Sandrine DESTOMBES : Les jumeaux de Piolenc

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France
Sandrine DESTOMBES - Les jumeaux de Piolenc
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  • Éditions Hugo & Cie le 3 mai 2018
  • Pages : 400
  • ISBN : 9782755637618
  • Prix : 19,95 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Août 1989. Solène et Raphaël, des jumeaux de onze ans originaires du village de Piolenc, dans le Vaucluse, disparaissent lors de la fête de l’ail. Trois mois plus tard, seul l’un d’eux est retrouvé. Mort.

Juin 2018. De nouveaux enfants sont portés disparus à Piolenc. L’histoire recommence, comme en macabre écho aux événements survenus presque trente ans plus tôt, et la psychose s’installe. Le seul espoir de les retrouver vivants, c’est de comprendre enfi n ce qui est arrivé à Solène et Raphaël. Au risque de réveiller de terribles souvenirs.

L’AVIS DE YANNICK P.

Sandrine Destombes pond un thriller, couronné d’un prix littéraire, d’une grande subtilité. Ce cinquième roman est un page-turner réussi dans une petite ville de Province.

Exit le 36 parisien, welcome to Vaucluse. Il y fait chaud. Pourtant, il n’y a que froideur et inquiétude.

Le prologue dévoile la disparition, des jumeaux, Solène et Raphaël, en Août 1989. Ils ont 11 ans. Ils sont scolarisés à Piolenc. C’est la fête de l’Ail. Trois mois plus tard, l’un d’eux est retrouvé. Mort ! Très vite, les gendarmes, Jean Wimez en tête, font face à leur impuissance à retrouver le survivant et le coupable. Cela devient alors le fardeau de Jean.

30 ans plus tard, l’histoire se répète. D’autres enfants disparaissent de Piolenc. Et le village s’observe. La suspicion grandit. De là, nait une psychose. Une course s’engage pour le capitaine Julien Fabregas. Il va enquêter sur cette affaire et ne pas devoir commettre les mêmes erreurs que Jean. Pour ne pas être face à un impasse, il va devoir réveiller des souvenirs cruels chez Jean. C’est le prix de la transmission entre ces deux générations de gendarmes. L’un à tout à prouver, l’autre doit se libérer d’un poids qui lui pèse sur la conscience.

Les Jumeaux de Piolenc, révèlent un véritable thriller psychologique. Sandrine captive son lectorat en douceur. Sans violence, elle le manipule avec une grande subtilité. A travers de chapitres courts, qui twistent à chaque fin, elle crée, un cadre ensorcelant. Une fois entré dans ce roman, il est difficile de ne pas devoir aller jusqu’à la fin.

L’ambiance est transcrite avec précision. On flirte avec les non-dits dans une petite ville qui fleure bon la province. Les sentiments ressentis par les personnages, engendrent un malaise poignant. Restons une seconde, pour ne citer qu’eux, sur 3 personnages. Victor est un père à la dérive qui a tout perdu. Jean, un ancien qui ressasse son enquête inachevée. Fabregas le tout nouveau gendarme qui doit réapprendre une partie de son métier et qui doit faire ses preuves. Eux comme, les autres, maitresse, parents, disparus ou non, sont touchants. Ils sont pétris de failles et de ruptures. Mais, bien davantage, ils sont troublants. Et c’est là une des réussites de Sandrine. Avoir su les forger autour d’une véritable analyse psychologique. Leurs douleurs, les doutes, leurs angoisses, rendent ce thriller vif et gourmand. Enfin, cela n’a rien avoir avec une douceur sucrée, mais l’image vaut par sa profusion de sentiments.

L’écriture est précise. Sandrine ne se livre à aucune fioriture. Pas la moindre surenchère. L’auteure distille avec parcimonie les brides d’informations. Elle nous tient en haleine et nous pousse gentiment vers un final digne de ce nom. Mais chut … surprise.

Ce thriller mérite amplement ce prix VSD RTL.

