Elle n’est ni flic, ni gendarme, ni femme de loi, elle est la preuve d’un monde à la dérive où elle va mener ses enquêtes. Guidée par son instinct.
Le Poulpe n’est pas mort. Il a simplement passé le flambeau. Née dans les années 90 sous l’impulsion des éditions Baleine, la collection Le Poulpe avait su s’imposer comme un ovni dans le paysage du polar français : un personnage unique, Gabriel Lecouvreur, confié à tour de rôle à des dizaines d’auteurs différents, chacun apportant sa plume, sa sensibilité, son regard acéré sur la société. Un concept aussi simple que génial. En 2024, les éditions Moby Dick ont eu l’audace de rouvrir ce chantier avec une héroïne toute neuve — et une filiation assumée : La Fille du Poulpe.
Gabriella, c’est la fille adoptive de Gabriel Lecouvreur. Une jeune femme de 25 ans, journaliste, blogueuse, élevée dans une prison bolivienne — autant dire qu’elle n’a pas grandi dans du coton. Elle a hérité du flair de son père, de son sens aigu de l’injustice, et de cette irréductible tendance à fourrer son nez là où ça fait mal. Frondeuse, attachante, ancrée dans son époque, Gabriella s’impose d’emblée comme une héroïne taillée pour notre temps : connectée, engagée, et jamais dupe.
Ce qui fait toute la saveur de cette collection — comme de l’originale —, c’est son principe même : chaque tome est signé par un auteur différent. Cantaloube, Dominique Sylvain, Michel Quint… des voix diverses, des styles variés, mais un même fil rouge : l’irrévérence, l’humour, et une vision du monde résolument à gauche. Chaque roman est une nouvelle aventure, un nouveau regard, une nouvelle façon de triturer le réel par le prisme du polar. Pour les amateurs du genre, c’est une invitation permanente à la découverte — et pour les inconditionnels du Poulpe, c’est un bonheur de retrouver cet esprit libertaire intact, une génération plus tard.
Les tomes sont numérotés selon l’ordre établi par les éditions Moby Dick.






















