Vincent HAUUY : Le brasier

0
185
France
Vincent HAUUY - Le brasier
Le brasier
  • Éditions Hugo & Cie le 5 avril 2018
  • Pages : 496
  • ISBN : 9782755637120
  • Prix : 19,95 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Quand le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie, le profiler refuse de croire à sa mort.

Persuadé que la jeune blogueuse est en danger, mais vivante, il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa troublante partenaire. Mais tous deux vont très vite se rendre compte que les ramifications de cette disparition sont beaucoup plus vastes qu’il n’y paraît et pourraient être liées à la récente vague de meurtres et de suicides inexpliqués qui frappent l’ensemble du territoire américain.

Hanté par les visions d’un petit garçon sans visage et d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi, Noah va se retrouver au coeur d’une investigation menée tambour battant mais qui le mènera aux portes de la folie.

L’AVIS DE YANNICK P.

Le Brasier. On y retrouve les protagonistes du Tricycle rouge : Noah Wallace, Sophie et Clémence. Le pitch, je vous renvoie à la 4ème de couv’. Allez, j’ai un bon fond. Le général Lavallée engage Noah Wallace pour retrouver les assassins de sa fille Sophie. Le profiler refuse de croire à sa mort. Il accepte la mission et mène l’enquête avec Clémence Leduc, sa partenaire. En parallèle, une vague de meurtres et de suicides s’abat sur le territoire américain.

Ce thriller est captivant. A l’américaine dirais-je. Bourré d’actions, de cliffhangers et formidablement construit. Découpé en chapitres courts, sautant d’un personnage à l’autre, il ménage le mystère. On est très proche de la construction des séries TV. Le Brasier aurait fait un excellent feuilleton. L’univers de Vincent Hauuy est complexe.

Parlons un peu des personnages. Car c’est une des forces de Hauuy. Ils sont nombreux, denses, tous ont droits à la parole. Et comme la mise en scène est parfaite, tout cela s’enchaine à merveille.

Outre Sophie et Clémence, ce roman fait la part belle à Noah. Il est à noter qu’une lecture, en amont, du Tricycle Rouge est la bienvenue même si les deux ouvrages semblent pouvoir être lus indépendamment.

Noah sous son handicap, charrie avec lui des images, des visions, des sensations. Sont-elles réelles ? Est-il différent ? Il n’a plus aucun souvenir. Pourtant à chaque instant, une émotion, un lieu ou un visage peut lui déclencher un flot de souvenirs. Outre son enquête pour résoudre la disparition de Sophie, il porte en lui, une quête plus personnelle qui le hante. La vision d’un petit garçon et celle d’un brasier d’où s’échappent des cris d’effroi… Qui est-il vraiment ? Noah a-t-il été lié à la disparition d’enfants à Charlotte. A cela vient se greffer de nombreuses questions. Le rôle de la famille Engelberg ? Hansel le père, propriétaire de Genetech, Karl son fils et Damien l’adopté, le tout rehaussé par le récit de Karl sur son enfance marquée par  l’autorité paternelle. Au milieu des protagonistes, il y a Clémence, l’ancienne du CSIS (Service Canadien du renseignement de sécurité) et tant d’autres. Hauuy nous sert un fan de AC/DC sous les traits d’Abraham Eisik israélien, diabétique, hanté par la mort de sa femme Abigaël, un ancien du FBI devenu un détective privé moisi, Pavel Bukowski, Andrew Clayton, chercheur à Genetech, Dimitri le mafieux russe attaché à la Bratva et de nombreux autres. Tous les personnages ont leurs identités et leurs tourments. De ce côté, c’est opulent. Chacun à sa personnalité.

Hauuy disperse les infos, les révélations. Entre le clonage, la génétique, le trafic d’organes, d’anciens nazis et le meurtre d’enfants. Le tout avec finesse et avec une once de psychologie. Comme je l’ai écrit, il n’y a pas le moindre ennui. Le Brasier est riche. Les chapitres alternent rapidement. L’écriture est aisée, d’une grande fluidité. Le lecteur progresse jusqu’au dénouement. Peu de surenchère. Juste un thriller fourmillant où l’on passe de découverte en étonnement. Le tout est totalement orchestré. Tout est parfaitement calibré à la hauteur d’un page turner. De l’action, des rebondissements, des personnages typés. Tout est prêt pour un 3ème tome. Ça fait le job. La jaquette est belle et se distingue en librairie. Sa diffusion dans le réseau de distribution parfaite.

