Carlos ZANON : N’appelle pas à la maison

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Espagne

INFOS ÉDITEUR

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Parution aux éditions Asphalte en avril 2014

Parution aux éditions Livre de Poche en septembre 2015

Traduit par Adrien Bagarry

Barcelone, de nos jours. Raquel, Cristian et Bruno vivent d’une arnaque dans laquelle ils excellent : ils font chanter les couples illégitimes.

De l’argent facile, une organisation bien rodée, menée de main de maître par Bruno, malgré quelques passages à tabac lorsque les choses dérapent. Merche et Max sont amants. Elle est mariée, il est divorcé ; tous deux font partie de la classe moyenne catalane. Un jour, Cristian va repérer le couple et noter le numéro de plaque d’immatriculation de Max. L’engrenage diabolique est enclenché… mais rien ne va se passer comme prévu.

Deux mondes se côtoient dans ce roman où l’on croise une galerie de personnages marquants, durement touchés par la crise et par la vie.

(Source : Asphalte – Pages : 288 – ISBN : 9782918767398 – Prix : 22,00 €)

L’AVIS DE LUCIE MERVAL

C’est ma deuxième lecture des livres de Carlos Zanon et je suis toujours aussi enthousiaste.

Avec pour toile de fond, l’Espagne contemporaine où il est difficile de trouver un emploi, chacun y va de ses petites combines. Pour Raquel, Cristian et Bruno, l’amour ou devrais-je dire l’infidélité est devenue leur fonds de commerce. L’objectif : repérer les couples illégitimes et les faire chanter (souvent l’homme). Une grosse somme d’argent contre le silence. Dans une société en crise, la famille est devenue la valeur sûre, la seule chose tangible sur laquelle s’appuyer, face à la dureté du monde. Si la famille est brisée à cause d’un adultère, il n’y a plus trop d’espoir. Notre trio l’a bien compris. Les victimes préfèrent payer plutôt que de voir leur vie voler en éclats. Parfois, cela se passe mal, certains hommes n’ayant pas envie de se faire « couillonner ».

Raquel et Bruno forment un couple un peu en marge de la société, allant de squats en squats. Parfois, Raquel aspire à un véritable appartement, faire la cuisine, être normale… C’est Bruno qui chapeaute les arnaques permettant à sa copine de (sur)vivre et de se fournir sa dose quotidienne. Ca se complique un peu quand il découvre que Cristian n’est pas véritablement le frère de Raquel…Méfiance, jalousie…Et pourtant à sa façon, brutale parfois (P.90 : « Fais gaffe à ta langue, salope. Ecoute ce que j’ai à te dire. Fais bien attention ! Bruno tient toujours sa parole. Toujours. Je te l’ai dit et je le ferai ») il l’aime sa nana. Cristian, lui, voudrait, tracer la route, quitter cette ville grise, descendre dans le sud…Il attend le coup parfait qui lui permettra de recommencer sa vie.

Max et Merche sont amants. Ils s’aiment mais parfois Merche a des remords par rapport à sa famille. Pourtant, son mari est loin d’être aussi doux, aussi passionné que Max. Max aime passionnément Merche, il est prêt à tout pour finir sa vie avec elle. Lui, qui a déjà tout perdu, femme et enfants, à cause de cet amour…Alors quand sa route croise celle de Cristian, un processus dangereux s’enclenche…

Un roman choral dans la ville de Barcelone, grise et sale, où les gens de la classe moyenne côtoient ceux qui vont manger à la soupe populaire. Des personnages attachants en mal d’argent, d’amour qui sont prêts à tout…Une écriture cash, mais aussi parfois de belles réflexions sur la vie…Une tension dramatique qui monte crescendo jusqu’au dernier mot, qui nous laisse K.O. Un excellent roman noir !!!

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Lucie Merval est libraire

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