Il y a des moments où il est agréable de mettre le temps sur pause. De prendre un instant pour soi et de se replonger dans les souvenirs de l’enfance. Une vieille malle (d’accord ça peut-être un carton mais c’est moins “poétique”, je poursuis) dans son grenier ou dans celui de ses parents dans laquelle sont précieusement rangés nos bibliothèques rose, verte, rouge et or…

Des auteurs de romans policiers contemporains ont acceptés d’ouvrir cette malle avec vous et de vous faire découvrir leurs premiers émois littéraires. Sentez l’odeur un peu piquante des livres enfermés, touchez les tranches cartonnées, caressez les pages jaunies qui parfois se décollent tellement ils ont été lus été lus et relus.

Sophie PEUGNEZ

patrick bauwenDans la malle de Patrick BAUWEN : J’ai un souvenir très marqué de mes premiers “amours” bibliothèque rose et verte. J’ai dévorés absolument tous les titres de ces quatre séries, qui ont beaucoup influencé mes goûts par la suite (polar, fantastique, aventure, et amitié/convivialité/familles, notions que l’on retrouve dans chacune des séries)

  • Fantômette de Georges CHAULET (bibliothèque rose)
  • Le clan des sept de Enid BLYTON (bibliothèque rose)
  • Le club des cinq de Enid BLYTON (bibliothèque rose)
  • Les conquérants de l’impossible de Philippe EBLY (bibliothèque verte)

Jean-Luc-BizienDans la malle de Jean-Luc BIZIEN : Enfant, j’ai eu une première chance inouïe : tous les adultes, autour de moi, lisaient.
Ils m’ont transmis ce virus, le seul peut-être qui ne s’attaque pas à l’Homme mais le fait grandir, l’aide à se construire, façonne sa vision du monde. La lecture permet aux enfants de devenir un jour des adultes clairvoyants – du moins ai-je la faiblesse de le croire.

Mes premiers chocs littéraires furent de véritables déflagrations.

  • À 5 ans, d’abord, quand ma grand-mère maternelle (à laquelle je voue une reconnaissance éternelle) m’a lu L’Iliade et L’odyssée. Il me suffisait de feuilleter avec elle cette merveilleuse version illustrée, et je voyageais au côté d’Ulysse, j’affrontais avec lui les plus terribles monstres de légendes, je survivais miraculeusement à d’impossible épreuves…
  • Ensuite – je devais avoir 6 ou 7 ans, 8 ans tout au plus – vinrent Le Grand Meaulnes d’Alain-Fournier et Alice au pays des merveilles de Lewis Carroll. Une fois encore, dans des styles totalement différents, les rêves étaient omniprésents et ils m’emportaient. Je lisais, je rêvais la nuit, je vivais avec les personnages, j’investissais ces mondes merveilleux.

La seconde chance de mon enfance, c’est d’avoir grandi Outre-Mer. Loin de la télévision et de la radio, mais près, tout près du cinéma et des livres, ces deux usines à rêves.
 Je me souviens d’une mémorable engueulade quand ma mère a réalisé que j’avais ouvert un compte pour acheter des livres – on réglait en fin de mois, chez les commerçants – et que la somme réclamée par le libraire était astronomique.

Au vrai, je lisais tout, tout le temps.


J’ai dévoré :

  • Fantômette de Georges Chaulet (à l’école, c’était déjà les filles qui lisaient le plus et ça facilitait les échanges).
  • Langelot Agent Secret du Lieutenant X en bibliothèque verte.

Je me suis même fait surprendre sous le lit de mes parents, plongé dans Ascenseur pour l’échafaud de Noël Calef… parce que je n’avais plus rien à lire dans ma chambre et qu’il fallait bien étendre le territoire. Je devais avoir 9 ans.
Bien entendu, je n’ai rien compris à cette sombre histoire, mais les mots m’entraînaient, encore et toujours. C’étaient des formules magiques, qui invitaient à passer dans d’autres mondes.

Après, il faudra attendre l’adolescence pour que le virus me condamne à une vie de mots et d’histoires. C’est là que je découvre la fantasy, et la « littérature de genre ». La Bande dessinée, aussi, avec l’apparition du Arzach de ce génie absolu de Moebius, de ses univers inégalables. Celle du Philémon de Fred et sa poésie omniprésente, puis Tardi, Caza et tous les immenses raconteurs d’histoires…

En littérature, ce seront dans l’ordre le Elric de Michael Moorcock, puis Fafhrd et le souricier gris de Fritz Leiber et enfin les livres de Serge Brussolo, qui me feront définitivement basculer.
S’il ne fallait en retenir que trois :

  • Elric le Nécromancien de Michael Moorcock.
  • Trois cœurs, trois lions de Poul Anderson.
  • le Carnaval de fer de Serge Brussolo.

Il me faudrait encore quelques heures et de nombreuses pages pour rendre hommage à tous ces fabuleux auteurs et à leurs personnages !
Je leur dois tout, ou presque : à bien y réfléchir, un écrivain…

C’est un enfant lecteur qui a accepté de grandir, mais n’a jamais cessé de rêver.

jeremy-bouquinDans la malle de Jérémy BOUQUIN : Mon enfance, c’est les années 80, J’adorais langelot et les six compagnons, la bibliothèque verte a ete un long compagnon de soirée. Mais le grand choc est venu de la science fiction avec bradbury et son farenheit 451. Pour la bande-déssinée J’ai eu la chance faire parti de la génération Strange et l’arrivée sur les étals de franck miller avec dark knight et dare devil

  • Langelot de Lieutenant X (bibliothèque verte)
  • Six compagnons de PJ BONZON (bibliothèque verte)
  • Comics (Strange, Dare Devil…)

Lucie BrasseurDans la malle de Lucie BRASSEUR : Le premier livre qui ne quittait pas ma table de nuit, que je relisais sans cesse est Coup de Bec, coup de Cœur de Brigitte Logeart paru en 1991 chez Bayard – collection Je bouquine.
Résumé : Las des soucis professionnels, le père d’Agathe a décidé de partir vivre au Brésil pour y élever des poulets… Agathe est si enthousiasmée qu’elle va écrire son journal “pour la fille quelle aura plus tard.” Elle a raison : les péripéties ne vont pas manquer. Dès la première nuit, dans la chaleur de Rio, Agathe rencontre Manuel, le petit cireur de chaussures. C’est le début d’une grande amitié. Et de beaucoup d’aventures.