L’AVIS DE YANNICK SCOTTO

« Le sommeil et la mort sont des frères jumeaux »
-Homère-

Sandrine Destombes nous plonge dans l’univers sombre du village de Piolenc, dans le Vaucluse et l’énigme fait froid dans le dos…

Août 1989 : deux jeunes adolescents, Solène et Raphaël, jumeaux de 11 ans, disparaissent au cours d’une fête de village.
Alors que le corps de Solène est découvert dans le cimetière de la chapelle St Michel de Castellos près d’Uchaux, peu après, celui de son frère reste un mystère…
Une robe blanche, une couronne de fleurs blanches dans ses cheveux : ASPHYXIE

Le père des jumeaux, Victor LESSAGE rassemble les preuves de son côté et se bat corps et âme après le suicide de sa femme Luce, pendant que l’enquête dure..

Juin 2018 : de nouveaux enfants enlevés à Piolenc :
Résurgence du passé ?
Psychose autour de l’affaire des jumeaux…
École de la Ròca.

Une enquête de longue haleine : les gendarmes WIMEZ et FABREGAS

« ANIMA, ANIMUS »
INDIVIDUATION
Un « havre de paix » ?

Amis, au détour de ces pages tournées puissiez ne pas vous retrouver piégés dans un abri inapproprié😱

Dizygotement !

L’AVIS DE CATHIE L.

Les Jumeaux de Piolenc a été publié en 2018 par les éditions Hugo Thriller que je remercie chaleureusement pour leur confiance. Il a obtenu le Prix VSD RTL du meilleur thriller français présidé par Michel Bussi.

Le roman est construit en chapitres courts agrémentés de nombreux dialogues, de flash-backs. Le récit est intelligemment conçu comme un roman policier classique dont l’enquête est basée sur la psychologie des personnages: nombreuses théories, nombreux suspects, des mystères, des secrets, des allers-retours passé/présent, tous les ingrédients nécessaires pour mener le lecteur par le bout du nez, performance que Sandrine Destombes réalise très bien, même si certains éléments de l’intrigue se laissent deviner.

Tout le réalisme du roman, très bien documenté, repose sur les investigations des enquêteurs. Aucune digression qui ne concerne pas l’enquête : ni la vie privée des enquêteurs, ni considérations externes, ce qui a pour effet de donner un récit épuré aux dimensions plus profondes. Le style est sobre, le vocabulaire et la syntaxe simples et efficaces, allant à l’essentiel.

L’intrigue

31 août 1989. Disparition des jumeaux Lesage, Solène et Raphaël, âgés de onze ans, domiciliés à Piolenc, petite ville du Vaucluse. Novembre 1989. Le corps de la petite Solène est retrouvé, délicatement allongé dans l’herbe mouillée, revêtu d’une robe blanche de communiante, une couronne de fleurs blanches dans ses cheveux. Le corps de son frère ne fut jamais retrouvé.

Juin 2018. 29 ans plus tard, Nadia Vernois, âgée de onze ans, disparaît sans laisser de trace. Quand le capitaine Fabregas apprend que la fillette rendait régulièrement visite à Victor Lesage et qu’elle préparait un devoir de recherches sur l’affaire de la disparition de ses jumeaux, il le suspecte aussitôt, d’autant que Victor ne possède aucun alibi. Il ne lui en faut pas plus pour rouvrir l’ancienne enquête, assisté de Jean Wilmez, son ancien chef, qui avait dirigé les recherches en 1989.

Evidemment, à l’époque, les gendarmes l’avaient longuement questionné. Était-il coupable du meurtre de sa fille et de la disparition de son fils ? Que s’est-il réellement passé ce fameux jour d’août 1989? Mais la disparition de Zélie Mourier , quelques jours après celle de la petite Nadia,  relance les débats. Pourtant, les informations et les divers éléments récoltés s’accumulent sans pour autant éclaircir le mystère. Il faudra au capitaine Fabregas toute sa perspicacité et sa persévérance pour venir à bout de cette sombre affaire.

Les personnages

Portraits physiques peu ou pas élaborés car seul compte le portrait moral de chaque protagoniste, sa psychologie. Libre ensuite au lecteur de combler les vides grâce à son imagination.

