Nicolas LEBEL : De cauchemar et de feu

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France

INFOS ÉDITEUR

De cauchemar et de feu

Parution aux éditions Marabout en mai 2017

Paris, jeudi 24 mars 2016  : à quelques jours du dimanche de Pâques, le cadavre d’un homme d’une soixantaine d’années est retrouvé dans un pub parisien, une balle dans chaque genou, une troisième dans le front.

À l’autopsie, on découvre sur son corps une fresque d’entrelacs celtiques et de slogans nationalistes nord-irlandais. Trois lettres barrent ses épaules  : IRA.

Le capitaine Mehrlicht fait la grimace. Enquêter sur un groupe terroriste irlandais en plein état d’urgence ne va pas être une partie de plaisir. D’autant que ce conflit irlandais remonte un peu.

Dans ce quatrième opus, Nicolas Lebel nous entraîne sur la piste d’un un assassin pyromane, un monstre né dans les années 70 de la violence des affrontements en Irlande du Nord, qui sème incendie, chaos et mort dans son sillage, et revient aujourd’hui rallumer les feux de la discorde à travers la capitale.

(Source : Marabout – Pages : 416 – ISBN : 9782501114400 – Prix : 19,90 €)

L’AVIS MURIEL LEROY

Dans ce quatrième opus, on retrouve le capitaine Mehrlicht et ses lieutenants là où on les avait laissés… Bien évidemment, le passé rattrape chacun d’eux avec ses conséquences…

C’est l’heure du changement mais sont-ils prêts à l’accepter ? Changement que Nicolas L amorce aussi, avec brio d’ailleurs, car le roman est nettement supérieur aux 3 autres…

Dans le même temps l’équipe est confrontée à des meurtres à l’IRA…

Le roman se devise donc en deux parties : d’un côté, la guerre entre catholiques nationalistes  et loyalistes protestants en Irlande du Nord dans les années 70, les exactions, les attentats commis par les deux camps… et de l’autre, aujourd’hui, avec des règlements de compte sur le plan personnel et professionnel

Deux histoires apparemment différentes qui se recouperont ensuite.

Ce récit montre bien l’aberration de ces croisades sanglantes et saintes, la  manipulation sur des jeunes radicalisés qui voient leurs proches mourir. Tuer au nom de Dieu n’est pas le propre que d’une seule religion, même de nos jours…. Il  y a les cibles les terroristes qui croient en leur cause et ceux qui en profitent qui veulent le pouvoir au détriment du peuple… on voit aussi que dans les textes sacrés les guerres peuvent se justifier, tout dépend de l’interprétation que l’on en fait

Nicolas Lebel montre bien les rouages de l’embrigadement menant à la folie…

C’est noir certes mais tellement réaliste et tout est remis là en perspective… aucun des personnages n’apparait comme totalement méchant car tous sont aussi des victimes…

En résumé, je vous conseille vivement de lire De Cauchemar et de feu, un roman d’actualité, sombre mais tellement bien écrit… Très bon roman noir très instructif sur les mouvements terroristes, les conséquences tout en divertissant… Chapeau bas Monsieur LEBEL


L’AVIS DE YANNICK P.

De cauchemar et de feu est un vrai bon roman. Ce quatrième opus est riche et abouti. Toujours parfait en ce qui concerne l’écriture, l’intrigue posée par Nicolas Lebel est plus complexe que jamais. Sur le fond, sans dévoiler l’intrigue, c’est fouillé. Deux histoires se heurtent. Un meurtre curieux dans un pub parisien lié à une sombre affaire de vengeance et l’IRA des années 60/70. Lebel alterne entre le passé et le présent, sans rien lâcher des facéties et des travers de ses personnages. C’est intense et passionnant, avec toujours cet humour décalé. Le travail de recherche fut, à n’en pas douter, précis et minutieux. Car c’est assurément l’enquête la plus sombre, gorgée de pistes multiples où le capitaine Mehrlicht vit un week-end de Pâques propice au changement. Même la sonnerie de son portable en est victime, avec cette fois, Julien Lepers himself.

De cauchemar et de feu nous sert, outre une réflexion sur l’intégrisme et les extrêmes, un conflit vieux de huit cents ans. Mais pas seulement. C’est aussi pour l’auteur, l’occasion de faire évoluer ses personnages. S’ils sont attachants et sympathiques, ils gagnent tous en consistance, en profondeur. Lebel les fait évoluer comme rarement un auteur le fait. Il les confronte à leur réalité. Il joue avec leur personnalité, les bonifie.

Que ce soit en Irlande ou à Paris, parmi un groupe de copains ou de flics, la vie les contraint tous à faire des choix. Ces choix, il leur convient de les défendre et de les assumer. Daniel Mehrlicht , le capitaine à la tronche de grenouille et à la Gitane coincée dans le bec, harcelé de cauchemars, dévoile son humanité. Il est temps pour lui d’évoluer. Mickael Dossantos et son code pénal sous le bras voit son passé refaire surface. Il lui faut l’affronter. Sophie Latour et son Jebril subissent les effets de bord. Le passé n’est jamais bien loin. Même Matiblout qui sort enfin de son bureau prend de la profondeur tout comme Carrel le légiste. Comme quoi le changement est un état d’esprit (J. Chirac). Quant au lieutenant Reinier, fraîche et innocente stagiaire débarquée de sa province natale, elle va devoir comme les autres subir l’épreuve de la réalité, celle du feu.

L’union, l’équilibre et la synergie du groupe de Mehrlicht, en prennent un coup. Le FarDarrig y est sans doute pour quelque chose. Pourtant il existe une formule magique. Prononces « Ná dean maggadh fum ! / Ne te moque pas de moi ! » et le Far Darrig s’enfuira à moins qu’il ne te mette dans un sac et te jette au feu.

S’il parait que l’on renait de ces cendres, De cauchemar et de feu, est un braisier plein de promesses pour un cinquième opus.

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