Dans les années 90, avoir deux nationalités et des parents peu argentés – pour ne pas dire carrément pauvres ! – signifiait que les seuls contacts possibles avec la moitié de mon identité se trouvaient fantasmés. Billets d’avion et téléphone étaient hors d’atteinte ! J’imaginais alors les odeurs et les couleurs de mon autre patrie, je me rêvais errant sur les sentiers de terre rougie ou jouant avec les vagues sur les plages interminables de Copacabana. Dans ce là-bas où la moitié de ma famille vivait sans que je les connaisse, dans ce là-bas d’où ma grand-mère et ma tante m’envoyaient des baisers de papier ou des souvenirs auxquels moi seul trouvait un parfum particulier – celui de mon identité – dans ce là-bas qui aurait aussi dû être chez moi, dans ce là-bas l’héroïne de Coup de bec, coup de coeur, se construisait. Portée par les rêves d’équilibristes audacieux de ses parents – entendez fous dingues – Agathe s’envolait avec moi vers ce là-bas où moi aussi je rêvais d’atterrir. Et, c’est là-bas qu’elle commençait à écrire. Rêves plus grands que soi, patries se fondant en un feu d’artifice coloré et mots enflammés… Il y avait dans ce petit livre d’enfant tout ce qui me construisait, me définissait. On n’aime pas des millions de livres autant que les premiers qui nous marquent. Sans doute, Brigitte Logeart sans le savoir traçait-elle au travers de ces mots le chemin de celle que je suis aujourd’hui.

Christine BrunetDans la malle de Christine BRUNET : La lecture… Le livre… Pour moi, LE moyen de m’évader, de frémir, de pleurer, de m’extasier et de voyager dès que j’ai été capable de déchiffrer les textes. Des dizaines de titres m’ont marquée. Faire un choix… Compliqué, forcément !

Mon premier héros,- hormis l’éternel Oui-Oui d’Enid Blyton, Jacques Rogy, un journaliste intelligent, sans peur qui se lançait dans l’aventure avec son fidèle photographe, René, un ancien boxeur aussi balaize que gentil et intrépide. J’ai lu et relu chaque titre de Pierre Lamblin et les ai gardés précieusement comme le témoignage d’une enfance rêveuse bercée par des centaines d’histoires, toutes palpitantes. Plus tard, Alexandre Dumas prit la relève avec le comte de Montecristo, un héros sombre, complexe, rongé par la vengeance mais qui cherche le pardon. Je suis marseillaise et le Château d’If prit dès lors une toute autre ampleur d’autant que l’un de mes ancêtres y a séjourné et y est mort… Les trois mousquetaires, ensuite, m’ont embarquée dans un 16e siècle que je découvrais avec émerveillement… Mon préféré ? Pas d’Artagnan, non, mais Athos, le plus mystérieux, le plus sombre et torturé, une personnalité qui m’a marquée comme Arsène Lupin un peu plus tard. Des aventures que j’ai dévorées goulûment… Avec des titres qui m’ont fait frémir : Les dents du tigre, L’aiguille creuse, Le bouchon de cristal… Un autre personnage complexe, blessé et torturé.

Sans oublier bien entendu, Maurice Leblanc et Arsène Lupin avec des titres qui m’ont fait frémir : Les dents du tigre, L’aiguille creuse, Le bouchon de cristal…

Des héros, des titres, des aventures, des auteurs qui ont construit l’adulte que je suis, prompte à l’émerveillement, accro aux voyages, aux aventures et… à l’écriture.

  • Jacques Rogy de Pierre Lamblin
  • Le Comte de Montecristo d’Alexandre Dumas
  • Les trois mousquetaires d’Alexandre Dumas
  • Arsène Lupin de Maurice Leblanc

gilles caillotDans la malle de Gilles CAILLOT : Zonelivre a eu la gentillesse de me demander de rédiger quelques lignes à propos de mes lectures de jeunesse. Très belle initiative de de leur part mais, des fois, certains secrets ne sont pas faits pour être dévoilés.
Mais je vais m’exécuter, car je les adore vraiment… Même si après coup, je devrais faire disparaître quelques membres de leur rédaction. Une petite tête réduite pour votre porte clé de voiture? Ca vous tente ?

Alors que je me couche, épuisé par ces moments intenses que m’ont procurés mes derniers travaux de loisirs créatifs, je me rappelle ce moment inoubliable. Celui d’un flash-back. D’un retour en enfance. Mon enfance. Enfin, pour être parfaitement exact, celui de mon adolescence.
Les marches escarpées s’enchainent. Le bois usé, presque glissant, me guide vers cet antre de poussière dont je n’ai plus foulé le sol depuis des années. Pourtant, j’y ai pensé très souvent avant que la vie et ses richesses m’entraînent ailleurs. Mes trésors… mes petits trésors. Ceux qui vous forgent une personnalité, nourrissent un univers. Ceux qui sont faits pour demeurer en vous pour toujours.
J’avale les dernières planches et débouche dans un espace d’une quinzaine de mètres carrés. L’odeur est forte, presque entêtante. Le soleil diffuse par la lucarne du plafond une lumière diaphane qui me semble presque surnaturelle, tant elle est vive. Vibrant contraste avec la crasse opaque couvrant les murs.

