Interview de Nicole GONTHIER autour de sa série Arthaud de Varey

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Interview de l’autrice Nicole GONTHIER pour Les enquêtes du prévôt de l’archevêque de Lyon, messire Arthaud de Varey, romans policiers historiques, ont pour cadre le Lyon médiéval (XVe siècle), aux éditions Les Passionnés de Bouquins.

Nicole GONTHIER
Nicole GONTHIER (2019)

Jérôme PEUGNEZ : Bonjour Nicole GONTHIER, vous êtes historienne et écrivaine, pouvez-vous me décrire votre parcours ?

Nicole GONTHIER : Née à Lyon où j’ai fait mes études secondaires et universitaires j’ai mené, de 1972 à 1981 une carrière de professeur agrégé en lycée (à Belley) et en CES (dans un quartier difficile à l’époque, celui des Minguettes), de 1981 à 2012, une carrière de maître de conférences à l’université Jean Moulin -Lyon 3 (1981-1988) puis de professeur en Histoire médiévale, à l’université de Bourgogne (1988-1992) et de nouveau à l’Université Jean Moulin (1992-2012).

Publications de deux thèses :

J’ai consacré plusieurs publications à l’étude de la marginalité et du crime dans les sociétés de la fin du Moyen-Âge :

  • Cris de haine et rites d’unité, la violence dans les villes, XIIIe-XVIe siècle, Brépols, 1992,
  • Le châtiment du crime au Moyen-Âge, Presses universitaires de Rennes, 1998 ;
  • Educations et cultures dans l’Europe occidentale chrétienne, du XIIe au milieu du XVesiècle, Ellipses, 1998,
  • « Sanglant Coupaul ! », « Orde ribaude ! », les injures au Moyen-Âge, Presses universitaires de Rennes, 2007,

Autant d’ouvrages dans lesquels j’analyse les critères d’exclusion ou d’intégration que propose la société de la fin du Moyen Âge et les valeurs qui fondent ces normes.

Écriture romanesque : une autre écriture de l’Histoire.

Retraitée depuis 2012, j’ai choisi de faire partager mes connaissances de la période ultime du Moyen-Âge à un plus vaste public, de façon ludique, à travers l’écriture romanesque. Largement nourris des archives médiévales, judiciaires et politiques, mettant en scène des personnages ayant existé, les récits ont pour cadre la ville de Lyon, sous le règne de Louis XI et restituent, par le biais d’une enquête policière du prévôt Arthaud de Varey, les mœurs et les mentalités de la société comme les « affaires » politiques du XVe siècle.

Quatre premiers volumes sont parus chez Pygmalion-Flammarion, de 2012 à 2015 puis les cinq suivants aux éditions lyonnaises Les passionnés de bouquins.

Chaque volume contient le récit d’une enquête de police menée par le personnage récurrent : le prévôt de l’archevêque de Lyon, messire Arthaud de Varey.

Le 6ème à paraître en octobre 2021 est en cours d’écriture.

Le dossier sur Les enquêtes du prévôt de l’archevêque de Lyon, Arthaud de Varey

JP : Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

NG : J’ai toujours aimé écrire. J’espère que mes ouvrages proprement académiques – thèses, synthèses et articles – restent agréables à lire à ceux qui les fréquentent. Cependant, en ce qui concerne l’écriture romanesque c’est une gageure que je n’avais pas osé tenter avant l’année 2011.
L’été précédent mon départ en retraite, j’ai commencé, par jeu, le premier roman : Le crime de la rue de l’Aumône. Comme l’exercice m’a plu et qu’il a eu l’heur de plaire également à certains lecteurs, je l’ai poursuivi à raison d’un roman par an, trouvant plaisir à continuer, d’une certaine manière, à travailler sur archives, à évoquer le Moyen-Age, et à illustrer l’histoire très riche de la ville de Lyon.

JP : Quelles étaient les lectures de votre enfance ?

NG : Comme beaucoup de filles de ma génération (les baby-boomers de 1950), j’ai lu toute la comtesse de Ségur, les « clubs des cinq », les Jules Verne, les Alexandre Dumas, l’ami Fritz d’Erckmann et Chatrian, un peu plus tard, les Daphné du Maurier : Rebecca, L’auberge de la Jamaïque, et les Agatha Christie.
En 6ème je me suis passionnée pour l’Iliade et l’Odyssée, et les récits de la mythologie grecque.
Par la suite, mes goûts de lecture se sont orientés, en fonction des études littéraires au lycée, vers le roman et le théâtre surtout : les romans du XIXe siècle, Balzac, Zola surtout, Stendhal un peu moins, puis les romans du XXème s. : Gide, Mauriac, Maurois, Marcel Aymé et une particulière passion pour Colette et pour Giono. Quant au théâtre, j’ai une préférence pour Racine, j’adore Marivaux, j’ai eu mon époque Claudel, et je reste une grande fan du théâtre de Giraudoux et de celui d’Anouilh. Dans la littérature étrangère, j’ai beaucoup aimé le théâtre de Tchekhov, mais aussi, dans un genre plus léger, celui d’Oscar Wilde ou de Goldoni !