Pourtant, il me manque un truc. Le petit plus qui m’enthousiasme et me réjouis. Oui, j’ai été diverti par cette lecture. Cependant, peut-être est-ce dû à une boulimie de polar, j’y vois une légère lacune qui pour moi ne fait pas de ce bon thriller, un excellent roman. Un grain de réflexion, une capacité à contraindre le lecteur à un raisonnement, une opinion. Dommage car il y a de la matière.

L’AVIS DE YANNICK SCOTTO

« Car le feu qui me brûle est celui qui m’éclaire. » -Etienne de La Boétie-

Que dire de ce nouvel opus de Vincent Hauuy après son très bon « Le tricycle rouge », si ce n’est qu’une nouvelle fois il nous offre un thriller de bonne facture avec un suspens brûlant…

-Stroud, Cinquième Avenue, Oklahoma,
11 juillet 2017, 15 heures :
Jasper Menfrey tue sa mère avec un fusil puis se suicide.

-Tacoma, Yikima Avenue, État de Washington
11 juillet 2017, 19h30 :
Kim Lien Phan se suicide aussi emportant dans l’explosion de gaz dont il est à l’origine, Marta et Gregory..

Le même jour à 23 heures à Burlington dans le Vermont, Noah Wallace rêve d’un enfant sans visage et d’un immense brasier d’où s’échappent des cris de terreur…😱

Ces meurtres et suicides inexpliqués frappent le sol américain tandis qu’une jeune journaliste est enlevée : Sophie Lavallée.
Une exécution filmée ?
Le général Lavallée fait appel aux services de Noah Wallace, profiler, pour retrouver l’assassin..
Un téléphone
Une roulette virtuelle : un jeu macabre.

Noah Wallace est aidé dans sa tache par Clémence Leduc (ancienne membre des services canadiens de renseignements, le CSIS) pour retrouver Sophie.
Les cartes en main ?

Quand une enquête réveille de vieux souvenirs : Karl Engelberg
Quel lien existe-t-il entre Karl et Noah ?
« Tu as eu un grave accident, il faut que tu te reposes »
Une boîte à musique
Une mélodie indélébile
14 août 1993 : un soir inoubliable 🔥 🔥

Noah et Clémence réussiront-ils à retrouver Sophie ou son corps…?
Rêve éveillé ?
Reformatage ?
Si le temps est compté, le PROJET est une arme redoutable ….

Les amis, à quelques mètres des berges du lac Champlain, puissiez ne pas vous laisser consumer par le Brasier tout en évitant une incubation silencieuse….😱

Bonus : https://youtu.be/KMTRqAgLw04

L’AVIS DE CATHIE L.

Le Brasier a été publié en 2018 par les éditions Hugo et Compagnie, dans la collection Hugo-Thriller. Second roman de l’auteur, il fait suite au Tricycle Rouge, paru en 2017 chez le même éditeur, auquel il fait parfois allusion.

Le style fluide s’écoule comme un ruisseau de montagne, dans un langage courant qui se lit très bien, permettant au lecteur de se concentrer sur le récit, qui aborde parfois des sujets complexes, demandant un minimum d’attention. L’histoire se déroule à un rythme plus lent, comprenant moins de scènes d’action et plus de passages narratifs. Cela dit, Vincent Hauuy ne se départit pas de son sens de la description qui peut parfois revêtir des oripeaux moins prosaïques à des moments où on ne les attend pas : « Karl quitte la salle de bain et prend la direction du dressing, puis il traverse la chambre sans s’arrêter devant la baie vitrée offrant une vue imprenable sur les cimes blanches qui percent le voile nuageux et les déchirent en fines écharpes cotonneuses. » (Page 88).

Les thèmes abordés : comment transformer un enfant en psychopathe, véritable machine à tuer ; mais aussi le scandale du trafic d’organes, le clonage humain, le transhumanisme et les manipulations génétiques. Subtilement, sans porter de jugement déclaré, l’auteur montre du doigt certaines pratiques scandaleuses par des êtres sans scrupules, dans le seul but de s’enrichir et d’exercer puissance et pouvoir. A nous lecteurs de relayer ou pas, de réagir et de creuser.

