Sandrine DESTOMBES : Madame B.

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Sandrine DESTOMBES - Madame B
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Présentation Éditeur

Blanche Barjac, Madame B, est nettoyeur de profession. Malfaiteurs, tueurs à gages et meurtriers, tous font appel à elle pour qu’il ne reste plus une trace de leurs crimes et délits.

Après plusieurs années passées à s’imposer dans ce monde d’hommes, Blanche est devenue une professionnelle respectée dans ce milieu si particulier. Digne héritière de son beau-père qui l’a formée, elle est reconnue pour son efficacité, sa discrétion et son savoir-faire.

Si après chacune de ses interventions Madame B garde un indice comme  » assurance-vie « , elle n’est pas la seule à accumuler les preuves compromettantes.

En menant l’enquête sur le maître chanteur qui la persécute et la fait douter chaque jour un peu plus de sa santé mentale, Blanche revient sur son passé et réalise que malgré
les nettoyages, toutes les taches ne sont pas effacées. Et que chaque acte entraîne des conséquences.

Origine France
Éditions Hugo & Cie
Date 5 mars 2020
Pages 332
ISBN 9782755647259
Prix 19,95 €

L’AVIS DE YANNICK P.

Chronique courte mais que cela fait du bien de s’y remettre.

Encore un livre de femme. C’est une marque de fabrique de Sandrine.

Oui, un livre de femme mais quelle femme. Elle astique, récure, nettoie, aseptise. Elle est parfaite. Discrète, Blanche est une vraie petite femme d’intérieur. Si ce n’est… qu’il s’agit pour elle d’effacer toutes les traces de crimes commis par d’autres plus méchants qu’elle.

Suivre l’évolution d’un auteur, fusse-t’elle une femme (j’adore, Sandrine va me défoncer) est un plaisir. On voit le travail réalisé. Comment chaque roman devient l’occasion de peaufiner son écriture, la maitrise des switchs, des personnages et de la fondation essentielle qu’est le scénario. A n’en pas douter, Madame B est un cran au-dessus. L’accompagnement d’Hugo avec ses poulains les rend meilleurs. Bravo. Comme quoi, il existe des maisons qui font encore leur boulot. Chacun monte d’un cran dans la maitrise, la manière de façonner un ouvrage.

C’est à n’en pas douter le thriller de la maturité pour Sandrine qui a pris un véritable virage dans son écriture. Les chapitres sont vifs, minutieux. Tous s’ouvrent à la fin pour mieux s’assurer que le lecteur devienne addicte. Les personnages à tiroirs, anti-héros à souhait, pétris de fragilité osant ou devant assumer leurs actes. Comme chacun de nous. Blanche est fragile et pourtant. Adrian est solide et pourtant.

Pas de cliché, mais des faux-semblants en veux-tu en voilà. Et des chausse-trappes distillés avec délectation pour trimballer le lecteur. Le rythme est parfait. Donc oui, j’ai beaucoup aimé Madame B.

Et j’attends impatiemment le prochain car quand on monte d’un cran, on monte l’attente.

L’AVIS DE CATHIE L.

Sandrine Destombes est née à Paris en 1971. Elle a toujours vécu et travaillé dans la capitale. Elle a étudié le droit quelques mois, puis a fait des études à l’école pour les Métiers du Cinéma et de la Télévision. Ainsi, depuis 25 ans, elle travaille dans la production d’événements.

Madame B est paru aux éditions Hugo thriller en 2020. Raconté à la troisième personne, le style de l’auteur est fluide, développant ses phrases bien construites grâce à une syntaxe rigoureuse et un vocabulaire adapté, témoignant du soin particulier accordé par Sandrine Destombes à son écriture : « Le salon était désert tout comme la cuisine. Adrian n’avait pas remis de bûches dans le foyer. La température ambiante était à peine plus élevée qu’à l’extérieur et Blanche frissonnait, même avec son manteau sur le dos. Elle cria le nom d’Adrian mais sa voix se heurta aux murs sans que personne ne réponde. Elle monta à l’étage, fit un rapide tour d’inspection et redescendit avec la certitude que le vieil homme n’était pas dans la maison. » (Page 77). Construction : Les chapitres courts s’enchaînent rapidement, faisant s’envoler l’intrigue et ménageant un suspense qui monte crescendo. On ne s’ennuie pas une seule seconde !!