Rapide coup d’œil circulaire. Rien n’a vraiment changé. Au fond, des étagères, remplies de bibelots et d’objets divers, de grands cartons de déménagement à moitié éventrés et des morceaux de tissu qui couvrent aléatoirement le sol comme s’ils avaient subi les affres de la colère du vent.
Avec émotion, je pénètre dans ce sanctuaire puis inspecte, renifle, hume, me remémore les souvenirs qui ont ponctué mon adolescence. Je longe le mur grisâtre sur une dizaine de mètres. Un petit décrochement sur la droite, encore un autre puis… je l’aperçois. Plantée au milieu du parquet persillé de poussière, elle trône fièrement et semble défier le temps. La malle. Ma malle. Celle de mon enfance qui enferme toute ma mémoire.

Le cœur serré, je m’approche timidement. En fait le tour. Deux fois. Trois fois. J’hésite. Dois-je vraiment… ? En ai-je le droit finalement après 25 d’oubli ? C’est comme cela que tout a commencé, la dernière fois !

Mais je ne contrôle plus mes mains. Déjà, mes doigts agrippent le petit cadenas en fer forgé et tourne la clé. Celle-ci s’exécute sans le moindre bruit et libère le pêne.

Petite poussée. La gueule noire s’entrouvre avant de vomir son intérieur.
L’uppercut est violent ! Visuel mais aussi olfactif. Ca chlingue la mort, la pourriture, la chair en décomposition mais aussi la poussière… Le vieux papier. Je retiens un haut le cœur et m’empare, du bout des doigts, du scalp fané sur lequel une toison blonde tente de s’accrocher désespérément. C’est dingue… Je ne l’ai jamais jeté. Nostalgie quand tu nous tiens…
Nathalie ? Nan ! Florence, je crois… Mon premier amour. Enfin… J’avais 13 ans à l’époque, l’amour m’était encore bien inconnu. Sans doute parce qu’elle m’a donné mes premières émotions.
Je repose le toupet desséché puis me saisis de la grande boite où j’ai entassé mes petits souvenirs. J’élargis un sourire… J’étais vraiment un amateur. Etrange que je ne me sois jamais fait attraper. Des ongles, des dents, des morceaux de cuirs humains. Des tout petits morceaux puis des plus grands. De plus en plus grands…
Mon cœur s’est accéléré. Je déplie avec délicatesse le parchemin défraichi que je viens d’extirper. Avec le manque d’humidité, la peau est devenue cassante. La bouche est parfaitement dessinée, le nez pas trop mal prélevé. Il y même encore les cils. Belle fille ! Oui… !

Je creuse dans mes souvenirs… Dorothée ? Barbara ? Isabelle ? Sandrine ? Nathalie ?
Je suis incapable de remettre un prénom sur ce masque devenu immortel mais je me rappelle encore parfaitement ce moment. C’était à Bandol. Je lisais Edgar Poe à l’époque. « Double assassinats dans la rue morgue » et « Comment servir l’homme ». Des nouvelles d’une qualité exceptionnelle que je relisais en boucle. Bien sûr, j’avais lu plus tôt du King, comme beaucoup d’entre nous, mais je voulais quelque chose de plus… plus… Oui… Plus dur !
Je repose la peau et continue mon exploration. Au milieu de mes trophées… une pile de livres. Tous ceux qui ont hanté mon enfance. Tous ceux qui ont fait ce que je suis.
Voulez-vous en connaître les titres ? Oui ? Êtes-vous vraiment certains ? Attention, c’est dangereux…
Je vous l’assure…

Alors pour les téméraires, voici ma nourriture littéraire passée : A tout saigneur ( ;)) tout honneur : Stephen King, mon idole pendant de nombreuses années. Shinning, Ca, Tommyknockers, Misery, Dolores Clairborne, Simetierre, Salem, Carry…
De l’horreur : Dan Simmons, Graham Masterton, Jack Ketchum (Dont l’invraisemblable VO de Morte saison(1980). Un des pires romans qui puisse exister ! Si si possible ! Une version expurgée et largement adoucie a débarqué en France en 1999).
De la science-fiction : Asimov, Van Goth, …
Du héroïque fantasy : Vance, Moorcock, Ron Hubbard, …
Et puis, tout un tas de parchemins, de livres de sorcellerie, de techniques d’embaumement et de prélèvements de tissus, de décoctions diverses.
Et ceux-là, je ne vous donnerai pas les titres. A vous de chercher avec votre ami Google. Ou alors, faudra payer assez cher (chair ?).
Ah si ! J’oubliais ! Bien évidemment, le Nécronomicom…. Mais ça, vous l’aviez deviné 😉

Dominique chappeyDans la malle de Dominique CHAPPEY : TOUT. Ma mère avait donné pour consigne à la bibliothécaire de me laisser totale liberté de choix. Celle-ci a tiqué de nombreuses fois, mais ne s’y est jamais opposée. Merci à elles deux.

Passé le moment où, à 10 ans on repart avec L’être et le néant pour faire le malin, cette technique permet de se forger une culture gruyère (beaucoup de trous, mais une nourriture riche).

yves corverDans la malle de Yves CORVER : Comme beaucoup de gamins de ma génération je dévorais les bandes dessinées d’Astérix, de Tintin, de Lucky Luke et de Gaston Lagaffe.