L’intrigue

Le général Lavallée, père de Sophie, la jeune journaliste au coeur de l’intrigue de Le Tricycle rouge, a été enlevée, torturée et exécutée. Son père, le général Lavallée, engage Noah Wallace pour retrouver ses tortionnaires et la venger. Mais l’ancien profiler est convaincu qu’elle n’est pas morte mais retenue contre son gré et en danger. Son kidnapping a-t-il un rapport avec l’enquête qu’elle menait sur le trafic d’organes?

Les visons d’un enfant sans visage et d’un immense bûcher qui assaillent Noah depuis une semaine ont-elles un lien avec cette affaire ? Son passé est-il lié à la disparition de la journaliste ? Au fur et à mesure des recherches de Noah, les questions sans réponse s’accumulent : pourquoi Becky, l’amie et voisine de Sophie, a-t-elle été sauvagement assassinée dans son appartement? Savait-elle quelque chose qui compromettait la sécurité des ravisseurs ?

Et quel est le rôle joué par Pavel Bukowski, un ancien agent du FBI, dans cette affaire de plus en plus nébuleuse? Pour obtenir des réponses et retrouver la jeune femme avant qu’il ne soit trop tard, Noah doit absolument le dépister. Une course contre la montre s’engage alors au péril de sa vie…

Le personnage principal

• Noah Wallace : prend des médicaments depuis qu’il a été victime d’un grave accident de voiture dans lequel sa femme est morte, cinq ans plus tôt; marche avec une canne; ancien profiler très brillant ; a un don de double vue qui lui permet de s’imprégner de l’atmosphère d’anciennes scènes de crime ou de lieux témoins d’événements tragiques: « Mais Noah n’a aucun doute que les habitants ont dû aussi subir cette pression sourde pendant des mois, d’une manière insidieuse. Il peut aisément deviner ce qui s’est passé. Un brouillard humide et glacial les a enveloppés, a fini par pénétrer leur chair, s’est infiltré dans leurs os. Des murmures, des vertiges, une sensation de se faire aspirer par l’intérieur, de ne pas être le bienvenu. » (Page 273). Don qui lui permet également de sentir le danger ou de percevoir les vibrations négatives émises par une personne malveillante.

En conclusion

Il n’est jamais bon ni très intéressant d’établir des comparaisons entre les différentes productions d’un même auteur. Aussi ne ferais-je pas injure au roman Le Brasier en le confrontant au Tricycle Rouge, bien qu’il en constitue une sorte de suite. Ici, le rythme est ralenti par les passages narratifs relatant les nombreux méandres de cette affaire complexe dont les ramifications remontent loin dans le passé, incluant une dimension psychologique essentielle.

La tension dramatique, très présente à certains moments clés du récit, est entretenue par les visions de Noah: « Noah patiente en silence, sans pouvoir se décider à entrer. Il sent la température baisser de quelques degrés et ses poils se hérissent sur ses avant-bras. Cette sensation si familière, cette couche de ténèbres froides qui l’enveloppe, cette impression d’être traversé par un spectre; il sait ce qui les attend derrière la porte entrouverte. » … »Noah se tétanise d’effroi. L’image de la jeune femme vient frapper sur sa rétine dans un flash. Il la voit, la bouche ouverte, les yeux affolés qui cherchent désespérément à comprendre, et ses traits grimaçant de douleur qui finissent par se figer. » =>Mettant, il faut bien le dire, le lecteur, se demandant si ces visions sont réelles ou pas, sur des charbons ardents.

Le – : j’ai regretté que les passages en langue étrangère, notamment l’allemand, ne soient pas traduits. J’ai également noté une petite tendance de l’auteur à « exagérer » l’endurance physique de ses personnages ; en effet, comment est-il possible de manger une barre de céréales avec une « mâchoire disloquée » (ce sont les mots de l’auteur) ?

Le + : une intrigue intelligente et cohérente, basée sur une documentation solide ; pas de fausses notes malgré quelques longueurs, notamment quand Karl raconte son passé. J’apprécie particulièrement la façon dont certains blancs du passé récent sont comblés dans le présent grâce aux dons de double vue de Noah.

 

Partagez votre lecture dans les commentaires !

Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici