Jean-Michel LAMBERT : Témoins à charge

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France

INFOS ÉDITEUR

Jean-Michel-LAMBERT-Temoins-a charge
Témoins à charge

Parution aux éditions De Borée en aout 2017

Le sort s’acharnerait-il sur Kévin Brozniak, inculpé pour la seconde fois de meurtre, moins d’un an après sa sortie de prison ? Ce jeune homme un peu simple d’esprit, mal parti dans la vie, affublé d’un bégaiement qui joue en sa défaveur, avait pourtant réussi à se réinsérer après ses dix années de réclusion pour un crime qu’il a toujours nié avoir commis. Et voici qu’on l’accuse cette fois d’avoir tué Renaud Chabert, fils d’un couple de magistrats très en vue, mouton noir de la famille, un dilettante pour le moins déséquilibré. Pour tout le monde, la culpabilité de Kévin ne fait aucun doute, d’autant qu’il a baissé les bras face au destin qui décidément ne lui fait pas de cadeaux et avoué le crime à l’issue d’une garde à vue éprouvante. Pour presque tout le monde, en réalité, car, à la lecture du dossier d’accusation, Léa Massenay, une jeune et jolie inspectrice de police, est convaincue du contraire. Désireuse d’aller au-delà des apparences qui lui semblent trompeuses, elle contacte l’oncle de la victime, l’avocat pénaliste Guillaume Tirel, et parvient à le convaincre de l’aider dans son enquête. Grand bien lui en a pris, car la vérité n’est pas toujours là où on l’attend. Surtout lorsqu’il est question d’un terrible secret de famille dans la grande bourgeoisie de province. L’avocat pénaliste ira jusqu’au bout pour découvrir le véritable assassin de son neveu, quitte à s’opposer à sa propre famille et remettre en cause ses valeurs.

Au terme d’une enquête aux multiples rebondissements, où chacun se montre finalement sous son véritable visage, c’est toute une machination que Guillaume Tirel dévoilera, au risque de ne pas en sortir indemne.

Devenu le « romancier des âmes noires », Jean- Michel Lambert a obtenu le prix polar à Cognac en 2001. Il signe aujourd’hui un polar judiciaire à la fois d’une efficacité redoutable et d’un humanisme profond. Jean-Michel Lambert s’est donné la mort le 11 juillet 2017.

(Source : De Borée – Pages : 360 – ISBN : 9782812921544 – Prix : 19,90 €)

L’AVIS DE STANISLAS PETROSKY

Jean-Michel Lambert, juge d’instruction qui fut sur les devants de la scène en fin d’année 1984 lors de la médiatique affaire du petit Grégory, était aussi un auteur. Était car l’homme a décidé de fermer son parapluie en juillet, avant la sortie de ce livre qui devient donc oeuvre posthume.

Quand un flic fait du polar, ben il raconte l’action et la procédure du côté poulet, ce qui est somme toute logique, on cause mieux de ce que l’on connaît. Donc Jean-Michel Lambert fait donc un polar judiciaire. Un livre dans les rouages de la justice. Rouages qui sont parfois grippés…

Une histoire simple, un type, un peu couillon, arriéré, est accusé d’un double meurtre. Le gus fut déjà condamné dans le passé pour un homicide. Récidive, salaud, on ne devrait pas les libérer, qu’ils purgent leur peine en entier ! etc.

Le garçon est si peu intelligent, qu’il a à chaque fois laissé une preuve irréfutable de sa culpabilité sur les lieux de son forfait. De plus il s’est mis à table, il a signé de jolis aveux.

Trop facile, trop gros pour Léa Massenay, elle n’y croit pas. Elle décide d’abord de relire le dossier du premier meurtre commis par Kevin. C’est encore pire, ce n’est plus des doutes, mais une certitude que ce garçon n’est pas forcément coupable…

Alors elle va voir un avocat, lui exposer ses hypothèse, histoire que le ténor du barreau accepte… Il accepte, logique, basique me direz-vous…, ouais, sauf que l’une des deux victimes, fils d’un couple de magistrats n’est autre que son neveu.

Dès lors, le gigot dominical est compromis en famille, quand à la partie d’boules pour faire la digestion, c’est mort, le transit est coupé…

C’est bien écrit, une bonne intrigue, mais surtout, il y a ce côté humain. Il y a cet avertissement caché au fils des pages : Ne vous fiez pas à tout ce qui écrit noir sur blanc, tout ce qui semble trop évident…

Il y a toutes ces petites gens, que l’on n’écoute pas, ou peu, il y a tout cela, et une vérité à faire éclater.

Puis il y a aussi ce que je lis entre les lignes…

La rumeur publique qui décide qu’untel est coupable, parce qu’il est marginal, déséquilibré, dilettante, taiseux, trop jeune, trop ceci, trop cela. Simplement parce qu’il ne rentre pas bien dans les cases de la société… La rumeur, « vox populi », qui jamais n’a épargné cet homme de puis l’affaire citée en tête de cette chronique…

Une mention pour la très belle préface hommage d’Éric Yung.

 

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