JP : Quel est votre « modus operandi » d’écriture ? (Votre rythme de travail : le matin, soir, combien de temps…)

NG : C’est très variable, et surtout ce n’est pas régulier. Si « l’esprit souffle » comme disait Beethoven, je peux écrire la moitié d’un chapitre (environ 6 pages d’ordinateur) dans une journée, mais en principe c’est plutôt 2 à 3 pages à la fois. Il y a des scènes qui viennent mieux que d’autres. Ce qui ne veut pas dire qu’elles ne doivent pas être reprises, remaniées, par la suite. La seule contrainte que je m’impose est d’écrire au moins quelques lignes chaque jour, afin de ne pas perdre la continuité de l’histoire. Mais toute écriture commence par la relecture des pages écrites la veille ou l’avant-veille : une écriture « tango » en quelque sorte, deux pas en arrière pour un pas en avant.

JP : Lorsque vous écrivez la première ligne de vos livres en connaissez-vous déjà la fin ?

NG : Je pars avec l’idée d’un scénario très flou que j’ai tiré de la consultation des archives (ce n’est pas la transcription d’un fait divers passé mais une situation que j’imagine à partir de quelques événements retracés ou d’une ambiance ressentie à la lecture des documents). Jusqu’à présent ces scenarios ne sont jamais identiques d’un roman à l’autre (type de crime, milieu social ou professionnel à illustrer, quartier à faire vivre, relation du crime avec le contexte politique et événementiel de l’année choisie – ce dernier élément est déterminé à partir notamment des registres de délibérations consulaires de la ville de Lyon.)

Mais en fait le récit se construit scène après scène, comme un feuilleton. C’est pourquoi je n’imagine pas toutes les péripéties dès la première ligne, certains personnages deviennent plus importants qu’ils n’étaient prévus au début dans mon vague synopsis répartissant les moments forts de l’action. Quelquefois j’ai une idée très précise de la scène de fin, mais ce n’est pas toujours le cas. L’enquête que mène le héros me pose les mêmes problèmes à résoudre qu’à lui. Il faut que tous les éléments du récit s’emboitent parfaitement entre eux pour que la solution soit unique et irrévocable. J’ai horreur des intrigues policières qui font intervenir à la fin un élément extraordinaire, extérieur au récit. Celui-ci doit suivre une parfaite logique, rien ne doit être improbable ou invraisemblable. Le lecteur pourra retrouver tout au long du roman les indices qui prennent leur signification à la fin.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de vos romans et leur parution ?

NG : Environ six mois d’essais infructueux.
J’ai adressé mon premier manuscrit du Crime de la rue de l’Aumône à plusieurs grandes maisons d’édition parisiennes qui m’ont toutes renvoyé la circulaire habituelle : « votre ouvrage est excellent mais malheureusement pas dans la ligne de notre politique éditoriale », formule dont elles devraient se dispenser tant elle est inutilement hypocrite ! Comme j’en avais assez de payer des frais postaux pour envoyer des manuscrits-papier, j’ai finalement écrit un mail à la dernière maison que je n’avais pas encore sollicitée : Flammarion, leur demandant si un roman policier historique, se déroulant à Lyon, les intéresserait. La réponse : « s’il est bien écrit, oui » m’a décidé à tenter cette ultime démarche. Quelque temps plus tard, je recevais un message téléphonique du directeur de Pygmalion, département de Flammarion, m’indiquant que si je voulais suivre certains conseils de modification allant dans le sens d’un discours moins historique et plus romanesque (critique tout à fait justifiée), il était prêt à m’éditer. Ce fut le début d’un partenariat de quatre années, jusqu’à ce que ce monsieur parte à la retraite et soit remplacé par une jeune quadra qui a complètement changé la ligne éditoriale de Pygmalion et m’a fait comprendre qu’elle ne publierait plus ce genre de romans. Je lui avais déjà soumis le cinquième manuscrit, Sortilège meurtrier qui n’est donc pas sorti en 2016 comme il aurait dû. Mon libraire (librairie des canuts, place de la Croix-Rousse, Lyon 4ème) m’a alors indiqué une jeune maison d’édition lyonnaise : Les Passionnés de bouquins qui serait intéressée par mes récits. La collaboration est devenue relation amicale et a abouti à la publication de cinq autres enquêtes policières du prévôt Arthaud de Varey. J’avais prévu de rajeunir mon héros dans le 5ème roman, afin de reprendre ses aventures, désormais appréciées par mon lectorat, au tout début de sa carrière. Ce bouleversement chronologique a coïncidé avec le changement d’éditeur, ce qui a été plus cohérent. Sortilège meurtrier est donc sorti aux Passionnés de bouquins en mars 2017, et le suivant, Peine capitale, dès novembre de la même année.