Ensuite, je me suis contenté de lire tous les romans classiques imposés au programme de français jusqu’au bac. Ma préférence d’alors allait vers Balzac et Zola.

Ce n’est qu’a lorsque j’ai commencé ma vie professionnelle que je me suis mis à lire beaucoup. Le plus souvent dans les transports en commun. J’alternais avec plaisir Marguerite Yourcenar, Daninos, René Fallet, J-J Servan Schreiber, Simenon, François de Closet, Soljenitsine et bien d’autres.

samuel delageDans la malle de Samuel DELAGE : Tout ça est une véritable bouffée de nostalgie !

  • Dix petits nègres d’Agatha CHRISTIE (LGF)
  • Sans-Atout et le cheval fantôme de Boileau-Narcejac (LGF)
Jeanne Desaubry
© Ville de Neuilly-Plaisance

Dans la malle de Jeanne DESAUBRY : Mes premières passions furent classiques ; je fus amoureuse de d’Artagnan, parce qu’il était beau et fort ( Alexandre Dumas, les 3 mousquetaires). De Lagardère, parce qu’il était beau et fort (Paul Féval, le Bossu). Du baron de Sigognac parce qu’il était… beau et fort (Capitaine Fracasse – Théophile Gautier). De l’ingénieur de l’Ile Mystérieuse parce qu’il était beau, fort et intelligent (Jules Vernes) J’avais entamé ma mutation vers l’intellectualisme, sans doute.

J’avais une excuse, j’avais entre 10 et 12 ans.

Ensuite ce fut Lupin. (Maurice Leblanc) Vous l’avez deviné : il était, beau, fort , intelligent, et bousculait l’ordre établi. Je grandissais.

Et vlan, je rencontrais Sartre. Ils ne furent plus ni beaux ni forts, mais désespérément humains, bourrés de défaut et très dérangeant pour la société. Je restais vaguement romantique quand même; cela me passa définitivement avec Céline. J’avais 16 ans.

Avec Ellroy et sa trilogie Hopkins,que je rencontrais plus tard, la vingtaine achevée, je me mis à aimer les héros des romans à cause de leurs défauts. De ce moment, j’étais perdue pour toute autre littérature que noire.

  • Les trois mousquetaires d’Alexandre DUMAS
  • Le Bossu de Paul FEVAL
  • Capitaine Fracasse de Théophile GAUTIER
  • Ile Mystérieuse de Jules VERNE
Ingrid desjours
Jean-Luc Luyssen -Gamma Eyedea

Dans la malle d’Ingrid DESJOURS : Belle initiative !

  • Mes basiques, petite, c’était toujours les contes de Grimm, Perrault, Andersen… des drames humains, des histoires souvent tragiques et avec plusieurs niveaux de lectures…
  • puis j’ai vite versé dans la mythologie grecques, les légendes indiennes…
  • sinon j’étais assez fascinée par Les malheurs de sophie de la COMTESSE DE SEGUR (bibliothèque rose)

Christophe DubourgDans la malle de Christophe DUBOURG : J’ai été biberonné à la bibliothèque rose (Club des cinq, clan des sept…) mais surtout la bibliothèque verte (Langelot – mon héros favori -, Les six compagnons, Michel, Les 3 détectives d’Hitchcock, Les conquérants de l’impossible… dès mon plus jeune âge puis sevré aux Jules Verne, Agatha Christie, Conan Doyle, Maurice Leblanc, Gaston Leroux…) à l’adolescence…
J’ai découvert un peu plus tard les romans de Lovecraft (euh… on ne présente plus, hein!), John Buchan (dont Hitchcock a adapté Les 39 marches), Sax Rohmer (créateur de Fu Manchu), S.A. Steeman (L’assassin habite au 21), Jean Ray (Harry Dickson), J.D.Carr (et ses mystères de chambres closes), Ellery Queen, pour les plus anciens, puis vint ensuite la collection « Terreur » de chez Pocket, Stephen King (je voue un culte au Fléau), Peter Straub, James Herbert et Dean Koontz, (ce dernier restant d’ailleurs largement mésestimé à mon goût). A partir des années 2000, je me suis mis à lire du Cussler, Lansdale, Lehane, M.Connelly, Serge Brussolo (et son énorme production !), Chattam, Thilliez, Giebel, Saussey, Favan, Stieg Larsson, Jo Nesbo – et quantité d’autres qui ne peuvent être cités car il faudrait au moins deux pages ! – mais… Mais quoi ? Bah, deux fois rien… On me signale simplement qu’en 2000, j’avais abandonné mon enfance depuis déjà quelques années….

claire favanDans la malle de Claire FAVAN : Me voilà en train de parcourir les livres de ma bibliothèque car les lectures préférées de mes jeunes années y ont toujours une place :

  • Le tour du monde en 80 jours de Jules Verne
  • Les trois mousquetaires
 de Alexandre Dumas
  • Bel ami
 de Guy de Maupassant
  • Cyrano de Bergerac

 de Edmond Rostand

Et un peu plus tard…

  • Dracula
 de Bram Stoker
  • Fête fatale de William KATZ (le fameux livre qui m’a fait découvrir l’univers des tueurs en série)

Et le monumental Ça de Stephen King.

sylvain FORGEDans la malle de Sylvain FORGE : Dans le grenier de mes souvenirs, il ne m’est guère difficile de trouver la malle où se nichent les romans le plus marquants de mon enfance, car il y en a un, resté vivace dans ma mémoire. Il s’agit d’Histoire du prince Pipo de Pierre Gripari, publié aux Éditions Grasset-Jeunesse en 1976.

