Lee Matthew GOLDBERG : Mentor

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Lee Matthew GOLDBERG - Mentor - poche
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Présentation Éditeur

Tout semble sourire à Kyle Broder, jeune éditeur dans une grande maison d’édition new-yorkaise. Lorsque Kyle est contacté par William Lansing, son professeur à l’université, il est ravi et décide de présenter son mentor à sa charmante petite amie, Jamie. À cette occasion William propose à Kyle le manuscrit d’un texte sur lequel il travaille depuis de nombreuses années.

Au départ, Kyle est enchanté à l’idée de le publier, mais après avoir lu quelques pages, il est profondément choqué par la perversité du récit.

Lorsque Kyle en refuse la publication,William commence à ruiner la vie de l’éditeur, s’en prenant successivement à son chat, sa copine et son auteur vedette. Kyle est alors obligé de se replonger dans le roman de William, Devil’s Hopyard et il découvre alors que le livre fait étrangement écho à l’histoire de la disparition non élucidée de Mia – sa petite amie à l’université – et ressemble cruellement à la confession d’un criminel.

Origine Flag-ETATS-UNIS
Éditions Hugo & Cie
Date 5 octobre 2017
Éditions Hugo & Cie
Date 4 juin 2020
Traduction Elie ROBERT-NICOUD
Pages 460
ISBN 9782755647181
Prix 7,60 €

L'avis de Cathie L.

Mentor, The Mentor dans la version originale parue en 2017, a été publié en 2017 par les éditions Hugo Thriller, puis en 2020 par Hugo Poche. Le style simple et agréable à lire laisse tout latitude au lecteur pour s’immiscer dans l’intimité du roman et de ses personnages :

« Cette nuit-là, il écrivit pendant des heures, comme un fou. Il avait consacré plus de dix ans à ce texte et des larmes perlaient au coin de ses yeux, comme il atteignait la moitié du livre. Il se sentait gagné par une indéfinissable mélancolie, l’idée qu’il arrivait au bout l’effrayait. Il s’imagina que tous les romanciers devaient faire face à ce problème à un moment ou à un autre: le désir de développer encore le roman pour ne pas avoir à dire adieu à ses personnages. » (Page 22).

Fil rouge : très nombreuses références littéraires, avec en prime un livre dans le livre Devil’s Hopyard, celui écrit par William, dont l’auteur révèle des passages entiers.

Thème : manipulation psychologique.

« Si cette fille pouvait obtenir un contrat avant de finir la rédaction de son roman, il avait lui aussi toutes ses chances. Surtout maintenant qu’il avait un contact personnel », pense en son for intérieur le professeur William Lansing. Il confie donc son manuscrit à Kyle, un de ses anciens étudiants devenu directeur littéraire. Kyle promet de le lire et de lui donner un avis objectif. Mais le manuscrit s’avère mauvais et décevant…une histoire d’anthropophagie écœurante et de surcroît mal écrite, d’une perversité sans nom.

Kyle ne comprend pas comment William, professeur respecté, celui qui avait été son mentor pendant des années d’université, a pu écrire un torchon pareil : « Le style était épouvantable, parfois les phrases n’avaient aucun sens, et l’ensemble était très répétitif… » (Page 76). Mais le jeune homme n’est pas au bout de ses surprises… car bientôt il réalisera qu’en fait il ne sait rien de l’homme que William cache au plus profond de son être.

Quant à William, il attache beaucoup d’importance à son manuscrit qu’il considère comme l’oeuvre de sa vie :

« Peut-être que Kyle verrait à quel point il voulait que Devil’s Hopyard soit publié, c’était plus qu’un simple roman, c’était une de ces oeuvres qu’on étudierait dans les universités pendant des décennies à venir, on l’analyserait, on la disséquerait, on en débattrait. » (Page 90)

Dès lors, William se montre de plus en plus insistant, voire intrusif, et Kyle se sent de plus en plus mal à l’aise en sa présence; tandis que Jamie, sa petite amie, ne voit rien à redire. Jusqu’au jour où… Leur chat est retrouvé mort dans l’impasse de leur immeuble, son coeur soigneusement déposé sur le lit de Kyle…

Les principaux lieux de l’action sont décrits de manière succincte ou plus élaborée en fonction de leur importance dans l’intrigue. Trois lieux liés par l’histoire des personnages mais chacun aux antipodes des autres.

Killingworth : petite ville ouvrière où vit et travaille William; rien de bien prestigieux…

Editions Burke and Burke à New-York: fondées par l’oncle et le père de Carter, les bureaux « étaient décorés façon années soixante dans une ambiance Mad Men…Dans chaque bureau on trouvait donc des tables Knoll et des lampes en forme de champignon. Des sofas orange étaient adossés aux murs, toutes les salles d’attente étaient meublées avec des fauteuils en plastique et on avait accroché des sculptures psychédéliques aux murs. » (Pages 32-33).

Appartement de Kyle : décoré par la petite amie de Kyle, un lieu aseptisé, à la mode, qui respire l’argent mais sans chaleur ni confort : « Plancher en chêne blanc. Une cuisine en alcôve avec des éléments en acier inoxydable. Une table basse qui semblait avoir été taillée dans un tronc d’arbre gigantesque. Une télévision à écran plat. » (Page 50).

Mentor est sans conteste une des révélations de l’année avec son style uniforme, sans particularité aucune, mais ne vous y trompez pas. Ce choix de l’auteur lui permet de mieux associer son lecteur à l’intrigue sans que celui-ci ne s’en rende compte, jusqu’au moment où, pris par l’intensité du récit, il n’a plus le loisir de revenir en arrière ou d’interrompre sa lecture. Il veut savoir comment cette sordide histoire va se terminer…

Le + : trois variantes de la même histoire se croisent et se recroisent comme les fils multiples d’une seule trame: la version de William, son roman et les souvenirs de Kyle…Laquelle des trois est la bonne ? That is the question !!!

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Ecrivain de romans historiques, chroniqueuse et blogueuse, passionnée de culture nordique et de littérature policière, thrillers, horreur, etc...

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