Nick GARDEL : Laisse tomber

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France
Nick GARDEL - Laisse tomber
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  • Éditions Caïman le 12 mars 2019
  • Pages : 212
  • ISBN : 9782919066735
  • Prix : 12,00 €

PRÉSENTATION ÉDITEUR

Antoine Spisser est obèse. La quarantaine bien consommée, il habite seul dans l’appartement familial d’une petite ville de province. Le décès de ses parents lui a permis d’envisager une vie de rentier qu’il organise entre flemme et visionnage de chef-d’œuvres du cinéma. Les autres copropriétaires de son immeuble sont tous très âgés et entre dégoût et rejet, le considèrent comme le concierge de ce petit écosystème.

Quand sa voisine acariâtre exige de lui un service, Antoine ne sait refuser. Mais l’entrevue se passe mal et la vieille aristocrate meurt, par accident, le front perforé par une clé d’un bahut de son salon. Antoine ne peut s’empêcher de dérober un certain nombre d’objets avant de quitter ce qui est désormais une scène de crime. Un autre voisin (vieil excentrique transformiste qui a décidé de finir ses jours à ressasser sa gloire passée) le voit. C’est le début d’une suite de catastrophes et de meurtres qui mèneront Antoine sur une rambarde de balcon à 15 mètres du sol.

On retrouvera dans ce polar déjanté, une ancienne gymnaste qui vit en tête à tête avec le souvenir de son époux, une hippie allemande qui élève des animaux de compagnie particuliers, une témoin de Jevovah cardiaque qui a sa propre conception du paradis, une femme de ménage transfuge des hôpitaux psychiatriques roumains de l’époque Ceausescu et un enquêteur obtus qui a toutes les réponses mais jamais les bonnes questions.

L’AVIS DE YANNICK P.

Lorsque l’on est perché à 15 mètres du sol sur la rambarde d’un balcon et que l’on est obèse, c’est le moment pour faire le point sur sa vie. Sur ses derniers instants. C’est ce que fait Antoine Spisser. Antoine est un petit jeunot de 55 balais qui vit dans un immeuble cerné par les vieux et qui mollement passe ses journées à mater des films hérités du vidéo club de ses parents décédés. Un bon gros oisif.

Quand il rend enfin un service, à la voisine d’en face qui le prend pour le gardien, tout tourne mal. Un satané accident qui réveille les instincts d’un flic placardisé et les envies sournoises des autres habitants. Et si la mort allait enfin rattraper ces vieux acariâtres, dont la méchanceté n’a d’égale que leurs âges canoniques. Chaque voisin semble avoir ses envies cachées pour éliminer le copropriétaire qui vit en face.

Antoine devient le révélateur de l’acidité qui coule dans leurs veines.

Sous couvert de jeux de mots, Nick maitrise à la perfection le calembour, il sait se faire sérieux. C’est à travers un angle parfois teinté d’humour noir, qu’il dessine les maux de la vieillesse et l’approche de la mort. C’est un soupçon cynique, mais, en suivant Antoine qui traine son obésité comme un handicap, on ne peut que jubiler. On se délecte de ce filtre où le jeunisme n’a qu’à bien se tenir. Chaque personnage a du relief et est gonflé de ressentiment, d’antipathie pas tant contre les autres que contre soi. La plume est vive.

Ouvrir ce Petit manuel de survie en milieu grabataire, c’est l’assurance de percer d’un rayon de soleil, les mornes journées. Un petit bijou qui te décolle les zygomatiques et à l’occasion se rendre compte que Nick a une belle culture cinématographique.

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