Interview de l’auteure Valérie ALLAM

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Rencontre avec l’auteure Valérie Allam, à l’occasion de la sortie de son roman « Quatre morts et un papillon » aux éditions Caïman en octobre 2018

Valerie Allam
Valérie Allam – Copyright Serge Della Monica

Jérôme PEUGNEZ : Bonjour Valérie Allam, pouvez-vous me décrire votre parcours ?

Valérie ALLAM : Dans ma vie professionnelle, j’ai d’abord travaillé pour un cabinet de conseil en temps que spécialiste en stratégie opérationnelle dans l’industrie lourde. Aujourd’hui, je suis enseignante auprès de jeunes handicapés mentaux dans un centre spécialisé. Des métiers très différents !… Mais je n’ai jamais cessé d’écrire.

JP : Comment vous est venu l’envie d’écrire ? A quelle période ?

VA : Je crois que j’ai toujours eu des histoires plein la tête. L’écriture n’en est que le vecteur.
J’ai appris à taper sur un clavier presque en même temps que j’ai su tenir un stylo, sur la vieille machine à écrire de mon grand-père. Mon lien particulier à l’écrit vient de là sans doute, de ces moments passés avec lui.

Mais aussi, pour moi, l’ancienne enfant ultra-timide… L’écriture est une fenêtre ouverte. Une liberté incroyable. Et un rapport à l’autre. Celui qui lit. Celui que l’on peut toucher, émouvoir. A qui l’on peut faire peur. Je crois même que l’écriture et la lecture sont des composantes de mon dialogue amoureux.

JP : Quelles étaient vos lectures de votre enfance ?

VA : Il y a un livre jeunesse qui m’a marquée particulièrement, Grain d’Aile de Paul Eluard. Mais je suis passée relativement vite à des lectures dites pour adultes. A 12 ans je lisais déjà Les enfants terribles de Cocteau. J’étais avide de lecture et je lisais à peu près tout ce qui me tombait sous les yeux ! Heureusement, autour de moi, les bibliothèques familiales étaient bien remplies et j’étais totalement libre de mes choix. Aucun livre n’était « pas de mon âge », aucun livre n’était interdit.

JP : Quel est votre ‘modus operandi’ d’écriture ? (Votre rythme de travail ? Connaissez-vous déjà la fin du livre au départ ou laissez vous évoluer vos personnages ?)

VA : Mon rythme de travail est souvent imposé par l’extérieur… J’écris quand je peux. Heureusement j’ai une grande faculté de concentration qui me permet de profiter de chaque instant et je n’ai donc pas besoin d’avoir 4 heures de liberté devant moi pour écrire. Mais l’idéal pour moi est d’écrire tous les jours. C’est une gymnastique, si on ne pratique pas, on se ramollit.

Lorsque je commence une histoire, au départ il y a une situation particulière ou un personnage, toujours sous forme visuelle dans ma tête. J’y rêve un peu, je laisse les images venir. Avant de commencer à écrire, oui, je connais la fin. Mais je ne connais pas le chemin pour y parvenir. Sinon d’ailleurs, je n’écrirais pas je crois, ça m’ennuierait. Il faut qu’il me reste quelque chose à découvrir, les pièces du puzzle à créer de façon qu’elles s’emboitent correctement, les choix à faire lorsque plusieurs fils narratifs sont possibles et les moyens d’y mener le lecteur. J’aime aussi ce jeu où on doit constamment garder en tête à la fois la globalité de ce que l’on connaît de l’histoire en tant qu’auteur et la connaissance partielle qu’en a le lecteur à chaque moment de sa lecture. Délivrer juste l’information nécessaire au bon moment, celle qui l’amènera à comprendre plus tard, peu à peu ou tout à coup, un développement du roman.

JP : Le parcours a t-il été long et difficile entre l’écriture de vos livres et leur parution ?