Je possède toujours ce livre, dans un format poche. La couverture a perdu de sa superbe et les pages aux bords jaunis se détachent. Récemment, je l’ai racheté dans sa version grand format d’origine. Je voulais absolument le lire à ma fille et c’est désormais chose faîte.

Histoire du prince pipo est une quête initiatique narrant les aventures d’un jeune prince, Pipo donc, qui se perd en tombant dans un grand volcan avec son cheval rouge. Il va parcourir le vaste monde à la recherche de ses parents et d’une mystérieuse princesse dont il tombera éperdument amoureux. D’étranges rencontres l’attendent, bien des dangers aussi. La scène où il doit combattre le dragon Tarabistrakoum est celle qui m’a le plus marqué. Car en tuant l’animal, Pipo délivre un jeune homme et devient lui-même le dragon. Il lui faudra attendre (à son tour) qu’un chevalier vienne le tuer pour reprendre sa liberté. C’est une allégorie sur l’innocence perdue. Histoire du prince pipo parle de la quête de l’adulte qui est en nous, de l’enfance enfuie qui jamais ne revient et des obstacles qui jalonnent une vie d’homme. Et l’histoire de conclure, selon les mots empruntés à une vieille femme qui révèle à Pipo qu’au bout du compte il ne reverra pas ses parents : « A t’obstiner tu as gagé ceci, tu es devenu toi-même le roi ton père, et tu as trouvé celle qui sera la reine ta mère (…) vous serez pour votre peuple ce que furent tes parents ».

Je repense souvent à cette histoire, elle fait indissociablement partie de mon enfance.

Virginie HEBER SUFFRINDans la malle de Virginie HEBER SUFFRIN : Merci de cette immersion. J’ai essayé de faire lire à mes filles les livres de mon enfance, mais sans vraiment de succès. Les générations passent…

  • Les livres policiers qui ont marqués mon enfance sont sans contestation possible la série Le clan des sept de Enid BLYTON (bibliothèque rose),
  • et les livres jeunesses d’Alfred HITCHCOCK (le perroquet qui bégayait, les douze pendules de théodules… Bibliothèque Verte).
  • Mais en fait ceux que je préférais étaient de loin les Benett
  • et les Philippe EBLY(comme le blé) mais ce n’étaient pas des policiers…
Jess Kaan
Imaginales-2012

Dans la malle de Jess KAAN : Écrire est un cheminement…

Il est des livres qui marquent plus que d’autres. J’ai eu la malchance de grandir dans les années 80/90 à une époque où l’on ne disposait pas d’un choix considérable. Je m”explique. A l’école, au collège on étudiait les classiques, plus ou moins dictés par le programme et les convictions du prof. Ca fait mal quand un prof vous étale ses convictions et vous donne pour lecture du bac la Bête Humaine de Zola ! Petit village de province, pas de bibliothèque municipale, mon père bossait à la poste et à ce titre, il pouvait faire venir des livres de la bibliothèque des PTT, une mine d’or ! Y’en avait pour tous les goûts.

Pourtant, je suis allé chercher des bouquins. En classique, le Père Goriot de Balzac. Il faut aimer les descriptions à rallonge, mais c’est l’histoire éternelle des apparences… Idem d’Illusions Perdues du même auteur, un ouvrage sur le métier d’écrivain qui montre qu’en la matière -le statut d’auteur – peu de choses ont évolué…

En classique toujours, je ne me lasse pas des lettres de mon moulin de ce cher Alphonse Daudet… Puis il y a eu Stephen King, le recueil Brumes. Véritable découverte que l’on pouvait écrire des livres pour vous foutre les chocottes. Idem de James Herbert et de son excellent Dis moi qui tu hantes. Depuis j’ai un peu délaissé le fantastique, je me suis tourné vers le Thriller après avoir eu ma période Cussler et d’autres livres plus polémiques…

Je me souviens de cette époque où l’on ne lisait pas ce que l’on voulait.

Aussi, je m’efforce de varier les expériences littéraires sans suivre les critiques. Je me dis qu’à l’heure d’internet, un monde de culture devrait s’ouvrir à nous…

maxime gillioDans la malle de Maxime GILLIO : Dans le désordre chronologique…

  • San-Antonio – J’ai bien l’honneur de vous buter de Frédéric DARD
  • Strange n° 126, juin 1980
  • Le Père Goriot de Honoré de Balzac
  • N’importe quel album de Franquin

Erik L HOMMEDans la malle d’Erik L’HOMME : Je garde le souvenir brûlant (mais comme tout le monde je crois)

  • Club des Cinq de Enid BLYTON (bibliothèque rose)
  • Langelot Agent Secret de Lieutenant X (bibliothèque verte)

Plus quelques titres isolés, comme :

  • Ambor le loup de Joseph-Henry Rosny Ainé
  • La patrouille de l’espace de Robert A. HEINLEIN
bernard larhant
Photo : Laurent Laveder

Dans la malle de Bernard LARAHANT : Essentiellement les romans d’aventure avec un coup de cœur pour Michel Strogoff de Jules Verne, que j’ai dévoré un nombre incalculable de fois, avant de le remplacer par le Docteur Jivago de Pasternak, après avoir été ému par le film. Deux fresques russes et pourtant je n’ai jamais visité cet immense pays.

Mais aussi des B.D. avec un penchant pour l’une, d’Uderzo et Goscinny, moins connue qu’Astérix : Oumpah-Pah.

