Jean-Luc BIZIEN : Marie Joly

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France

INFOS ÉDITEUR

Jean-Luc BIZIEN - Marie Joly

Parution aux éditions Sabine Wespieser en avril 2004.

Parution aux éditions France Loisirs en septembre 2008 (épuisé – Coup de coeur de l’auteur Tatiana de Rosnay.)

Marie Joly est illustré par Emmanuel Chaunu.

Genre : Littérature blanche

Marie-Joly a reçu le Prix littéraire lycéen de la ville de Caen en 2005.

C’est dans la maison de Marie Joly, oasis de paix au cœur du bocage normand, que Cécile va trouver refuge, en avril 1944, loin de Caen bombardée. Cette femme volontaire et émancipée, dentiste réputée, part seule avec sa mère – son mari, médecin, travaille à l’hôpital – et ne tarde pas à recueillir sous son toit quelques laissés pour compte dont elle s’emploie à assurer la subsistance.

Aux problèmes quotidiens d’approvisionnement s’ajoutent bientôt, bien plus cruciaux, ceux de la cohabitation avec l’ennemi. La maison devient en effet une base arrière pour les troupes allemandes en attente du débarquement : Cécile est obligée de composer avec les soldats de la Wehrmacht, puis avec les Waffen SS. Dans ce huis clos étouffant, avec pour bruit de fond les rumeurs de la bataille, l’attente est insupportable. Les Anglais et les Canadiens découvrent pourtant avec suspicion cette maisonnée en bonne santé et pour Cécile, la libération sera une autre épreuve.

Magnifique portrait d’une femme singulière confrontée aux exigences de la survie en temps de guerre, le roman de Jean-Luc Bizien, loin de tout manichéisme, livre un regard sensible et décalé sur quelques mois de la grande Histoire que l’on croit connaître.

(Sources : Sabine Wespieser – Pages : 350 – ISBN : 9782848050225 – Prix : 21,30 €)

L’AVIS DE SOPHIE PEUGNEZ

Un autre regard sur Le Conflit.

Plongée dans Caen au coeur de la seconde guerre mondiale. Cécile tente de continuer sa vie malgré l’occupation, elle poursuit son activité professionnelle et tente l’impossible pour secourir son mari médecin et prisonnier de guerre. Les dangers du conflit se font de plus en plus sentir, mais quitter leur appartement place de la République pour fuir l’ennemi serait pour Cécile et sa mère un geste de lacheté.

Les bombardements vont tout de même pousser la jeune femme à trouver refuge en campagne. La tourmente va lui apporter d’autres colocataires plus ou moins désirables : d’autres français en exil mais également des soldats allemands. Un véritable huis-clos s’instaure. Seul espoir : que les alliés débarquent enfin….

J’ai été émue à la lecture de Marie Joly qui se déroule dans la ville où je vis actuellement. La ville porte encore des cicatrices du conflit mais la majeure partie de la ville a subit de véritables mutations. La guerre a fait disparaitre des bâtiments que Jean-Luc Bizien a fait renaitre dans ses pages, c’était magique de reparcourir la ville à travers sa plume et avoir le sentiment d’être un voyageur intemporel.

L’histoire de Cécile nous démontre que la vie a poursuivi son cours malgré tout, que certains ont continué à travailler, à passer des examens…, que les soucis de la vie quotidienne se mêlaient à la tragédie nationale.

Les moments les plus durs dans les campagnes n’ont pas forcément été ceux auxquels on pense… Le personnage de Cécile illustre très bien les troubles qui ont parcouru de nombreux habitants : il fallait haïr tous les allemands car ils étaient les occupants….. et les alliés allaient tous se comporter comme des héros…..

Marie Joly ce sont les témoignages de nos grands-mères qui ne veulent parler qu’à mi-mots, c’est un pan de notre histoire écrit avec force et pudeur par Jean-Luc Bizien.

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8 Commentaires

  1. j’ai tout simplement adoré ! Il y a beaucoup de simplicité, de douceur et d’émotion dans ce livre. Malgré les horreurs de la guerre il est décrit ici une forme de résistance qui est rarement mis en valeur : la résistance de personnes anonymes comme vous et moi qui se battaient simplement pour maintenir un cadre de vie sain et serein pour leur famille et leurs proches.. et puis une bonne leçon au bout du compte qui nous montre que tout n’est pas noir ou blanc il y a des nuances de gris dans chaque camp …
    vraiment à lire absolument !

  2. Merci pour tous ces compliments !

    Au risque de me répéter, Marie Joly est un livre qui m’est particulièrement cher, pour plusieurs raisons : d’abord, parce que c’est une histoire vraie, que m’a un jour apportée Emmanuel Chaunu. J’ai changé deux ou trois détails, j’ai donné d’autres noms – je ne suis ni historien, ni biographe et je ne me suis pas senti le droit de livrer l’histoire sans me « l’approprier ». Tous les événements, cependant sont authentiques, même les plus incroyables…
    Ensuite, parce que Marie Joly marque une période importante pour moi – celle du passage à la littérature « blanche ».

    J’ai saisis l’occasion pour rendre hommage, non pas à ceux qui avaient fait la guerre (d’autres s’en sont chargés, et c’est bien normal d’honorer la mémoire d’hommes et de femmes qui ont versé leur sang pour repousser la bête immonde), mais à ceux qui l’avaient SUBIE, sans pour autant faire montre de lâcheté ou de couardise.

    Je me suis aperçu, en me documentant, que beaucoup de gens « simples » avaient eu des comportements héroiques pendant la guerre. Et, parmi eux, beaucoup de femmes…
    Le challenge était de faire parler, penser et agir ces femmes sans jamais tomber dans la caricature. Heureusement, j’ai travaillé avec des éditrices, qui ont su me guider.

