Traduit par David Fauquemberg

Mauvaise idée de sortir seul quand on est blanc et qu’on ne connaît rien ni personne à Lagos ; Guy Collins l’apprend à ses dépens, juste devant le Ronnie’s, où il découvre avec la foule effarée le corps d’une prostituée aux seins coupés. En bon journaliste, il aime les scoops, mais celui-là risque bien de lui coûter cher : la police l’embarque et le boucle dans une cellule surpeuplée, en attendant de statuer sur son sort.

Le sort, c’est Amaka, une splendide Nigériane, ange gardien des filles de la rue, qui, le prenant pour un reporter de la bbc, lui sauve la mise, à condition qu’il enquête sur cette vague d’assassinats. Entraîné dans une sombre histoire de juju, la sorcellerie du cru, notre journaliste à la manque se demande ce qu’il est venu faire dans cette galère, tandis qu’Amaka mène la danse en épatante femme d’action au milieu des notables pervers.

Hôtels chics, bars de seconde zone, jungle, bordels, embouteillages et planques en tout genre, Lagos bouillonne nuit et jour dans la frénésie highlife ; les riches font tinter des coupes de champagne sur Victoria Island pendant que les pauvres s’entretuent à l’arme lourde dans les bas quartiers.

Un polar survolté et drôle qui plonge au cœur de la ville africaine à la vitesse d’un tir de kalachnikov. Le Nigéria n’a jamais été aussi près de Tarantino.

(Source : Métailié – Pages : .. – ISBN : 9791022604536 – Prix : 20,00 €)

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Si vous êtes à la recherche d’un roman noir dépaysant, n’allez pas plus loin, Lagos lady est ce qu’il vous faut.

Lagos, mégapole du Nigéria, là où se côtoie fortune et pauvreté, une ville à la criminalité endémique.

Guy Collins, journaliste britannique couvrant les élections fait un peu tâche avec sa peau blanche là-bas. Guy se retrouve au mauvais moment, au mauvais endroit. Juste là où il ne fallait pas, l’endroit précis où l’on balance le corps d’une prostituée mutilée, les seins tranchés.

Guy se retrouve à devoirs s’expliquer chez les flics, tout semble s’enlisé, il se sent pris au piège. Mais le destin va jouer en sa faveur avec l’arrivée inopinée d’Amaka, beauté d’ébène, ange des rues, qui veille sur les filles qui se louent. Amaka le sort du guêpier…

Et c’est partie pour une virée plus sombre que le derme de l’héroïne.

Une femme qui fait tout pour aider toutes ces femmes qui se vendent l’espace d’une heure, d’un instant d’une nuit. Des clients aux mœurs compliqués, des violents, des filles qui ne reviennent jamais. Amaka parle à Guy de crimes rituels, de mutilations…

Des personnages hauts en couleurs, des corrompus, des tueurs, des voyous, des dangereux. Des meurtres, des tortures, tout un univers si différent de Londres. Un monde qui n’est pas vraiment fait pour Guy. Mais pour Amaka, jusqu’où irait-il ?

Pas si loin en fait, vu qu’il n’arrive même pas à lui dire que ce n’est pas pour la BBC qu’il travaille… Mais l’amour n’est-il pas connu pour faire des miracles ?

Un polar noir très rythmé, des personnages parfois irréels, tel Knockout et Catch-Fire, des courses poursuites dignes des Blues Brother, et des règlements de comptes où il ne vaut mieux pas trainer ses abattis s’ils ne sont pas numérotés. Un dépaysement total, un premier roman réussi. C’est bien simple, après Tintin au Congo, voici Tarentino au Nigéria.

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