• Victor Lesage : père des jumeaux disparus en août 1989 ; un homme révolté, provocateur, ne s’avouant jamais vaincu ; mène sa propre enquête depuis presque trente ans.
• Jean Wimez : gendarme à la retraite chargé de l’enquête de 1989 ; 65 ans; hanté par l’affaire de la disparition des jumeaux qu’il n’a jamais pu résoudre ; ancien chef de Fabregas.
• Julien Fabregas : capitaine chargé de l’enquête actuelle ; excellent enquêteur ; homme d’honneur, un peu impulsif et obtus parfois.
• Melle Gauthier : institutrice à l’école la Rocà ; trait délicats, teint diaphane.
• Docteur Florent : pédo-psychiatre de Nadia ; assiste Fabregas dans son enquête ; lèvres très fines, yeux noirs et profonds.
• Vicart : lieutenant adjoint de Fabregas ; jeune homme sensible et encore peu aguerri.
• Raphaël Dupin : intérimaire chez Elite ; a travaillé à la cantine de l’école la Rocà au moment de la disparition de Nadia ; la quarantaine ; yeux noisette.
• M. Darras : directeur de l’école la Rocà ; 40 ans ; homme ambitieux ; natif de Piolenc.
• Christophe Mongin : ancien camarade des jumeaux ; 40 ans, célibataire, agent immobilier ; 1m80 ; pratique le jogging.

Les lieux

Piolenc, petit village du Vaucluse, environ 5000 habitants, situé dans la région Provence-Alpes-Côte d’Azur, membre de la fédération des sites clunisiens. Là s’arrête la réalité pour nous plonger dans la fiction. Mais les paysages et certains lieux du récit restent ancrés dans cette réalité, créant des décors de cinéma.

L’ambiance : la disparition des enfants Lesage et la mort de la petite Solène ont durablement marqué les esprits des habitants de Piolenc. Si bien que quand la petite Nadia disparaît à son tour, et ensuite Zélie et Gabriel, « la psychose s’était emparée de Piolenc et ne cessait d’enfler. Certains parents d’élèves refusaient d’envoyer leur enfant à La Rocà et préféraient garder leur progéniture cloîtrée jusqu’à l’arrestation du kidnappeur (…) Les habitants du village scrutaient le moindre passant qui ne faisait pas partie de leur entourage proche. Les touristes ou simples flâneurs n’étaient pas les bienvenus et on ne se gênait pas pour le leur signifier. » (Page 194).

En conclusion

Une intrigue bien ficelée pour ce thriller qui s’apparente plus à un roman à énigme qu’à un véritable roman à suspense: toutes les pistes évoquées sont explorées tout à tour, menant le lecteur indifféremment dans des impasses ou sur la bonne voie. La tension dramatique qui s’amplifie peu à peu fait monter cette sensation de malaise qui s’empare du lecteur : « D’autres drames allaient survenir, il le savait, le ressentait dans sa chair, et pourtant il n’avait pas le début d’une piste. Comment mettre la main sur cet enfant avant qu’il ne lui arrive quelque chose ? » (Page 73). L’auteure restitue à merveille le climat d’hystérie collective qui s’empare du village.

Les jumeaux de Piolenc comporte de nombreuses qualités, attestant de la maîtrise de Sandrine Destombes qui a fait ses preuves par le passé: une enquête réaliste et cohérente qui s’appuie sur une documentation précise, notamment en ce qui concerne les procédures : « Le procureur de la République voudrait certainement qu’on vérifie chaque information à deux fois. C’était lui, et seulement lui, qui avait autorité pour déclencher l’alerte… » (Page 50). Pas de temps morts malgré peu de scènes d’action car ce qui rend ce roman captivant ce sont les nombreuses conversations entre les deux enquêteurs principaux, mais aussi les passages narratifs concernant l’évolution des investigations en cours.

Le + : la psychologie des personnages et des événements particulièrement soignée, la progression de l’intrigue étant soutenue par de fréquentes discussions et raisonnements : « Jean devait admettre que le point de vue se tenait. Cela remettait en perspective ses propres convictions mais il avait conscience qu’elles n’étaient étayées que par son instinct. Une simple sensation qui ne l’avait jamais quitté. Il ne put cependant s’empêcher de se faire l’avocat du diable : -Après la découverte du corps, tout le monde était sur les dents, et pas seulement la gendarmerie. Même les journalistes avaient fait de cette histoire leur cheval de bataille et les habitants de la ville menaient leur propre enquête. La population se scrutait. Chacun y allait de sa petite délation. » (Page 111).

Un excellent polar qui ravira les inconditionnels du roman à énigme mais également les amateurs de thrillers psychologiques.

 

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