Marin LedunDans la malle de Marin LEDUN : Dans les années quatre-vingt la littérature pour enfants ou adolescents était méconnue et encore balbutiante. Rien à voir avec le foisonnement des maisons d’édition et des collections actuelles. De sorte qu’après les quelques romans des collections bibliothèques rose ou verte, dont je ne garde aucun souvenir particulier (à l’exception notable de trois romans venant de l’univers fantastique et science-fiction, Bilbo le Hobbit de Tolkien, Les cascadeurs du temps de Christian Grenier et du génial La stratégie Ender d’Orson Scott Card), quand on avait onze ou treize ans et qu’on aimait lire, c’était le saut dans la grande inconnue : les romans qui peuplaient les rayonnages des librairies ou de la bibliothèque des parents, si nous avions cette chance. Section adultes.

En clair : les livres interdits. Un mélange d’excitation, provoquée par la peur de ne rien comprendre, de tomber sur des trucs rébarbatifs, mais aussi de lire des « choses » secrètes, mystérieuses, celles dont les adultes parlaient à voix basse. J’ai eu cette chance : mes parents professaient une éducation plutôt libérale et, heureux de me voir dévorer des livres, m’ont laissé faire mon choix – je ne les en remercierai jamais assez. Coup de bol, les étagères croulaient de romans américains et de classiques français, et c’est autant de noms énigmatiques qui m’étaient offert d’un seul coup et en vrac. Quatre m’ont marqué à jamais : Le vieil homme et la mère d’Hemingway, Le petit arpent du bon dieu d’Erskine Caldwell, Regain de Giono, et Georges Arnaud et son Salaire de la peur. Je les relis encore aujourd’hui, régulièrement, découvrant avec délice tout ce que mes yeux et mon cœur d’enfant ou d’adolescent n’avaient pas su voir de critique sociale, de puissance littéraire, des corps érotiques, des corps en souffrance, des êtres en crise ou en amour. Trente ans ont passé depuis la lecture de ces sept romans, mais les livres possèdent une force inouïe : aujourd’hui encore, l’émotion est intacte.

  • Bilbo le Hobbit de Tolkien (bibliothèque verte)
  • Les cascadeurs du temps de Christian Grenier (Magnard)
  • La stratégie Ender d’Orson Scott Card (Livre de Poche)

Stephanie LepageDans la malle de Stéphanie LEPAGE : Voici le top five des 1ers livres qui m’ont le plus marquée (pas facile de choisir)

  • CA de Stephen King: lu et relu je ne sais combien de fois, angoissant et captivant, c’est LE bouquin qui m’a donné envie de raconter des histoires horrifiques
  • Germinal d’Emile Zola, pour la puissance épique et le réalisme du récit qui vous prend aux tripes;
  • Le Nom de la Rose d’Umberto Eco, à la fois thriller historique et philosophique qui nous plonge dans une époque bien cruelle; du grand art, haletant et addictif;
  • Inconnu à cette adresse de Kathrine Kressman Taylor, court roman épistolaire implacable qui, à travers l’histoire cruelle et poignante des 2 protagonistes, dépeint le drame qui se joue à cette époque en Europe; on en ressort bouleversé;
  • Le Seigneur des Anneaux de J.R.R. Tolkien, l’Aventure avec un grand “A” , un monument, what else?

Sandra MartineauDans la malle de Sandra MARTINEAU : C’est plaisant de se replonger ds nos souvenirs d’enfance !

  • j’ai adoré Fantômette de Georges CHAULET (bibliothèque rose)
  • Le Club des cinq de Enid BLYTON (bibliothèque rose)
  • Il y a aussi quelques bons livres ds la série Castor Poche.

david moitetDans la malle de David MOITET :

  • Mes lectures d’enfance. A dire vrai, je ne me souviens que d’un livre de la bibliothèque verte : Le matin des dinosaures, de Philippe EBLY. Je ne sais pas si c’était un bon roman, mais c’était la première fois que j’avais le droit de lire un livre de la bibliothèque verte et j’en garde un super souvenir : c’était mon premier livre de grand !
  • J’ai aussi beaucoup aimé Croc Blanc de Jack LONDON.
  • Puis j’ai vite basculé vers des centaines de “Livres dont on est le héros“. On choisissait des options pour faire avancer l’histoire dans diverses directions. Je les avalais si vite que mes parents n’arrivaient pas à fournir, et on attendait (surtout moi) avec impatience la bourse aux livres des 24 h du livre (au mans), pour refaire le plein de livres d’occasion…
  • A l’adolescence, Stephen KING,
  • Graham MASTERTON,
  • Dean KOONTZ,
  • Clive BARKER….

nadine monfilsDans la malle de Nadine MONFILS : Voici quelques titres de livres qui ont marqué mon chemin de Petit Poucet …

Le premier livre qu’on m’a offert, c’était “La Belle et la Bête”, cadeau de mon institutrice d’école gardienne. L’objet en lui-même était magique ; un livre illustré et en relief qui formait un carrousel. Le thème de la beauté cachée, l’idée de ne pas se fier aux apparences, le côté à la fois féérique et animal ont marqué mes écrits. J’ai bien sûr gardé ce précieux “objet” à travers les tempêtes de ma vie. Quand je l’ouvre, j’ai cinq ans et il me fait toujours autant rêver et frissonner ! Sinon, la Comtesse de Ségur, le club des cinq, tout Dickens…

Et plus tard, tout Frédéric Dard (surtout ses romans). Mais aussi Gide, Camus, et aujourd’hui, Michel Bussi, Joyce Carol Oates, Jesse kellerman.

