Sandrone DAZIERI : Tu tueras le père

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Italie

INFOS ÉDITEUR

tu tueras le pere - dazieri

Parution aux éditions Robert Laffont le 8 octobre 2015

Traduit par Delphine GACHET

Petit garçon, Dante Torre a survécu à l’enfer de la séquestration. Il enquête désormais sur une vertigineuse affaire d’enlèvements d’enfants. Car son ravisseur sévit toujours…

Sous un soleil de plomb, un homme court, désorienté, le long d’une route qui mène à Rome. Luca, son jeune fils, a disparu lors d’un pique-nique familial dans le Pratoni del Vivaro, un parc naturel à quelques kilomètres de là. Les enquêteurs dépêchés sur place découvrent bientôt la mère dans une clairière, décapitée. Ils pensent que c’est lui, le mari, qui dans les affres d’une dispute conjugale, a tué son fils, puis caché le corps. Mais ou ? Aucune trace de l’enfant, nulle part. Quand Colomba Caselli arrive sur les lieux de la reconstitution, elle comprend immédiatement que quelque chose ne tourne pas rond…

(Source : Robert Laffont – Pages : 552 – ISBN : 9782221146743 – Prix : 21,50 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

« Tu tueras le père » inaugure avec le livre d’Ingrid Desjours « Les fauves », la nouvelle collection de romans policiers, La Bête Noire, lancée par les éditions Robert Laffont. Un pari osé mais réussi avec ce premier roman d’un auteur italien, inconnu en France.

Tout commence par la disparition d’une mère et son fils lors d’un pique nique familial en compagnie du père. C’est lui qui très vite donne l’alerte. Au bout de quelques pages, nous sommes directement dans l’action quand nous découvrons le corps de la mère, décapité et que l’enfant a disparu. Pour les policiers, la culpabilité du père ne fait aucun doute mais pour le commissaire Rovere, la situation semble beaucoup plus complexe, certains éléments pouvant mener vers d’autres pistes…Ce thriller addictif commence véritablement quand il décide de confier (en marge de l’enquête officielle) les investigations à Colomba Caselli. Au détour d’un chapitre, le lecteur est intrigué par cette policière, qui, on ne sait pas pourquoi, sort de l’hôpital suite à une affaire tragique (Nommé dans le texte « Le désastre » mais pourquoi ??? – Le genre de truc qui rend dingue). Une femme qui se demande si elle a encore sa place dans la police et qui est hantée de visions, de souvenirs qui l’empêchent d’être totalement maîtresse d’elle-même. Un personnage très fort pour lequel j’ai ressenti un attachement immédiat. D’abord réticente à travailler sur cette disparition, la femme de caractère qu’elle est va finalement se lancer, non sans mal puisqu’elle doit régulièrement affronter des collègues masculins avec qui le courant passe mal (mais elle ne se laisse pas faire. Certains échanges sont bien musclés !). Pour l’aider dans ses investigations, on va lui adjoindre un homme, spécialiste des disparitions d’enfants. Et là…. Deuxième « choc » du livre, leur rencontre… Dante Torre est un homme qui vit reclus chez lui, au milieu de dossiers, aux nombreuses phobies. Certains comportements s’expliquent par le fait qu’enfant, il a été kidnappé et enfermé pendant des années par un homme surnommé « Le Père ». Colomba et Dante forment un duo improbable, d’où une entente très compliquée au départ. Puis peu à peu, ces deux êtres un peu perdus vont s’apprivoiser (l’auteur nous gratifie de quelques dialogues particulièrement savoureux) et avancer ensemble, fouinant de tous les côtés pour en apprendre plus sur ce gosse et savoir si des cas similaires existent… Cependant, Dante est persuadé que « Le Père » est derrière tout ça. Comment est-ce possible puisque celui-ci est mort ? Quel crédit donner à ses intuitions ? Et si il fallait retourner en enfer pour trouver les réponses ?

Ce thriller est un gros pavé et pourtant, à aucun instant, on ne s’ennuie. Il n’y a aucun essoufflement dans l’intrigue Pour certaines révélations ou rebondissements, on se dit, ce n’est pas possible, il n’a pas pu faire ça (j’ai notamment en tête une scène importante, où je ne le croyais pas mais chut, vous n’en saurez pas plus !). Le lecteur est pris au piège, constamment sous pression, à se demander à chaque page si Colomba et Dante vont faire une découverte capitale et surtout s’ils vont en ressortir vivants, car on a vraiment la sensation que ça va se terminer dans un bain de sang. Au fil de la lecture, l’ombre de « Père » est de plus en plus présente, pesante, anxiogène…On s’attend presque à ce qu’il se matérialise devant nous ! Pour ne rien vous cacher, ces derniers temps, le thriller avec tueur en série, psychopathes en tous genres commençait à me lasser un peu. Et là, je dois dire que j’ai été séduite par cette intrigue qui est beaucoup plus complexe que je ne l’avais pensé au départ, intrigue qui fait une part belle à la psychologie et à l’action (et peu aux détails sordides). Peut être que la résolution de l’affaire est un chouilla trop rapide mais est largement compensée par la toute dernière phrase, qui fait péter un plomb ! Avec une très bonne scénarisation, des personnages bien creusés et une intrigue haletante, l’auteur nous offre un excellent page turner. Sandrone Dazieri est un auteur à découvrir et à suivre, assurément !