JP : Pouvez- vous nous parler de Arthaud de Varey, personnage central de votre série de romans historiques ?

NG : La première fois que j’ai rencontré Arthaud de Varey, ce fut dans une liasse d’archives judiciaires de 1465, où il était mentionné en sa qualité de prévôt de police de l’archevêque de Lyon. Je travaillais alors à ma thèse d’Etat sur la criminalité en Lyonnais à la fin du Moyen Age. Je l’ai retrouvé dans quelques autres affaires criminelles dont celles que j’évoque dans Mémoire de crimes, le mettant aux prises avec un certain Humbert Chappuis. Arthaud de Varey a donc bien existé. Il faisait partie d’une famille très importante socialement aux XIVe et XVe siècles. Les Varey, enrichis dans le commerce du drap, comme beaucoup de notables lyonnais, ont été ensuite versés dans les administrations judiciaires, policières ou financières de l’archevêque – lequel était le seigneur de la ville – ou du roi qui était l’autre autorité exerçant le pouvoir à Lyon. Plusieurs membres de cette famille ont choisi d’acheter des terres nobles, de s’allier avec des filles de la noblesse, et ont créé des lignées seigneuriales gardant des liens ou des fonctions dans la ville. On ne sait pas grand-chose d’Arthaud, à part qu’il habitait rue Longue où les Varey avait un hôtel particulier et qu’il a exercé les fonctions d’élu (responsable de la répartition de l’imposition entre la ville et les campagnes), après avoir tenu la charge de prévôt. Sa place exacte dans les diverses branches de Varey ne peut être déterminée, en l’absence de documents précis.

Je l’ai donc complètement imaginé et lui ai prêté les qualités d’un héros romanesque ; qualités morales : il est loyal, courageux, franc ; qualités physiques : ce n’est pas un gringalet, il sait combattre, il a une belle prestance même si, volontairement, je ne détaille guère ses traits. Il est né en 1428 environ. Il apparaît donc à l’âge de 26 ans lors de sa première enquête en 1454 (Sortilège meurtrier). Il a des défauts, qui sont l’envers de ses qualités : impétueux, peu patient, coléreux. J’ai imaginé pour lui une vie sentimentale relativement courte, un amour fou qui lui fait vivre une intrigue intense mais sans avenir, un mariage arrangé avec une épouse qu’il apprend à aimer et dont il sera un veuf inconsolable. On me reproche quelquefois de ne pas lui donner assez de plaisirs personnels mais c’est un choix : j’aime les héros solitaires et je pense que des scènes trop intimes rompraient le rythme de l’enquête policière. Les histoires de couples concernent des personnages annexes. En revanche j’ai donné à Arthaud une gouvernante, Antonia, qui lui sert de mère et est le pilier de son foyer, (j’imagine qu’elle est d’environ seize ans son aînée). Quant aux sergents qui forment l’escouade rapprochée d’Arthaud, je les ai dessinés comme les quatre mousquetaires de Dumas, en les nommant avec des noms repérés dans les documents d’archives judiciaires à des époques antérieures.

Il faut toujours un personnage négatif, entravant la liberté et les succès du héros : ce rôle, je l’ai confié au juge ou courrier Jehan de Villeneuve, qui a existé et que j’ai librement imaginé.

JP : Dans vos romans, y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

NG : Oui, les romans mettent en scène des personnages historiques tel Louis XI qui vient à Lyon, des princes que la grande Histoire mentionne, des commissaires envoyés par le souverain, ou encore des baillis-sénéchaux dont on connait la biographie dans diverses sources. Je ne fais intervenir que des personnages qui sont vraiment intervenus à Lyon. Je ne les mentionne pas exprès pour « arranger » mon récit mais pour le rôle réel qu’ils ont eu dans le déroulement du contexte de l’intrigue.