  • La Belle et la Bête
  • La Comtesse de Ségur
  • Le club des cinq de Enid BLYTON (bibliothèque rose)
  • Charles Dickens
Olivier Norek
(c) Les Pictographistes

Dans la malle de Olivier NOREK : Pas de oui-oui ni de bibliothèque colorée, rose ou verte dans ma malle. D’abord, une approche de la lecture par la revue “J’aime Lire” et son aventure novellisée mensuelle… les tribulations de Bonnemine pour ceux qui s’en souviennent… puis je fouille un peu mieux dans la malle et je trouve mon premier coup de cœur littéraire : “L’Histoire sans Fin” de Michael Ende. Pour un enfant, ce livre est un billet en première vers un autre monde, celui des rêves et des possibles. Un gamin chétif va sauver le monde… Il s’appelle Bastien, je m’en souviens encore. Quand celui sur lequel personne ne pariait devient un héros. Perso, avec une mère directrice et un père énarque, j’ai déménagé 12 fois à cause d’eux… pas le temps de me faire d’amis. J’étais donc ce gosse, timide, paumé dans un coin de la cour de récréation. J’étais Bastien. Je chevauchais le dragon, faisais la course sur le dos de l’escargot le plus rapide du monde et je parlais avec le mange-montagne… L’histoire sans Fin me semblait tellement réelle que, même en fermant le livre au sixième “A Taaaaable” de ma mère, j’avais l’impression d’être encore dans ce monde où tout peut arriver. Je m’attendais à ce que Atreyu, le guerrier et son cheval blanc, débarque dans la cuisine pour annoncer à mes parents que le rôti patates du dimanche, c’est bien, mais qu’on avait une planète à sauver et qu’il devait m’emmener sur Fantasia… et puis j’ai grandi… mais croyez le ou non, je garde une infime partie de cet espoir… aller à Fantasia. Merci Lucie, j’avais perdu le chemin de cette malle.

  • La revue “J’aime Lire
  • L’Histoire sans Fin de Michael Ende

Gipsy PALADINIDans la malle de Gipsy PALADINI : Étrangement, je ne me souviens pas d’éventuelles lectures avant mon début d’adolescence, de fait je n’ai pas mémoire de grand-chose avant mon adolescence, quelques flashs back, des bribes de souvenirs de vacances et d’amitié, comme si ma vie avait vraiment commencé quand j’ai découvert la lecture et, par défaut, l’écriture.
Ah tiens, à l’instant où je termine la phrase précédente, un souvenir resurgit. Je me souviens de la bibliothèque de mon quartier où je me rendais régulièrement. J’y lisais des BD, les usuelles, Tintin, Adèle Blanc Sec, les Dalton, Yoko Tsuno, j’aimais bien les enquêtes de détective aussi comme Ric Hochet. Des aventures imagées, ce qui a peut-être suscité mon approche scénaristique de l’écriture. Les seuls romans qui me reviennent en mémoire sont les SAS de mes parents, ces femmes sexy, bad ass, l’arme à la main sur les couvertures me fascinaient, mais j’étais trop jeune pour en lire le contenu. Je me souviens d’un livre de Wolinsky traînant dans les toilettes et dont j’appréciais l’intelligence des réflexions, le cinglant des répliques, derrière la misogynie et la vulgarité qui caractérisaient certains de ses croquis.
Mon premier souvenir littéraire concret, ma première passion, a néanmoins été la poésie. Rimbaud, Baudelaire, Artaud me hantaient. M’enivrer de leurs vers, chercher les sens cachés derrière les mots, refuser ceux que mes professeurs avançaient, jouer avec les verbes pour les imiter… oui la poésie a été ma première lecture et peut-être a-t-elle suscité mon attraction pour les mondes torturés, parce que la poésie est un univers introverti, sombre, où on puise au plus profond de nous, dans les abîmes de notre subconscient, notre mal être, notre essence tourmentée.
Mes premiers émois romanesques ont été puisés dans les livres de Stephen King qui ont marqué toute ma génération de Chattam à Zeimer. Je négligeais les livres imposés pour enchaîner ses pavés. Qu’est-ce que j’ai pu trembler. Bon Dieu. Je lisais « Simetierre » à la lumière de ma veilleuse, je savais que j’en ferais des cauchemars, mais je continuais quand même la lecture. Je me souviens aussi que je lui piquais des paragraphes entiers que j’insérais dans mes dissertions qui, au grand dam de mes professeurs, faisaient parfois huit feuilles double.
C’est à cette époque aussi que je me suis abonnée à un mensuel sur les sérial killers dont j’en dévorais chaque ligne, en visualisait chaque photo, ce qui faisait baliser les jeunes de mon quartier qui eurent tôt fait de me forger une réputation de sataniste (oui, oui, c’était le terme employé) –que je ne cherchai surtout pas à dénier (rires).
Après cela, en rat de bibliothèque, je sillonnais les rayons puisant au hasard mes lectures.
Je pense qu’il est important d’être hétéroclite dans nos découvertes littéraires afin d’élargir l’horizon de notre imagination.

stanislas petroskyDans la malle de Stanislas PETROSKY : Ma première révélation fut le vieil homme et la mer d’Hemingway, puis vint la rencontre avec San-Antonio et J’ai peur des mouches, puis Frédéric Dard, Une seconde de toute beauté, et là la frénésie, la boulimie de lecture et croiser des livres comme celui de Robert Merle La mort est mon métier, ce sont des livres comme ceux-ci qui donnent envie de tenter l’aventure, et l’écriture devient votre maitresse.