L’AVIS DE LEA D.

Avec Les Fauves d’Ingrid Desjours, Tu tueras le père est le premier titre de la nouvelle collection de Robert Laffont : La Bête Noire.

Tu tueras le père commence fort : un homme court le long d’une route, complètement déshydraté, clamant que son fils et sa femme ont disparu lors de leur pique-nique. La police va découvrir la mère, décapitée, mais aucune trace de l’enfant… Pour Colomba Caselli, quelque chose n’est pas claire dans cette affaire. Malgré le fait qu’elle ne soit plus en service et en congé à durée indéterminée, Colomba prend l’affaire suite à l’appel du commissaire Rovere, son ex-patron, qui lui demande une faveur. Elle va mener l’enquête, en toute discrétion, loin des sentiers battus, et surtout en compagnie de Dante Torre. Un homme pour le moins étrange, complexé, parsemé de doutes et de phobies. On le serait à moins si on avait son passé : enlevé enfant, il a été prisonnier 11 ans dans un silo à grains par un homme qu’il surnomme « le père ». Colomba, suite à une tragédie de travail, a été mise en repos pour longtemps, et elle est aussi complexée et fragile que Dante. Ces deux êtres vont travailler ensemble, mais surtout s’apprivoiser mutuellement.

Après avoir fini Tu tueras le Père, je peux dire que Sandrone Dazieri a une plume plus qu’efficace. Avant que je m’en rende compte, j’étais captivée ! Un rythme très rapide, une écriture simple mais incisive, un scénario passionnant, ce qui fait que les pages se tournent toute seule et qu’on arrive à la fin sans le réaliser. Tu tueras le Père est un thriller véritablement excellent à tous niveaux. La cerise sur le gâteau est bien entendu l’écriture des personnages, tout plus réalistes et intéressants les uns que les autres. Colomba Caselli, une écorchée vive, à fleur de peau, qui transporte des poids et des peines plus grosses qu’elle. Malgré tout, elle reste déterminée et avec un fort caractère, ce qui la rend très attachante. Mais Dante Torre est celui qui m’a le plus interpellé. On ne peut déjà que compatir à son passé, ce qui modèle fortement son présent. Parsemé de cicatrices, il essaye quand même d’avancer, de vivre, et surtout d’aider les autres. La relation qu’il va nouer progressivement avec Colomba m’a énormément toucher !

Avec une fin en apothéose, on peut dire que Sandrone Dazieri frappe fort, et je suis impatience de lire ses prochains romans ! Les Fauves et Tu tueras le Père démarre fort la collection de la Bête Noire, je suis pressée de découvrir également les prochains titres !


L’AVIS DE MURIEL LEROY

Nouveau roman de la Bête Noire nouvelle édition de Robert Laffont, qui ne m’a pas du tout convaincue je dois dire !

Ce roman de 650 pages aurait pu être écourté d’au moins 150, il aurait sans doute été plus digeste ! Je ne l’ai pas aimé pour plusieurs raisons, la principale étant sans doute la multiplicité de rebondissements nuisant au récit ! En outre on retrouve ici aussi une théorie bien éculée celle du complot ! Les poncifs ne nous sont pas épargnés puisqu’il s’agit une fois de plus de héros torturés, avec un passé sombre, qui se sortent bien évidemment de toutes les situations.

C’est bien dommage car la psychologie des personnages était bien faite et on s’attache à eux facilement ! La construction du récit est sans faille, mais j’ai eu la sensation que l’auteur en faisait trop pour nous tenir en haleine ! La fin a été pour moi le coup de massue finale.

Force est de constater que cette lecture a été un véritable échec !

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3 Commentaires

  1. Je me le suis procuré cet après-midi avec l’Ingrid Desjours (Ah , Ingrid , quelle belle femme !) . Euh , Lucie , tu l’écris comment chouia? (mot d’origine arabe)

  2. Il est dans ma pal, j’ai hâte de terminer mes lectures en cours et à venir pour m’y mettre. Je n’en entends que du bien, je pense que je ne vais pas être déçue 😉

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