Nicole GONTHIER : Série Prévôt Arthaud de Varey - 09 - Mémoire de crimes
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JP : Pouvez-vous nous en dire plus sur le dernier roman de la série « Mémoire de Crimes », sortie en 2020 aux éditions Les Passionnés de Bouquins ?

NG : C’est une intrigue qui entre dans la catégorie des « affaires classées » et qui impose donc le passage constant d’une époque (celle de l’enquêteur : 1473) à une plus ancienne de dix ans (celle du crime : 1463). Ces retours dans le passé, au fil des témoignages requis par l’enquêteur, peuvent paraître difficiles pour un lecteur qui lirait le roman trop lentement. Les personnages sont un peu plus complexes que d’habitude parce qu’ils mentent tous ou se trompent sur leurs souvenirs. Ce roman présente donc une intrigue qui exige un peu plus de concentration de la part du lecteur. Certains m’ont dit avoir particulièrement apprécié le challenge. Ce type de scenario permet aussi de faire le rapprochement entre les contextes historiques des deux époques. Le milieu professionnel décrit est celui des peintres verriers et des enlumineurs, en outre, j’entraîne mes lecteurs au sein de la maladrerie (léproserie) principale de Lyon, auprès des exclus typiques de la société médiévale : les lépreux, dans un lieu nouveau : le quartier de Vaise et d’Ecully.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos livres ?

NG : Surprenantes, non. J’aime en revanche que l’on me dise qu’on a visité les vieux quartiers de Lyon en se remémorant les romans, ou que l’on a relu tel ou tel ouvrage portant sur la période ou sur Louis XI ou sur tel ou tel thème illustré dans le récit. Mon but premier : distraire en instruisant est atteint pleinement alors.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

NG : Je pratique le chant en chorale (chorale de l’ENS Lyon qui a donné plusieurs concerts avec orchestre dans les églises lyonnaises) mais aussi le chant lyrique. J’aime énormément la musique classique, l’opéra, les expositions de peinture, les musées en général et les visites de monuments, de sites, voire des splendeurs des grottes à concrétion. Je ne suis guère cinéphile.

JP : Avez-vous des projets ?

NG : Je suis en train de terminer le volume 10 des enquêtes d’Arthaud de Varey. J’espère renouer avec les rencontres avec les lecteurs dans des séances de dédicaces ou des salons (rendez-vous de l’Histoire à Blois, Sang d’encre à Vienne). Je compte aussi reprendre une activité de conférencière sur certains aspects du Moyen Age. Ma dernière conférence s’est donnée en février, en vidéo-conférence sur Zoom, pour le Mozarteum de Lyon. Je présentais la biographie et les œuvres de Josquin des Prés dont on célèbre le 500ème anniversaire de la mort, cette année.

Et le salon de Quai du polar de Lyon auquel je participerai les 3,4, et 5 juillet.

JP : Quels sont vos coups de cœur littéraires ?

NG : Mes derniers coups de cœur littéraires ont été les deux romans de Camille Pascal : L’été des Quatre rois et la Chambre des Dupes qui sont des chefs d’œuvre de romans historiques, rendant à l’Histoire toute sa dramaturgie.

Mais j’ai eu aussi la révélation des romans de Akira Mizubayashi : Une langue venue d’ailleurs, Un amour de Mille-Ans et surtout Âme brisée. Ce qui m’a séduite c’est la finesse des analyses musicales et littéraires, toujours associées très délicatement, et l’épure de la langue, respectée comme langue étrangère et comme langue d’adoption. L’idée que la langue façonne une société et une personnalité me semble très juste et très subtilement démontré.

Enfin, j’ai découvert un roman d’Italo Calvino qui étudie les différents types d’écriture romanesque d’une manière si originale, si humoristique, si intelligente que je ne peux que le conseiller à tous les auteurs. Le titre déjà est la démonstration du caractère insolite de ce roman : Si par une nuit d’hiver un voyageur.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman « Mémoire de Crimes » ? A moins que le silence suffise ?

NG : Le silence suffit ou une lecture à haute voix. Les bandes sons de tous les films sont désormais bien trop envahissantes et nuisent à la compréhension des dialogues.

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

NG : Ils peuvent envoyer leurs messages à mon éditeur qui me les transmet et s’il y a une adresse mail, je réponds. Je n’aime pas les réseaux sociaux. C’est un effet de mon âge et de ma prudence !

JP : Merci Nicole GONTHIER d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

NG : Merci à vous de me les avoir posées et de vous intéresser à mes œuvres !

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Nicole GONTHIER - Serie Prévot Arthaud de Varey

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Co-fondateur de Zonelivre.fr. Il est le rédacteur en chef et le webmaster du site.

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