  • Le vieil homme et la mer d’Ernest Hemingway
  • San-Antonio – J’ai peur des mouches de Frédéric DARD
  • Une seconde de toute beauté de Frédéric DARD
  • La mort est mon métier de Robert MERLE
SCALESE Laurent
Subject: SCALESE Laurent – Copyright: John FOLEY/Opale – Date: 20090201

Dans la malle de Laurent SCALESE :

  • Mes premiers souvenirs de lecture (en dehors des bandes dessinées comme “Astérix le Gaulois” et “Lucky Luke”) remontent à la Bibliothèque Verte (devenue Rose aujourd’hui), à commencer par la série du CLUB DES CINQ. J’adorais ça.
  • Puis je suis “tombé” dans l’univers de Johnston McCULLEY (le créateur de Zorro) et dans celui d’Edgar RICE BURROUGHS (Tarzan). Ces héros mythiques exerçaient sur moi un tel pouvoir de fascination que j’en rêvais la nuit.
  • Ensuite, j’ai découvert Agatha CHRISTIE, notamment le personnage d’Hercule Poirot. J’admirais la façon dont la “grande dame du crime” construisait ses intrigues basées sur la mécanique du “whodunit”.
  • Ado, ce fut au tour de Stephen KING, le maître du fantastique et de l’horreur. Des tonnes de frissons en perspective.
  • Et puis il y a eu le choc Pierre BOULLE, l’auteur de “La planète des singes”, LE roman qui m’a inoculé le virus de l’écriture. Mais ceci est une autre histoire…

Samuel SUTRADans la malle de Samuel SUTRA : Un des premiers “chocs” date de 1993. Fraîchement entré en filière philo à Paris IV, j’ingurgitais des bouquins abscons qui plaçaient le jargon philosophique comme un critère de qualité. Je garde un souvenir désormais amusé de cette littérature. Pour exemple, “la Critique de la raison pure” pose une question : comment les concepts a priori sont-ils possibles ? Réponse : en vertu d’une faculté. Kant aurait pu l’écrire en une phrase, mais il a pondu ce pavé que tous les étudiants bien nés se doivent d’avoir lu et digéré.

Bref, au milieu de ce paysage, je suis tombé sur un auteur. André Comte-Sponville. Son livre “Le mythe d’Icare, traité du désespoir et de la béatitude” a été un choc. Un style fabuleux, une écriture fluide et un homme exceptionnel. Ce livre m’a fait découvrir ce qu’était le “style”, dire les choses d’une manière signée et efficace, happer le lecteur et ne le lâcher qu’à la fin, en l’ayant amené pile où l’on voulait. Et, dans mon cursus étudiant, écrire “comme ça” a été longtemps un but. Jamais atteint.

Toujours dans le “style”, dans ces livres dont l’écriture à elle seule suffit à justifier la lecture indépendamment de l’histoire, il y a eu Mauriac, “Le noeud de vipère“. Je me rappelle encore de phrases de ce bouquin sans pourtant avoir tenté de les apprendre par coeur, tant elles sont prégnantes.

Michel Tournier et son “Vendredi ou les limbes du pacifique“. Grosse place dans ma vie. Lu ado, ce bouquin m’a éveillé au questionnement, limite ravagé. Qu’aurais-je fait à sa place, que deviendrais-je si tout ce qui m’entoure disparaissait ? Il a été mon livre de chevet de longs mois durant.

Une lecture “madeleine de Proust” aussi, c’était en 1991, je partais en Chine pour fêter mon bac. Un mois entre Pékin et Shanghaï, avec un livre en poche : “C’est beau une ville la nuit” de Richard Bohringer. Je sais que ce livre m’a marqué. Peut-être par le contexte, ma première liberté de jeune adulte loin des siens. Que vaudrait-il si je le relisais aujourd’hui, aucune idée. Donc, je ne l’ai jamais retouché. Je sais juste qu’il a été là et qu’il a été ce compagnon me prouvant qu’un livre pouvait (aussi) accompagner la rébellion.

Enfin, juillet 2000, la mort de Frédéric Dard et moi en plein service militaire. Je n’avais jamais lu une ligne de cet auteur. Filière philo, peu de temps pour les romans policiers, et Dard n’avait pas ses entrées universitaires, contrairement à Simenon. Je l’avoue, avec un brin de honte, cette immense plume m’était inconnue. Une émission sur France Culture consacré à Dard et une lecture faite. Il me semble que c’était un extrait de “Ceci est bien un pipe”. Et là, encore une fois, le choc. On pouvait donc écrire ainsi, torturer la langue par amour et lui faire les plus beaux enfants imaginables. Six mois plus tard, à la quille, je m’étais enfilé une trentaine de San-Antonio tandis que tous les autres, glanés chez les bouquinistes des quais de Seine, m’attendaient chez moi. Et j’étais définitivement amoureux de cette oeuvre.

Voilà on est dans les clous pour le nombre. Il y en aurait bien d’autres (Bouvard et Pécuchet de Flaubert, Malevil de Merle, Therapie de Lodge, Compartiment tueur de Japrisot…) qui ne quitteront jamais mes étagères tant je tiens à ce qu’ils restent près de moi, mais les livres qui ont amorcé ma passion sont à peu de choses près ceux-là.

nicolas zeimetDans la malle de Nicolas ZEIMET : Rose et verte, voilà à quoi ressemblait ma première bibliothèque. Une pile de livres disposée au-dessus de mon lit, si je me souviens bien…
Avant même de savoir lire, j’ai découvert les aventures de Oui-Oui délaissées par mon grand frère. Je rêvais en contemplant les dessins et m’imaginais des histoires.

Puis le CP est arrivé. C’est à cette période que remontent mes tout premiers souvenirs de lecture. Le premier livre que j’ai lu, sans l’aide de ma mère, devait être un Disney de la Bibliothèque rose. Bernard et Bianca, me semble-t-il. J’ai dévoré toute la collection, ou presque.

Après ça, j’ai fait un bond de géant dans le monde des grands en passant à la Bibliothèque verte. C’est là que j’ai découvert l’héroïne de mon enfance : Alice détective privé. J’imagine qu’elle n’est pas pour rien dans ma passion des romans policiers.


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