Madame B est nettoyeur de profession. Malfaiteurs et tueurs en tous genres font appel à ses services afin que ne subsiste plus la moindre trace de leurs méfaits. Bien qu’œuvrant dans un monde d’hommes, elle est devenue une professionnelle reconnue et respectée. Blanche, qui vient d’achever sa 93e mission commanditée par Le Limier, est de retour chez Adrian, à Mortcerf. Elle vide le sac récupéré chez la victime afin d’en inventorier le contenu. Stupéfaite, elle en extrait le foulard blanc que portait sa mère le jour où elle s’est suicidée, vingt ans plus tôt. Comment ce tour de force est-il possible ? Qui l’a mis dans ce sac ? Et surtout pourquoi? Ses soupçons se dirigent vers Le Limier, mais comment aurait-il pu savoir que ce foulard appartenait à sa mère ? Comment aurait-il pu savoir qu’Adrian le conservait dans une boîte perdue parmi des dizaines d’autres boîtes ?

Dès lors, s’engage un jeu du chat et de la souris dont l’enjeu est la protection de leurs activité et de leur liberté…Mais peut-être aussi de leur équilibre mental et de leur vie. Blanche saura-t-elle apprivoiser ses démos pour les sortir, elle et adrian, indemnes de cet imbroglio fatal ?

Le + : Sandrine Destombes maîtrise à la perfection l’art d’instiller un sentiment d’insécurité puis de faire monter l’angoisse jusqu’à la paranoïa, sans effet de manches ostentatoire : « Elle s’obligea à respirer lentement puis profondément. La tête lui tournait et la chaleur qu’elle avait accumulée devant les flammes s’était depuis longtemps dissipée. Blanche grelottait, prostrée dans cette entrée. Le malaise n’était pas loin, elle en avait conscience. Son  téléphone était resté sur la table du salon. Il fallait qu’elle retrouve son calme, personne ne viendrait l’aider. » (Pages 65-66). =>Peu à peu, les doutes s’installent dans l’esprit du lecteur qui soupçonne tout le monde de jouer avec les nerfs de Blanche, même ceux qui semblent les plus inoffensifs.

De montées d’adrénaline en questionnements sans réponse, le lecteur avance dans cette intrigue comme un automate : « Les phares d’une voiture l’éblouirent alors qu’elle cherchait son téléphone dans le vide-poches de l’utilitaire. Blanche retint son souffle et mit une main en visière pour mieux apercevoir le véhicule qui se rapprochait à faible allure. Il stoppa sa course à une trentaine de mètres. Blanche ne distinguait rien à cette distance. Tout ce qu’elle pouvait dire, c’est que la voiture était une berline de couleur foncée. » (Page 94).

De faux semblants en miroirs déformants, Sandrine Destombes nous entraîne dans un thriller palpitant, un rien dérangeant. Très vivement recommandé…

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Blanche Barjac est dans la propreté, elle nettoie. Ne va surtout pas penser à l’embaucher pour faire le ménage de ton appartement, s’il n’y a pas un macchabée à faire disparaitre qui traine sur ta moquette, elle ne viendra pas…

Car Blanche est ce genre de nettoyeuse, tu sais comme Victor dans Nikita, ou la Sandra de Jérémy Bouquin dans Une femme de ménage. Si tu as tué, par mégarde, vengeance, pour le fric, ben Blanche elle efface toutes les traces ! Elle est comme ça, elle a son réseau pour faire disparaître un cadavre, et ses services sont très demandés.

Certes, c’est un boulot où tu gagnes bien ta vie, peu de concurrence, des clients qui veulent la discrétion, pas d’emmerdement de SAV, alors financièrement, ça assure. En revanche, on ne peut pas dire que tu bosses avec des saints, même pas des enfants de cœur, encore moins des personnes honnêtes, donc c’est un métier à risques, mais sans la prime du même nom.

Pour garantir sa quiétude et sa sécurité, Blanche se fait sa petite assurance-vie, un truc de rien du tout récupéré sur chaque scène de crime, bien étiqueté et classé au cas où…

Et un jour surgit le maître-chanteur, celui qui prendre le rôle du grain de sable dans le tube de vaseline, le type qui va irriter. Là, Blanche se rend compte que son « assurance-vie » est plus une connerie qu’autre chose, ça la met en relation avec des homicides, des disparitions… bref, elle s’est foutue dans la merde.

Sandrine Destombes dresse un portrait attachant d’une femme bizarre, et dont on devrait se méfier un minimum il me semble. Blanche se pose des tas de questions, sur son passé, sa santé mentale, ceux qui l’entourent, l’emploient. Un thriller bien sympathique où Sandrine Destombes joue avec les fausses pistes et nous fait partager les doutes de son héroïne.

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