    Et je suis très fier et heureux de trouver aujourd’hui encore des lectrices à qui Marie Joly parle.
    Vous ne pouvez pas me faire plus plaisir. 🙂

  3. et c’est vraiment sincère ce livre est très beau!
    je voulais savoir si la maison était encore debout? .. après tout pouvoir aller sur des lieux racontés et y relire quelques passages du roman c’est agréable aussi …

  4. Je me suis posée la même question concernant la maison. C’est vrai que cela change beaucoup de choses de lire un livre dans lequel les lieux nous parle. L’histoire ma paru familière et je me suis sentie proche de Cécile.
    Quel virage concernat Jean Luc : passer de mastication à Marie Joly…. Quel choc !!!
    Bravo Jean Luc !

    • « Passer de Mastication à Marie Joly » ?
      Non, Flo, c’est le contraire qui s’est produit. Marie Joly date de 2004.
      Il était temps que ce pauvre JLB revienne à la littérature d’hommes – il allait mal tourner, le petit gars.

      Mais je suis certain que vos compliments lui vont droit au cœur.
      Son côté gonzesse, probablement.
      Mouahhahhahhahhaaaaaaaaaa !

  5. Hello Flo ! Une des forces de Jean-Luc BIZIEN c’est sa capacité à changer de style selon le type de roman qu’il écrit : la fraicheur, la sensibilité des ados avec une aventure très rythmée dans l’univers de Wendy et les Mutants ; un esprit décalé, humoristique, percutant dans Mastication ; le témoignage, la pudeur, la douceur dans Marie Joly ; l’onirisme voire le lyrisme dans Wonderlandz ; l’aventure, la découverte, l’amusement, l’éducation dans 50 surprises…..
    J’admire sa capacité à emmener les lecteurs de tous les âges dans des voyages littéraires. Ouvrir un livre de Jean-Luc BIZIEN, c’est s’évader dans des univers riches et différentes…. Je ne dirai pas un passeport pour le rêve, VUK risque de ricaner 😉

  6. J’ai enfermé le monstre dans la cave, le temps de passer vous remercier. 😉
    Je suis très fier d’avoir pu écrire ce livre, qui détonne au milieu de ma production « habituelle », même si – pour appliquer les préceptes du maître Brussolo – je veille constamment à changer de registre, à ne pas me laisser enfermer dans un genre trop précis et réducteur.
    Mais, à bien y réfléchir, il m’apparaît que de nombreux ponts sont lancés, consciemment ou pas, d’un ouvrage à l’autre. On peut sans doute voir des aspects similaires dans les caractères de Sarah (WonderlandZ) et Cécile (Marie Joly), et je ne suis pas persuadé que Wayne et Vuk soient si différents que ça…
    Chaque ouvrage est pour moi l’occasion de creuser un peu plus, à la recherche de l’humain, J’essaye modestement par la suite de coucher mes découverets sur le papier. Et je prie pour que ces « bouteilles » lancées à la mer trouve un destinataire.

    Dernier point : oui, la maison est toujours là, cachée au creux du bois, quelque part sur les hauteurs de la brêche au diable. Une destination pour le printemps à venir ?
    La visite se mérite (il faut marcher un bon moment…), mais le résultat est à la hauteur de l’attente. Et une visite à la tombe de Marie Joly, perchée au-dessus du vide, s’impose : même les moins romantiques se laisssent piéger, vous verrez.

  7. J’ai vraiment beaucoup aimé Marie Joly. J’ai lu ce livre en moins d’une semaine et jusqu’à minuit certains soirs, ce qui n’est pas dans mes habitudes vu mon âge.
    J’avais 16, 17 ans pendant la guerre, j’étais à Ducey près d’Avranches. Cela m’a rappelé beaucoup de souvenirs. Ce roman est très vrai. Cécile est douce et gentille.
    Il y avait à cette époque plus de 20-25 personnes qui vivaient dans les fermes, certaines personnes venaient de la ville et restaient une nuit, elles dormaient dans la grange avant de reprendre la route (c’est dans ces conditions que j’ai connu celui qui fut mon mari).
    Tout le monde était gentil partout. La guerre cela rassemble les gens. A cause de la peur, on se soutient. Au bout d’un an après la fin du conflit, tout a recommencé comme avant. La marchandise est revenue et avec la jalousie ainsi que la fierté.
    Pendant la guerre, chacun a besoin de l’autre.
    J’ai été touchée en lisant les pages où les images pieuses tombent comme la neige, j’ai vécu une scène similaire à Ducey. Lorsque qu’Avranches a été bombardé, les nombreux magasins de tissus de la ville ont été détruits. Et dans notre village qui était à 8 km, des morceaux de tissus enflammés tombaient dans les cours des fermes.
    Le jour du débarquement, on ne savait pas ce qu’il se passait. Le ciel était rouge et noir, le bruit des bombardements n’arrêtait pas, on a cru que c’était la fin du monde.
    Pendant la guerre, plusieurs catégories d’allemands ont occupés notre ferme : les premiers étaient polis, ont montré des photos de leurs familles (mais comme raconte Cécile cela restait pour nous les envahisseurs) puis il y a eu les plus durs qui réquisitionnaient tout : chambres, bureaux…
    Lorsque les premiers alliés sont arrivés, tout le monde se cachait, il y a eu beaucoup de violences….. Car malheureusement dans le camps des alliés, il n’y avait pas que des bonnes personnes (certains devaient sortir de prison…)
    Marie Joly ne peut que plaire aux gens de mon âge et j’espère que cela plaira aussi aux jeunes générations. On sent que c’est basé sur des faits réels. L’écriture est jolie.

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