Interview de l’éditeur Jimmy GALLIER

0
274

Rencontre avec Jimmy GALLIER, l’éditeur des éditions JIGAL.

Découvrez son métier, son parcours et ses conseils pour les personnes attirées par sa profession.

interview Jimmy GALLIERJimmy GALLIER, comment pourriez-vous définir votre métier d’éditeur ?

Qu’est-ce qu’un éditeur? Je crois que c’est un transmetteur, un passeur de rêves. Nous cherchons auprès des auteurs, sans qui nous ne serions rien, les mots, les histoires, les récits et nous les proposons aux lecteurs. Alors oui, du rêve, de la culture, de l’histoire, de l’information, de la découverte d’autres horizons, du plaisir, tout ce qui fait que le lecteur ne lâchera plus le roman jusqu’où bout de la nuit

Pouvez-vous nous présenter votre maison d’éditions ?

Les Editions Jigal existent depuis… 22 ans! Tout d’abord comme éditeur du Guide de la Musique, la bible des professionnels de la musique, du showbiz et du spectacle et de quelque sites internet associés comme delamusic.com.

Puis depuis 1998 comme éditeur de romans noirs et polars urbains. Les Editions Jigal sont ce que l’on appelle des « éditeurs indépendants », petite structure donc, mais grande passion.

A la base, deux personnes, Véronique Gisz (créatrice d’une des premières photothèques d’image de synthèse en France) et moi-même Jimmy Gallier (ex prof, ex attaché de presse). Jigal c’est donc une équipe réduite, (3 à 4 personnes suivant les périodes), à laquelle quelques free-lance apportent régulièrement leurs talents (les graphistes par exemple).

Quelle est la ligne éditoriale des éditions JIGAL? Quels types de romans policiers proposez-vous ?

Un peu par hasard, mais en est-ce vraiment, nous avons dès le début, été embarqué par la littérature des suds. Nos premières parutions, nos premiers polars ont été le fait d’auteurs méditerranéens et marseillais. Et nous sommes très heureux d’avoir découvert et participé à l’éclosion d’auteurs comme Del Pappas ou Maurice Gouiran, qui aujourd’hui sont des auteurs ayant marqué de leurs traces toutes particulières, le polar francophone et méditerranéen.

Bien qu’éditeur de polars et de romans noirs, nous avons toujours cherché à privilégier les romans ayant du « sens »… C’est à dire, chez Jigal, pas d’histoires de gendarmes et de voleurs, mais plutôt des histoires d’hommes, de cultures et de terres! Le polar a en cela quelque chose de fantastique, c’est qu’il offre à tous ces auteurs, une liberté de ton et d’écriture plus grande et plus libre pour aborder les hommes, le monde, ses problèmes et ses errances… De sud en sud, nous poursuivons aujourd’hui nos découvertes, avec la parution,récemment, d’un auteur gabonais, Janis Otsiemi, et d’un autre en provenance de Tanger, au Maroc, Pierre Boussel. Alors, le sud toujours bien sûr, mais le sud pluriel… d’ici, des rives de la Méditerranée, du Maghreb ou d’ailleurs…

Voilà brièvement la ligne éditoriale des éditions Jigal. Parce qu’il y a de toute part des hommes et des auteurs qui ont des choses à « cracher », à dire, à dénoncer, à nous faire découvrir… Et qui le disent bien, qui l’écrivent avec intensité, et qui donnent envie à d’autres, le lecteur par exemple, de partir à son tour!

Pouvez-vous nous présenter votre journée type ?

Il n’y a pas de journées types chez les « indépendants », nous sommes forcément tous les jours au four et au moulin. Toutefois il y a une constante, le livre… sous toutes ses formes. De sa découverte au produit fini! Alors c’est tout d’abord la lecture de dizaines et de dizaines de manuscrits, la sélection (parfois) de quelques uns d’entre eux, quand nous avons un (gros) coup de coeur, les contacts et discussions avec les auteurs pour apprendre à se connaître, la période intense des corrections et des ré écritures, une période passionnante, les réflexions sur l’image de la collection, le choix et la réalisation de l’iconographie, des photos pour la couverture en liaison avec les graphistes, l’écriture des 4ème de couverture, la préparation des communiqués de presse, les contacts nombreux et perpétuels avec les journalistes, la promotion, la préparation des salons et la gestion des plannings auteurs, les interviews, et tout le reste, la commercialisation, la gestion, qui constitue la vie quotidienne d’une société. Bref… de quoi s’occuper pour quelques siècles à venir 😉

Quel est votre parcours professionnel ?

Ma formation n’a que peu de rapport avec l’édition, puisque j’ai préparé une maîtrise de musicologie…! Puis de fil en aiguille, je suis devenu prof de musique, puis attaché de presse (de nombreux artistes, groupes et chanteurs), avant de créer Jigal et de commencer à éditer.

Quels conseils donneriez-vous à quelqu’un qui voudrait exercer votre profession ?

Je ne suis pas un donneur de conseils… mais s’il faut répondre à cette question, je dirais qu’il faut, pour faire ce métier de dingues : de la passion (pour la chose écrite bien sûr) ; de la chance ou du « pif » appelez ça comme vous voulez, pour dénicher tous ces talents encore inconnus ; le sens de la communication (pour persuader tout le monde du bien-fondé de vos choix éditoriaux) ; et une certaine (une énorme devais-je dire) résistance pour mener tout cela à bien !il faut pour cela avoir une énergie débordante propre à vaincre et convaincre la terre entière, les journalistes, la presse, les libraires, les lecteurs…!

Mais malgré tout, c’est un « putain » de beau métier! Un vrai sacerdoce, Tout à la fois inutile et indispensable…

Quels sont vos livres cultes?

Comme je lis de nombreux manuscrits, il m’arrive parfois de ne plus savoir, si c’est bien ou si ça ne l’est pas, alors pour cela j’ai une technique très éprouvée qui rejoint votre question… Je vais chercher dans ma bibliothèque un bouquin de Marguerite Duras ou de Jim Harrison, n’importe lequel, il me suffit alors d’en lire quelques pages pages pour me remettre le cerveau (et le jugement critique) à l’endroit! Ce ne sont évidemment pas les seules auteurs que je pourrais citer, je suis un « bouffeur » de livres… mais ces deux-là constituent une sorte de phare auquel je me réfère régulièrement!

Site des éditions Jigal : http://www.jigal.com/

Merci Jimmy GALLIER de nous avoir consacré du temps et permis d’en savoir plus sur votre profession.
Sponsor

LAISSER UN COMMENTAIRE

Votre commentaire
Entrer votre nom ici