Sandrine COLLETTE : Six fourmis blanches

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France

INFOS ÉDITEUR

Six fourmis blanches - Sandrine COLLETTE

Parution aux éditions Denoël en janvier 2015

Parution aux éditions Livre de Poche en janvier 2016

Le mal rôde depuis toujours dans ces montagnes maudites. Parviendront-ils à lui échapper ? Dressé sur un sommet aride et glacé, un homme à la haute stature s’apprête pour la cérémonie du sacrifice. Très loin au-dessous de lui, le village entier retient son souffle en le contemplant. A des kilomètres de là, partie pour trois jours de trek intense, Lou contemple les silhouettes qui marchent devant elle, ployées par l’effort. Leur cordée a l’air si fragile dans ce paysage vertigineux. On dirait six fourmis blanches. Lou l’ignore encore, mais dès demain ils ne seront plus que cinq. Egarés dans une effroyable tempête, terrifiés par la mort de leur compagnon, c’est pour leur propre survie qu’ils vont devoir lutter.

(Source : Denoël – Pages : 288 – ISBN : 978-2207124369 – Prix : 19,90 €)

L’AVIS DE CHRISTOPHE DUBOURG

Les insectes du titre font référence aux six randonneurs du dimanche (pas du tout expérimentés, donc) partis en périple dans les montagnes d’Albanie. Un endroit qu’ils ne connaissent qu’à travers certaines images d’Epinal et qui va se révéler sauvage et mortel.

La nature et ses dangers prennent une place prépondérante au sein du récit. La montagne, fort bien décrite, est d’ailleurs le troisième personnage principal du livre. Belle et dangereuse pour les natifs, hostile et impitoyable pour les trekkeurs.

Le récit alterne les chapitres et les points de vue. Il y a ceux concernant Mathias – un « local » sacrificateur de chèvres qui œuvre pour apaiser les esprits – et puis il y a les autres, ceux qui mettent en scène les randonneurs et particulièrement Lou, une jeune française en couple avec Elias. Les deux histoires évoluent en parallèle et prennent leur temps, ce qui nous le laisse à nous (le temps !) d’appréhender le caractère des principaux protagonistes. De même que la montagne acquiert un indéniable relief (Pfffff oui, je sais, elle est facile…) sous la plume de Sandrine Collette, les deux personnages principaux et leur psychologie sont assez finement détaillées dès lors qu’ils sont soumis à fortes pressions. Les randonneurs sont Mr et Mme tout le monde. Ils pourraient être vous, moi, n’importe qui et c’est justement ce qui m’a plu dans ce roman : pas de flics impétueux ni de journalistes aventuriers, pas ou peu de stéréotypes mais des gens qui semblent issus de la « vraie » vie et qui se battent pour survivre.

« Six fourmis blanches » est un roman qui prend son temps. C’est une qualité… et ça peut être un défaut. On apprend à connaitre les deux personnages que l’auteure a défini avec soin ; on vit et on souffre presque aux côtés de Lou – et dans une moindre mesure – du groupe qui s’étiole au fur et à mesure des chapitres. On prend fait et cause et on lutte avec le rude Mathias, le tueur de chèvres qui s’en remet aux osselets et aux esprits. Le revers est que l’empathie avec ces deux-là se fait un peu au détriment des autres qui sont bien moins esquissés. La « faute » peut-être, à ce parti-pris d’alterner uniquement des chapitres « Lou » et « Mathias » tout au long de l’histoire.

Malgré ce bémol, et même si ce n’est pas un pur thriller mais davantage un roman d’aventures, même si ma lecture n’a pas été aussi frénétique que d’habitude, je n’ai pas pu décrocher. Car on tremble avec les personnages et on veut aller au bout, on veut savoir, on veut qu’ils s’en sortent… ou du moins savoir qui s’en sort et de quelle façon…

Et pourtant… j’aime lorsque le récit file à cent à l’heure, j’aime aussi lorsque le personnage est défini dans l’action plutôt que dans des phases d’exposition, j’aime les changements de rythme, les ruptures de tons… mais là, j’avoue que ça ne m’a pas dérangé outre mesure. Peut-être bien aussi parce que le récit « méritait » ce traitement là, peut-être bien parce que l’auteure sait très justement décrire les tourments de l’âme, les paysages et la nature, superbement dangereuse, peut-être bien parce que Sandrine Collette écrit tellement bien qu’on a envie d’aller au bout et de ne rien lâcher, comme ses personnages. Peut-être bien que… non, je vais assurément lire d’autres romans de Sandrine Collette.

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