VA : C’est avec internet que j’ai osé lancer mes écrits vers des lecteurs inconnus. Par le biais de concours notamment. Et puis j’ai croisé un éditeur sur un salon qui avait lu une de mes nouvelles par ce biais. Tout à coup, moi qui n’avais jamais publié que dans des collectifs d’auteurs, j’ai lu mon nom tout seul sur une couverture. Ensuite… je suis simplement passée à l’histoire d’après ! J’ai écrit Quatre morts et un papillon il ya a quelques années déjà. A l’époque, il avait été retenu pour ouvrir une collection dans une grande maison d’édition parisienne. Je n’en revenais pas ! Et puis finalement, l’Assemblée Générale n’a pas alloué le budget pour ouvrir cette collection… J’ai été tellement déçue que je n’ai plus jamais reproposé ce manuscrit… Jusqu’à janvier dernier où je l’ai ressaorti des archives de mon ordinateur, je l’ai “dépoussiéré” un peu et l’ai envoyé aux éditions de Caïman. Je savais qu’il ne correspondait pas à leur ligne éditoriale puisqu’ils ne publiaient que des polars. Mais je connaissais Jean-Louis Nogaro et je lui ai demandé s’il pouvait y jeter un oeil quand même, pour me dire ce qu’il en pensait. Et du coup, le Caïman ouvre une nouvelle collection noire. Ce roman était destine à faire l’ouverture d’une collection décidément !

Valerie ALLAM - Quatre morts et et un papillon
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JP : Pouvez vous nous parler de votre dernier roman « Quatre morts et un papillon »  ?

VA : Quatre morts et un papillon est un roman choral où l’on voit l’évolution de quatre femmes qui ne se connaissent pas au départ. Leur chemin va se croiser… pour le meilleur ou pour le pire ! L’angle narratif change systématiquement pour donner au lecteur la vision de chaque personnage. C’est un peu comme de petits épisodes, on passe de l’un à l’autre. C’est un roman très noir dans lequel il y a une part d’onirisme, c’est donc à la fois ancré dans le réel mais avec un peu d’impossible. J’aime bien ce mélange qui revient souvent dans mes histoire.

JP : Il y a-t-il des personnages qui existent vraiment, dont vous vous êtes inspiré ?

VA : Non, aucun personnage réel (je cherche, je cherche, mais non !)… et heureusement peut-être.

JP : Avez-vous reçu des remarques surprenantes, marquantes de la part de lecteurs, à propos de vos romans ?

VA : Une fois, à propos d’une nouvelle Vent violent, qui mettait en scène une jeune femme lynchée en Iran pour la punir de son adultère. Dans la première version de la nouvelle, l’adultère n’était pas consommé. J’ai eu des retours de lecteurs qui me disaient « c’est horrible, en plus elle ne l’avait même pas fait ! ». Mais je voulais qu’ils se rendent compte que c’était horrible même si elle était effectivement coupable d’adultère. J’ai donc changé ma nouvelle.

JP : Avez vous d’autres passions en dehors de l’écriture (Musique, peinture, cinéma…) A part votre métier, votre carrière d’écrivain, avez vous une autre facette cachée ?

VA : J’aime beaucoup aller au cinéma, mais en ce moment je n’ai pas beaucoup le temps ! Sinon, pas de facette mystérieuse et cachée. Je suis un livre ouvert !

JP : Avez-vous des projets ?

VA : J’ai toujours des projets. Souvent trop pour le peu de temps que j’arrive à trouver. Deux romans commencés dont un que je vais mettre entre parenthèses sûrement pour pouvoir me consacrer davantage à l’autre. Et des nouvelles, toujours des nouvelles. J’ai aussi des projets en cours de lecture chez des éditeurs, on verra… !

JP : Quels sont vos coups de coeur littéraires ?

VA : Il y en a tant !! Je peux vous parler de mes lectures à venir. Je suis en train de lire Seule la nuit tombe dans ses bras de Philippe Annocque (Quidam éditeur). Ensuite je lirai 1994 d’Adlène Meddi (éd. Rivages noir), Helena de Jérémy Fel (Ed. Rivages) et Un été sans dormir de Bram Dehouck qui doit paraître chez Mirobole éditions le 20 septembre.

JP : Une bande son pour lire en toute sérénité votre roman ? A moins que le silence suffise ?

VA : C’est un peu vieux mais JazzMatazz de Guru peut-être ou Massive Attack… (mais moi je préfère le silence !)

JP : Avez-vous un site internet, blog, réseaux sociaux où vos lecteurs peuvent vous laisser des messages ?

VA : Je n’ai pas de page auteur sur Facebook, juste un compte personnel à mon nom, et je viens juste d’ouvrir un compte instagram public avec lequel il faut que je me familiarise encore. J’essaie de répondre de mon mieux aux messages, avec parfois un petit délai, j’en suis désolée.

JP : Merci Valérie Allam d’avoir pris le temps de répondre à mes questions.

VA : Avec plaisir, merci à vous !!

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Co-fondateur de Zonelivre.fr. Il est le rédacteur en chef et le webmaster du site.

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